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jeudi le 17 janvier
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Un monde du quotidien à la fois urbain, démultiplié et fantaisiste

Soutenue par la Société de développement commerciale de la Promenade Masson et organisée parle Regroupement Art et Culture Rosemont Petite Patrie (RACRPP), une exposition se déroule sur la rue Masson. Plusieurs commerces y offrent une vitrine, et même plusieurs, au travail de l’artiste Jean Daoust chez qui une imagerie futuriste de la ville se déploie par le biais d’une esthétique délibérément rétro.

Zombies de Jean Daoust présenté à la Librairie Paulines

Zombies de Jean Daoust présenté à la Librairie Paulines

Les images qui prennent naissance sous la main de Daoust dévoilent un univers onirique. La perspective complètement distordue provoquant déséquilibre, ou plutôt sentiment d’envahissement, découvre des cités imaginaires où le temps y est biaisé. Le mélange des moyens de transport, souvent aériens, de même que l’architecture vont puiser au sein de diverses époques, créant ainsi des milieux urbains s’inscrivant dans une période inventée, sans référence à la réalité. C’est ainsi que dans  N. Y. Spiritus, un hélicoptère aussi bien qu’un dirigeable qui semble tout droit sorti du 19e siècle se partagent le ciel de la grosse pomme.

Si l’époque est inconnue, ou plutôt imaginée, les lieux sont plus ou moins identifiables. Si ce n’est grâce au titre, plusieurs éléments architecturaux permettent parfois de reconnaître Montréal. On remarque sans trop de mal la tour de l’Horloge ou le pont Jacques­-Cartier dans Mtl Lux. Par contre, certaines œuvres, dont Zombies, met en scène une contrée issue directement de l’imaginaire de l’artiste.

La répétition du motif construit la composition de plusieurs œuvres. Une structure d’usine multipliée à l’infini installe sous nos yeux un milieu industriel déshumanisé dans Anthropomorphe. Le ciel ayant perdu sa couleur bleue et la fumée crachée couvrant presque l’entièreté de la surface ajoutent à l’hostilité du lieu. L’avion prolifère également dans les œuvres de Daoust. Parfois, seule son ombre se dessine sur un édifice comme c’est le cas dans R.H. La présence de celui­-ci, généralement imposante, est toujours menaçante et laisse croire à une invasion imminente.

L’humain est toujours petit, souvent une simple silhouette noire, et perd son identité dans cet univers où la ville et les industries ont pris possession de l’espace. Même le ciel est comprimé à l’intérieur d’une superficie restreinte de la composition, voire complètement évacué. Révolution 2.0 en témoigne : la machinerie bloque notre regard grâce à une telle densité de ferraille que toute profondeur disparaît à l’intérieur de l’image.

L’œuvre Eschatologie manifeste d’un danger cette fois bien réel. Des réservoirs d’eau se transforment en monstres à longues pattes métalliques qui leur donnent la forme d’araignées géantes desquelles de puissantes armes déclenchent des feux semant le désordre au cœur d’une ville détruite. Quelques silhouettes?ombragées, vaines présences vivantes dans cet immense chaos artificiel, se crispent, mystifiés, sous les impitoyables assauts.

Parcours M
Exposition solo de Jean Daoust
Du 6 novembre 2013 au 15 janvier 2014
Découvrez la galerie virtuelle du Parcours M

Autre article : Le vernissage ambulant de Jean Daoust

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