Un cabinet de curiosités à l’Artothèque

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Neufs artistes présentent chacun une ou plusieurs œuvres à l’Artothèque, sur la rue Saint-André près du boulevard Rosemont, jusqu’à la mi-décembre. Le tout crée une exposition éclatée et diversifiée, donc fidèle au concept du cabinet de curiosités qui en a inspiré le titre. Ainsi, on peut y découvrir le travail d’Élizabeth Brouillard, Narges E. Esfahani, Jorge Garcia, Ian Langohr, Mika Goodfriend, Valérian Mazataud, Nancy Ménard, David Ross et Helena Vallée Dalaire. Bien que le thème du cabinet justifie un ensemble assez hétéroclite, un regard critique ou inquisiteur sur notre quotidien recoupe plusieurs œuvres.

La Bulle, installation de Jorge Garcia

La Bulle, installation de Jorge Garcia. Photo : Julie Massey/RueMasson.com

Après avoir gravi quelques marches et franchi la porte vitrée, il se dégage une impression disparate en pénétrant dans la salle d’exposition. La diversité des médiums n’y est sans doute pas étrangère : photographies, sculptures, installations, peintures se partagent l’espace; deux œuvres sont même suspendues au plafond. Des éléments scénographiques sont ajoutés pour accompagner certaines œuvres, amplifiant le fourmillement.

L’installation La Bulle de Garcia est intéressante (voir notre photo). Un imposant rectangle blanc est cerné de feuilles sur lesquelles sont imprimés des profils du célèbre média social Facebook. L’espace central immaculé exprime bien comment il est possible de se sentir envahi par l’abondance d’information dont les gens nous nourrissent par Internet et, tout à la fois, comment les contacts virtuels peuvent laisser toute la place à un sentiment d’isolement. La fragilité de matériau, le papier, témoigne de l’aspect éphémère de l’information et, peut-être, de certaines relations qu’on crée sur ces réseaux.

Mika Goodfriend présente une série de quatre photographies visitant l’univers des « snowbirds », ces retraités qui fuient les hivers rudes pour des contrées au climat plus accueillant. Des décorations suggèrent que le temps des Fêtes est aux portes. Les images montrent une vision pour le moins kitsch : un portrait du père Noël trône fièrement sur un mur, des fleurs artificielles prennent place sur la table, un couple se fait prendre le portrait dans sa voiturette de golf. Les couleurs très vives accordent un aspect théâtral à l’ensemble. De plus, la scénographie de l’exposition accompagne les photographies de Goodfriend de câbles métalliques sur lesquels sont perchés des souvenirs de voyage produits en série, telles les incontournables assiettes de porcelaine au contour doré à l’effigie d’une ville ou d’un site célèbre.

Si les objets rajoutés pour compléter les œuvres s’harmonisent bien au travail de Goodfriend, le résultat est un peu moins heureux pour les deux épreuves photographiques d’Esfanahi dont la beauté tout en finesse des passants luttant contre les bourrasques hivernales se marient mal avec les cintres, le manteau et le parapluie qui les juxtaposent. Leur matérialité contraste fortement avec l’évanescence de ces œuvres, elles-mêmes très réussies.

L’exposition À l’intérieur du cabinet de curiosités, offre une occasion de découvrir le travail d’artistes de la relève. De plus, l’Artothèque possède une collection qu’il est possible de louer, une façon originale de donner accès à l’art pour tous.

Artothèque
À l’intérieur du cabinet de curiosités
Du 16 novembre au 14 décembre 2013
5720, rue Saint-André, près du boulevard Rosemont, métro Rosemont.

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