L’amour de la botanique du frère Marie-Victorin

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Dans le but de clôturer de belle façon les activités en marge de son 20e anniversaire, la Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie a récemment proposé une rencontre des plus instructives avec le Frère Marie-Victorin, admirablement bien personnifié par le conteur Louis Lavoie.

Frère Marie-Victorin

Frère Marie-Victorin

Les personnes présentes à cette conférence ont ainsi eu l’occasion d’en apprendre davantage à propos d’un scientifique qui a largement contribué à introduire la botanique et les sciences de la nature dans les établissements d’enseignement et auprès de plusieurs générations de jeunes Québécois. D’ailleurs, la création du Jardin botanique, en 1931, a beaucoup contribué à l’essor du quartier Rosemont et continue d’attirer plusieurs milliers de visiteurs annuellement.

Un diaporama de photos d’archives de la construction du Jardin botanique de Montréal

Une passion pour la botanique
Conrad Kirouac est né le 3 avril 1885 à Kingsey Falls au sein d’une famille de commerçants prospères. Son père Cyrille possède en effet le magasin général de cette localité des Bois-Francs. À l’âge de cinq ans, il déménage avec sa famille dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, car son père a hérité du commerce familial de grains et de farine de blé, dans le vieux port de Québec.

Bien que sa famille le destine à une carrière dans le domaine du commerce, il joint l’ordre des Frères des Écoles chrétiennes en 1901, à l’âge de 16 ans. Il a d’ailleurs fait son noviciat au collège du Mont-de-Lasalle, qui était alors situé à l’angle de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie IX. Il deviendra le Frère Marie-Victorin deux ans plus tard, en 1903.

Atteint de la tuberculose peu après son entrée en religion, il est envoyé au Collège de Saint-Jérôme où il commence à s’intéresser aux plantes et aux fleurs. Il se donne même comme défi d’en identifier une dizaine par jour. Cette activité deviendra alors une véritable passion.

Un périple autour du monde inspirant
En 1905, il fait la connaissance du frère Rolland Germain, un botaniste français de renom international, qui sera son mentor, puis son plus proche collaborateur lors de ses recherches et de ses activités d’herborisation.

Plus tard, le Frère Marie-Victorin sera professeur de botanique en 1920, à l’Université de Montréal. Puis, en 1929, il sera délégué par l’université pour assister à un congrès organisé par la British Association for the Advancement of Science qui regroupe plusieurs scientifiques internationaux à Cape Town, en Afrique du Sud. Au cours de ce voyage de 6 mois, le botaniste a toutefois la possibilité de visiter plusieurs jardins botaniques européens notamment à Londres, Madrid et Paris. L’idée de fonder un jardin botanique à Montréal a alors pris forme dans son esprit.

La naissance du Jardin botanique
Fort de l’appui de son ami et ancien élève, Camilien Houde, alors maire de Montréal, le frère Marie-Victorin est heureux de fonder, en 1931, le Jardin Botanique de Montréal sur un terrain au nord de la rue Sherbrooke Est, à l’angle du boulevard Pie IX. Son projet colossal est concrétisé grâce à la collaboration du chef horticulteur du jardin, l’Allemand Henry Teuscher.

De 1936 à 1939, on construit un bâtiment administratif et on procède à l’aménagement de jardins d’accueil. Ces travaux dits « de chômage » avaient été instaurés par la Ville de Montréal pour faire échec à la crise économique qui sévissait. Puis, les serres d’exposition sont inaugurées en 1956. Le Jardin botanique connaîtra par la suite divers autres aménagements et expositions d’envergure, dont la plus récente, les Mosaïcultures internationales de Montréal, a attiré un nombre impressionnant de visiteurs de partout dans le monde.

Aujourd’hui, le quartier Rosemont peut s’enorgueillir d’abriter le 2e plus important et plus beau jardin botanique au monde après celui de Londres notamment grâce à sa collection de 22 000 espèces de plantes, ses 10 serres d’exposition, sa trentaine de jardins thématiques, son équipe de chercheurs et ses programmes d’animation. Et tout cela, grâce à l’amour d’un simple religieux pour la botanique…

Le conteur Louis Lavoie personnifie le Frère Marie-Victorin lors de la conférence organisée par la SHRPP. Photo : RueMasson.com/Sylvie-Claire Fortin

Le conteur Louis Lavoie personnifie le Frère Marie-Victorin lors de la conférence organisée par la SHRPP. Photo : RueMasson.com/Sylvie-Claire Fortin

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