Dans la bouche, sans jeu de mot ni allusion

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Il est ouvert au printemps dernier et il était attendu avec joie ou scepticisme par nos lecteurs. Le restaurant Dans la bouche a-t-il su tailler sa place sur la rue Masson? Rien n’est moins sur. Depuis la semaine dernière, le restaurant ne sert que des déjeuners et diners et ferme à 16 h. Nous sommes loin du « supperclub » qu’on nous avait promis.   

Image prise en soirée, au moment où le resto servait encore des soupers.

Image prise en soirée, au moment où le resto servait encore des soupers. Photo: RueMasson.com

RueMasson est allé faire un tour en juin dernier, c’était un samedi soir, afin de goûter un peu au concept. Nous en avons fait une petite critique et avions planifié une publication pendant l’été à un moment que nous jugions opportun. Disons que le moment aujourd’hui opportun nous impose de remâcher tout l’article!  Tout de go.

D’abord, le souper

A l’époque où il était encore possible de souper à ce resto, nous étions 5 amis, pas tous convaincus de vouloir y passer la soirée.  Deux d’entre nous avions eu des expériences relativement négatives avec la succursale de la rue Mont-Royal il y a de ça plusieurs années où la bouffe, ordinaire, n’avait selon nos papilles rien à envier à celle de la Cage aux Sports (c’est dire!). De plus, il faut bien l’affirmer afin de bien saisir notre point de départ dans toute l’affaire : nous ne nous définissions pas comme une clientèle cible. Nous situons ce resto comme un hybride discutable de la Cage aux Sports, Hooters et un resto glam de la rue St-Laurent.

Mais nous savons qu’il y a une clientèle pour ça, c’est tout à fait correct et on dirait même que nous n’étions tout de même pas déçus de cette venue sur la rue Masson, question de diversifier l’offre.

Donc, la bouffe du souper. Quand nous avons demandé à la serveuse la spécialité de la place, sans hésiter elle nous a parlé du boeuf Angus. Normal, le boeuf Angus occupe une place importante dans le menu. Et le hasard faisant bien les choses, le terme Angus est assez populaire dans le coin.

>> Wikipedia: Boeuf Angus

Voici ce que nos convives ont dit des assiettes qu’ils ont choisies :

David (Tartare de boeuf). Auteur de cet article, il se cite librement: « Le carré de tartare m’est apparu comme s’il avait été fait pas mal d’avance. Mais après y avoir gouté, j’ai quand même aimé. Belle dose de piments inattendus, peut-être une pointe trop vinaigré. Bien aimé les grains de riz croustillants à travers ».

Patrick et Cécile ont chacun commandé un steak frites, un saignant et l’autre médium. Les assiettes ont été inversées et les convives ont finalement mangé la cuisson qu’on leur avait servie. La cuisson n’était pas à leur satisfaction mais ils ont tout de même apprécié leur assiette malgré le fait qu’ils auraient tous les deux appréciés un peu de verdure en accompagnement. Car oui, en 2013, tout le monde apprécie un peu de couleurs dans son assiette.

Marie-Eve pour sa part a pris le tartare de saumon qu’elle confirme avoir bien aimé. Également relevé avec différentes saveurs surprises notamment du riz soufflé. Un tartare coloré apprécié mais pas dans la liste des inoubliables selon elle. Elle et Patrick, qui partageaient une facture de plus de 100$, s’interrogent sur le rapport qualité/prix.

Lisa Marie a commandé le burger DLB Angus. La portion était énorme (on s’y attendait et ce n’est pas un reproche) et la viande était trop cuite au point où chaque bouchée avait son croquant de viande calcinée, ce qui l’a un peu déçue. Toutefois, les garnitures ont bien compensées le côté un peu sec: chèvre, bacon, mayonnaise et oignons frits, un mix heureux.

Frites maisons correctes. Mais ne comptez pas sur votre souper ici pour additionner un légume dans vos «5 à 10 par jour», à moins de prendre une salade comme plat principal.

Donc un menu un peu bref, viandeux, mais somme toute correct. Le prix des assiettes peut être respectable pour ce type d’endroit et permet à des amis aux budgets variés de manger à la même table sans que personne ne se sente indisposé. Burgers, salades et pâtes autour de 13$ et viandes et poissons autour de 20$. Le resto rattrape son profit sur les liquides: une pinte de bière est 8$ et les drinks autour de 12$. Le 8 juin du moins.

Les concepts morts au combat, pour le moment du moins

Le «supperclub» C’était la signature de ce type de resto, une combinaison entre endroit pour souper et rester pour chiller, avec une musique entrainante et le plus souvent techno. On y boit, on y mange, on y danse en fin de soirée et quand on choisit d’y aller, on adhère au concept. La musique y était forte, la clientèle tardive plutôt jeune et animée et il n’y a pour nous rien à dire de mal là-dessus, même si ce n’était pas le cas des résidents voisins qui se plaignent à plusieurs reprises de bruits et divers méfaits.

L’endroit reste beau, bien décoré et unique sur la rue et  les efforts de rénovation doivent être soulignés tant en dedans qu’en dehors. Le building a été peint, les fenêtres ont été changées, une « porte de garage » à l’avant ouvre la salle à manger sur la rue. Une déco soignée en dedans, où les murs sont faits de cales de bois soigneusement disposées, plus les supports pour les tables en briques de béton, des banquettes confortables, bref, l’effort est notable.

Manger gratuitement Promo du moment à l’ouverture et qui semblait être bien assise: menus imprimés en conséquence, vitrines placardées, site web. Quiconque, homme ou femme, dépensait plus de 29$ d’alcool avait droit a un souper gratuit, dans une section spéciale du menu. Il n’est pas si difficile d’arriver à 29$ en alcool quand la pinte la moins chère est 8$, un drink moyen coûte 12$ et qu’on trouve difficilement une bouteille de vin en bas de 40$. Lors de notre réservation, on nous a encouragé à arriver à temps pour bénéficier de la promotion, ce qui nous laisse croire que celle-ci profite probablement plus à l’établissement qu’au client. Si vous l’avez expérimenté par le passé, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

Autres observations

Le service était bon toute la soirée. Le port de l’uniforme (sexy) est probablement obligatoire pour les serveuses, bronzage et faux ongles en acrylique sont certainement des atouts.

L’endroit se dit accessible aux fauteuils roulants. Toutefois, il y a une marche à l’entrée, et il faut aussi monter une marche pour accéder à la toilette pour handicapés (même niveau pour les autres salles de toilettes). Erreur de design peut-être? De toute manière, seulement quelques tables à l’avant peuvent accueillir les fauteuils roulants.

 

Dans la bouche (site)
3141 Masson
514-508-1948

9 commentaires à Dans la bouche, sans jeu de mot ni allusion

  1. Justine

    C’est presque rassurant…Notre quartier n’a pas encore sombré dans le douchebagisme. J’y suis allée pour tester…en toute bonne foi. Malheureusement, j’y ai mangé le pire tartare de saumon de ma vie entière. Et les serveuses en robe rouge sexy…au secours. Ça manque cruellement de classe…C’est tellement macho comme concept!!

  2. Nous avons essayé pour le déjeuner. Un bon déjeuner mais pas très généreux et plutôt dispendieux.

  3. Il faut y aller avant 9h, lorsque les déjeuners sont à moitié prix (mais pas les breuvages!) Un déjeuner à 6.50$, c’est toujours apprécié. :)

  4. Bon à savoir!

    Sinon, c’est moi, ou la structure de cette phrase est spéciale?! 😉

    « Nous en avons fait une petite critique avions planifié une publication pendant l’été à un moment que nous jugions opportun. « 

  5. David Bruneau

    En effet Anick. Il manquait un « et ». Merci d’avoir avisé!

  6. Melanie

    À se demander si on y va pour la bouffe ou les serveuses? lol!
    De mauvais goût anyways

  7. Le local est aménagé avec goût, il y a de la place sur Masson pour un resto de ce genre. Bien d’accord que l’exécution n’est pas à point. Rassurez vous le Pub 5 @ 7 est encore pire voir castastrophique. Masson merite mieux et attirons des chefs artisans eux survivront

  8. J’y suis allée avec deux copines un soir de semaine. Elles ont profité du spécial « achetez pour 29$ d’alcool et mangez gratuitement ». Elles ont choisi le filet mignon, qui était minuscule. Finalement, avec deux extra chacune (un patate duchesse et des champignons pour l’une, une patate duchesse et un morceau de chèvre pour l’autre), un café et un dessert, leur repas « gratuit » leur a coûté 75 $ chacune! J’ai pris une salade-repas, un tisane et un gâteau et ça m’a coûté 40 $. Un peu intense pour des légumes. Je ne le recommande pas. Bel endroit, mais on paie pour les rénos et le look de la place.

  9. Aldebrana

    J’y suis allé déjeuner. C’était très ordinaire et très cher pour le manque de saveur et ce qu’il y a dans l’assiette. Je n’y suis pas retournée depuis, rien sur le menu des autres repas ne m’attire. Avec le déjeuner et le dîner seulement, je me demander bien comment ce qui a été pensé pour être un club lounge va survivre…Peut-être un local si bien rénové attirera-t-il un meilleur resto plus tard…

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