City of Dreams : regard critique sur notre société de consommation

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Présentée à la Galerie Art Mûr sur la rue Saint-Hubert jusqu’au 22 juin prochain, l’exposition City of Dreams de l’artiste Karine Goboulo plonge le visiteur dans un univers coloré. Celui-ci regorge de scénettes aux premiers abords ludiques, mais dont le propos critique amène bien vite à une réflexion sur la surconsommation et la migration des populations. Le tout, néanmoins, avec une touche d’humour indéniable.

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L’exposition rassemble des photographies, dessins, sculptures ainsi qu’une imposante installation fourmillant de personnages miniatures créant un monde fictif et, à première vue, plutôt rigolo. Pourtant, en s’approchant pour regarder de plus près les multiples mises en scènes de ses petits protagonistes, on en vient rapidement à comprendre que Giboulo pose un regard tout à la fois critique et interrogatif sur la société de consommation et ses conséquences sur la condition humaine. Les humains et les animaux se côtoient dans un monde fantaisiste qui met en évidence certains de nos excès, mais sans jugement moralisateur.

C’est ainsi que l’on voit un paysan, quittant sans doute sa terre afin de migrer vers la ville en quête de travail et tirant, de sa seule force physique, l’ensemble de ses possessions sur une charrette de fortune. L’homme inspire pitié, pauvrement vêtu, nus pieds. Puis, on s’attarde au matériel ainsi voyagé : un chien sur un riche sofa habillé d’une veste Adidas, des souliers sport Nike, une sculpture de Jeff Koons, et même une voiture. Un regard sur l’attachement aux biens matériels et au statut social qui leur sont associés prend forme. Aucun de ces objets ne répond à une fonction utilitaire ou celle-ci est complètement évacuée. Le bagage contraste fortement avec l’aspect misérable de leur propriétaire qui les transporte péniblement.

L’installation centrale montre toute une cité grâce à une multitude de scènes emplies d’ironie. On y voit des animaux obèses, mangeant ou buvant sans retenue, pataugeant dans une piscine, voisinant des clochards humains ou des travailleurs dans une mine constituée d’éclats de verre. Le tout est réalisé avec un humour qui interpelle le visiteur. Par exemple dans cette intéressante mise en abîme où on voit une jeune fille et son chien, tous deux vêtus d’habits griffés, se promenant dans une pièce où Giboulo recrée en miniature les œuvres de la présente exposition. Le visiteur est donc invité à s’observer lui-même et encouragé à réfléchir à sa propre réalité en tant que consommateur.

Le travail de trois autres artistes est également à l’affiche en autant d’expositions. Dina Goldstein qui propose une série de photographies parodiant l’univers de Barbie et Ken en leur inventant une vie quotidienne redéfinissant les rôles féminin et masculin, Annie Hémond Hotte dont les œuvres témoignent d’une référence évidente au surréalisme d’un Giorgio De Chirico de même que David Ross Harper intégrant la taxidermie à sa démarche.

 Art Mûr

 Karine Giboulo : City of Dreams

 Du 4 mai au 22 juin 2013

artmur.com

5826, rue Saint-Hubert

 

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