Le parc des Gorilles renaîtra de ses cendres (MàJ)

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Le terrain rasé par la compagnie Olymbec, situé au coin des rues Beaubien Ouest et St-Urbain, redeviendra un parc. La décision a été entérinée lors d’une séance extraordinaire du Conseil d’arrondissement de Rosemont–La-Petite-Patrie, le 29 mai. Les élus ont imposé une réserve foncière sur ce terrain du secteur Marconi-Alexandra, tel que le prévoit la loi sur les cités et les villes.

Le terrain en question en 2012 avant la destruction des arbres. Photo : RueMasson.com

Le terrain en question en 2012 avant la destruction des arbres. Photo : RueMasson.com

Le maire François Croteau a pris ce dossier à bras-le-corps. «Notre volonté est de bloquer toute demande de permis de construire sur ce terrain, ce qui aurait rendu notre démarche plus difficile, explique-t-il. Aujourd’hui, je peux affirmer qu’il y aura bel et bien un parc à cet endroit. L’entente se fera de gré à gré avec le promoteur, et si nous ne parvenons pas à un accord, nous procèderons à son expropriation.»

C’est à la Ville de Montréal que revient la responsabilité de trouver cette entente. En cas d’expropriation, un service de courtage immobilier fera une évaluation du prix du terrain. Cela pourrait représenter une perte importante pour Olymbec, qui a acquis ce terrain du Canadien Pacifique en février 2013. Il est pour le moment impossible de dire si une amende sera infligée à la compagnie.

Une vente nébuleuse

La décision de l’arrondissement est en accord avec ce que prévoit le Plan de développement urbain, économique et social (PDUÉS) adopté en janvier dernier, et qui fait du parc des Gorilles un lien vert à l’intérieur du quartier. L’arrondissement ne pouvait toutefois exercer son droit de préhension à cette époque puisque l’espace vert était alors une terre de la Couronne, qui a préféré la vendre à Olymbec plutôt qu’à la Ville.

Les versions divergent quant au déroulement de cette vente. Le maire Croteau dit que le CP a refusé de négocier avec la Ville de Montréal. Le Canadien Pacifique, quant à lui, refuse de commenter le dossier et souligne simplement qu’il n’est parvenu à aucune entente avec la Ville, qui avait la possibilité d’acheter le terrain.

Olymbec n’a pas perdu de temps

Par voie de communiqué, le groupe Olymbec a fait savoir qu’il procédait présentement à la décontamination du terrain, et affirme avoir obtenu un permis d’abattage d’arbres auprès de la Ville de Montréal. La chargée de communications de l’arrondissement de Rosemont–La-Petite-Patrie, Marie-Claude Perreault, explique la situation : «Olymbec est seulement propriétaire du terrain et ne disposait d’aucun permis au moment où les arbres ont été coupés.»

MÀJ : Un constat d’infraction de 500$ a été infligé au promoteur. C’est toutefois la Cour qui décidera si le propriétaire actuel devra ou non payer ces frais, selon Mme Perreault. Olymbec a ensuite régularisé sa situation en demandant et obtenant un permis de coupe d’arbres, le 21 mai.

Or, la coupe des arbres, laissant place à un terrain dénudé où des excavatrices ont encore opéré en début de semaine, a eu lieu les 14 et 15 mai. «Tout cela s’est passé très vite, à tel point que les citoyens n’ont pas eu le temps de réagir, explique François Croteau. Nous avons seulement reçu un courriel avec des photos des travaux. Je me suis rendu immédiatement sur les lieux.»

Les citoyens éplorés et motivés

C’est dans les jours suivant la destruction du parc que les résidents du quartier, attachés à cette friche où la nature avait repris ses droits pour créer un espace sauvage, se sont organisés de manière spontanée. Des rendez-vous lancés sur les médias sociaux ont réuni jusqu’à 50 voisins. Ils ont alerté les médias et trois d’entre eux se sont rendus au Conseil municipal de Montréal le 27 mai pour faire entendre leur colère.

Ces citoyens ont gagné le droit d’être impliqués dans l’aménagement du nouveau parc des Gorilles. «Un organisme sans but lucratif sera formé par les résidents, qui participera à la cogestion de cet espace naturel», affirme M. Croteau. Une consolation après avoir perdu un parc qui s’était développé naturellement, et dont les voisins organisaient le nettoyage sans avoir besoin d’aucune structure pour les encadrer.

9 commentaires à Le parc des Gorilles renaîtra de ses cendres (MàJ)

  1. Malheureusement, il est trop tard pour les arbres matures qui s’y trouvaient. C’était quoi l’urgence pour les cowboys de Olymbec ??

  2. It’s never too late to get citizens mobilized and involved in taking back their heritage, especially, regarding CP rail who was given most of these vital links of land almost free of charge. All of us need to ‘reclaim’ these historical pieces of properties to ensure future generations an opportunity to experience nature, in all its gorilla forms. Sincerely, Frances Foster, Gorilla artist.

  3. Marie-Eve

    Merci à Rue Masson et à Rémy pour cette recherche et entrevues.

  4. Julie Patenaude

    Oui c’est une vente qui demeure nébuleuse et qui devrait être éclaircie pour le bien de notre démocratie et surtout pour éviter que d’autres événements du genre survienne. Ne pas oublié qu’il y a pleins de terrains comme celui-là à Montréal qui ne sont pas protégés. Voici quelques questions à éclaircir selon moi: La Ville est locataire d’Olymbec à 1 coin de rue du site saccagé, un beau contrat de 440 000$ pour cinq ans. Est-ce que c’est la Ville Centre ou l’arrondissement qui a signé ce contrat, est-ce que la Ville a l’intention de renouveler ce contrat qui prend fin en 2014? Est-ce qu’il y a un lien entre le fait que la Ville a un lucratif contrat avec Olymbec et le fait que personne n’a vu passer cette transaction?

  5. Julie Patenaude

    En ce qui me concerne, je trouve que les gorilles se sont transformés en pingouins qui applaudissent le fait qu’on leur promette ce qui leur ait dû, alors qu’ils ont perdu la jouissance d’un endroit qu’ils ne sont probablement pas prêts de retrouver de sitôt. On se contente de bien peu et pendant ce temps, on a des élus qui se sont traînés les pieds dans ce dossier après la vente du CP à Olymbec et qui se font du capitale politique avec notre malheur.

  6. Frances Kotar

    Ce n’est pas la première fois que des promoteurs coupent des arbres matures. On dirait que c’est une maladie chez eux… vraiment je ne comprends pas!

  7. Il nous faut suivre la situation de près! Encore une fois,les citoyens soucieux de la qualité de vie dans notre ville se sont fait berner.
    Les promoteurs sans scrupule,les décideurs de la ville dans tout ça, qu’en est-il?

    Les contrevenants devraient assumer le coût de la reconstruction du parc et non pas en replantant des petits chicots qui seront matures dans 20 ou 30 ans.

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