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samedi le 16 mars
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Histoire : la première déclaration d’indépendance québécoise

L’historien rosemontois et auteur du livre L’Histoire du Québec pour les nuls, Éric Bédard offrait une conférence sur une portion de cette histoire le 16 avril dernier au Pub Rose Phillips, pour le premier café politique 2013 du Parti québécois de Gouin. La journée du 16 avril a été choisie pour souligner le 175e anniversaire de la première déclaration de l’indépendance du Bas-Canada (aujourd’hui le Québec).

Pour lire notre article lors de la sortie du livre d’Éric Bédard.

Photo : David Dinelle

Photo : David Dinelle

Cette tranche de l’histoire québécoise correspond à la deuxième vague d’insurrection des patriotes, en février 1838. Robert Nelson, le président de la future république (éphémère) canadienne, signataire de cette déclaration d’indépendance était fils d’immigrant britannique, un médecin anglophone montréalais épousant la cause des francophones!

En éloquent orateur et bon vulgarisateur, Éric Bédard a mis en lumière parmi les 18 articles qui constituent la déclaration d’indépendance, les plus étonnants par leur avant-gardisme. En voici quelques-uns résumés et commentés.

D’étonnants articles

Article 3 : les sauvages (oui, le terme écorche nos oreilles contemporaines) ne sont plus soumis à aucune disqualification civile. Tous les citoyens ont les mêmes droits.

Article 4 : dissolution de l’union entre l’Église et l’État, alors que l’Église exerce une suprématie quasi indélogeable.

Article 9 : disparition de la peine de mort, sauf en cas de meurtre.

Article 11 : liberté et indépendance de la presse.

Article 13 : il fera jubiler certains étudiants d’aujourd’hui en imposant l’éducation publique pour tous (alors que l’Église s’y oppose fortement pour continuer à garder la main mise sur l’éducation) : une éducation gratuite et payée par l’État.

Article 18 : usage obligatoire des langues anglaise et française pour toutes affaires publiques.

Une déclaration de courte durée

Un passage du livre de M. Bédard démontre bien la tournure que prit cette déclaration : « Comme les troupes des patriotes seront écrasées en novembre 1838, cette déclaration n’entrera jamais en vigueur, mais le rêve d’une république restera bien vivant. »

La période de questions à la fin de ce Café politique a soulevé des points. « Serait-ce bien de se baser sur cette déclaration, qui ressemble à un document de constitution, pour présenter aux Québécois un projet d’indépendance? »

Que dira-t-on de notre époque dans le futur?

La réponse vaut la peine d’être connue. L’enjeu du 20e siècle a été une question existentielle entre 1939 et 1967. Nous avons repris possession de notre économie, de notre culture, tout en étant déchirés. Aux dires de plusieurs sondages, le Canada reconnaissant au Québec un statut particulier arrive en premier choix des Québécois. Ces derniers sentiraient que le Canada est leur pays. L’origine de ce sentiment pourrait être expliquée par l’histoire, car les Canadiens au départ étaient des francophones. L’idée nationale serait discréditée à l’heure actuelle selon certains, par son manque de modernisme peut-être?

Après 45 minutes de trop court et passionnant exposé, cet historien rosemontois nous laisse sur notre faim.

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