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dimanche le 18 novembre
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Un auteur de Rosemont finaliste d’un prix littéraire (MÀJ)

Il est l’un des cinq candidats en liste qui pourrait se remporter le Prix de la nouvelle Radio-Canada. L’appartement s’est démarqué parmi 750 textes reçus de partout au pays. Frédérick Wolfe habite le quartier depuis 17 ans et il se consacre pleinement à l’écriture depuis moins d’un an. Rencontre avec un auteur rosemontois qui risque de briller à la grandeur de la province.

MÀJ : Frédérick Wolfe n’a pas gagné, c’est Fabien Philippe qui a reçu le Prix de la nouvelle, mais l’auteur de Rosemont a reçu le prix du public.

Frédérick Wolfe

Frédérick Wolfe

« J’ai fait le saut, car je ne voulais pas à 40 ans avoir l’impression d’être passé à côté de ma vie. » Frédérick Wolfe ne mâche pas ses mots, mais son ton est rieur et bon enfant. Il a troqué le monde de la publicité et un emploi de rédacteur publicitaire pour écrire de 9 h à 5 h. Papa de deux fillettes de 6 et 8 ans, il passe désormais ses journées à écrire ses propres projets.

Et une nomination comme celle de ce prix littéraire a de quoi amener de l’eau au moulin de ses aspirations d’écriture : « Quand j’ai appris la nouvelle, c’était un “bon timing”. Ç’a validé mes choix et je me suis rendu compte que des gens pouvaient apprécier ce que j’écrivais, que je ne chantais pas tout seul sous ma douche! » C’est le 26 mars prochain que nous saurons si Frédérick Wolfe remporte le 1er prix.

L’appartement raconte la première soirée d’une mère avec ses deux jeunes enfants dans son nouvel appartement à la suite d’une rupture. « C’est un moment précis plus qu’une histoire. Le personnage est sur la corde raide et elle doit faire face à une réalité douloureuse », résume Frédérick Wolfe. Il croit que son style tout en retenue et son écriture simple ont fait qu’il a attiré l’attention des jurys : « J’aime bien mon texte. Il a volontairement pas trop un style littéraire, mais l’on peut voir facilement le fil qui se déroule. »

Écrire pour être libre

L’auteur a plusieurs projets sur le feu, dont une série jeunesse, mais aussi la coécriture d’un long métrage avec Marie-Sissi Labrèche, qui nous a donné Borderline (2000), La Brèche (2002) ou plus récemment, Amour et autres violences (2012), un premier recueil de nouvelles. Ensemble, ils travaillent à une comédie romantique et dramatique, explique-t-il. Même s’il s’était déjà laissé tenté par l’écriture scénaristique, c’est la première fois qu’un de ses projets arrive à ce stade de maturité.

Fredérick Wolfe termine aussi l’écriture d’un recueil de nouvelles. C’est alors qu’il travaille encore dans une agence de pub qu’il découvre la richesse de ce format. « La plupart des nouvelles ont été écrites quand ma blonde avait des cours et que les filles dormaient. Je pouvais me consacrer 2-3 heures à des textes de moins longue haleine qu’un roman. » Cette forme lui sied bien, sa récente nomination le confirme.

C’est le matin que l’auteur-scénariste à temps se consacre pleinement à l’écriture. Il a d’ailleurs développé sa propre méthode : la procrastination positive. « Je vais commencer par quelque chose qui n’est pas nécessairement à faire, et ensuite revenir à des projets plus pressants. Je trouve que c’est une liberté efficace! Du moins, qui fonctionne avec moi! »

Majorité rosemontoise

« J’aime le côté tranquille du quartier, mais aussi le fait que c’était moins cher, disons dans le temps. On est un peu à côté de l’effervescence du Plateau, et j’aime bien. En plus, tu peux tout faire à pied, et le parc Maisonneuve et le Jardin botanique sont tout près. » Frédérick Wolfe aime son quartier.

« Il y a aussi un côté plus sale que certains autres quartiers, ajoute-t-il, il y a vraiment une âme, et j’aime aussi le côté village. » Il est vrai que par certains aspects, le quartier a gardé une certaine authenticité. Et Frédérick Wolfe s’y connaît, il y a bientôt 18 ans qu’il arpente ses rues, presque la majorité rosemontoise.

Et ce n’est pas seulement son esprit de quartier qui fait dire à l’auteur que son quartier lui plaît : « Ça bouge bien avec la mairie, il y a une bonne mentalité qui se reflète dans les gens qui y habitent. », ajoute-t-il? Fiers les Rosemontois?

Suggestions de lecture de Frédérick Wolfe

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami, Belfond, 2009

L’amour au cinéma, Éveline Mailhot, Les allusifs, 2011

Ébène : Aventures africaines, Ryszard Kapuscinski, Pocket, 2002

Pour les tout-petits : Élise Gravel et Annie Groovie.

Extrait de L’appartement :

 J’étais fière de mon gars. Tu avais toujours le sens de la famille. Ça m’a rassurée un peu. On allait réussir à être heureux, ici. Même sans salle de jeu dans le sous-sol, même sans sous-sol. Sans cour. Sans salles de bain indépendantes parent-enfant. Sans salon confortable avec bancs pensés pour profiter du cinéma maison. Sans chambre de princesse et de chevalier.

Laurence s’est mise à plat ventre sur votre lit. Tu voulais que ça commence, tu as fait pareil. Vous étiez beaux, heureux, je crois. J’ai glissé le film-surprise dans le lecteur et pendant que Laurence se battait avec les bandes-annonces pour faire apparaître le menu, je suis allée me servir doucement un verre de vodka. J’ai mis deux olives dedans pour me faire croire que c’était un martini. J’ai ravalé une fois de plus mes larmes en avalant mon médicament. En allant vous rejoindre dans notre chambre-salon-salle de jeux, j’ai fanfaronné, toute souriante :

–       Me semble que ça fait longtemps qu’on n’a pas été aussi bien, han? Les trois, ensemble. Non?

 

Vous pouvez lire la nouvelle complète sur le site de la zone d’écriture de Radio-Canada.

 

 

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