La mauvaise réputation de Saint-Jean-de-Brébeuf

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L’une des écoles primaires du quartier, Saint-Jean-de-Brébeuf, traîne depuis des années une mauvaise réputation qui a amené certains parents à inscrire leurs enfants dans d’autres écoles comme Sans-Frontière et Sainte-Bibiane, mieux réputées. Pourtant, l’école offre divers projets, vient de faire rénover sa bibliothèque et a un comité vert en plein essor. Est-ce que cette mauvaise réputation est injuste? On a visité l’école et rencontré sa directrice Julie Thébarge.

Pour voir des photos supplémentaires de l’école, un album photo est aussi en ligne plus bas dans l’article

La directrice de l’école, Julie Thébarge. Photo : RueMasson.com

Ancienne directrice adjointe à l’école secondaire Père-Marquette, Julie Thébarge est à la tête de Saint-Jean-de-Brébeuf depuis 2010. Elle est donc en terrain de connaissance avec les écoles qui traînent des mauvaises réputations. Elle a aussi passé à travers l’incendie de l’école Père-Marquette en 2006, qui avait forcé le transfert des élèves pendant de longs mois.

La mauvaise réputation

Saint-Jean-de-Brébeuf est une école qui traîne une mauvaise réputation depuis de longues années (plus de 20 ans) qui engendre de l’inquiétude auprès des parents quand vient le moment d’inscrire les enfants à l’école.

Pascale Grignon habite le quartier depuis plusieurs années. Elle s’est aussi questionnée lorsque son fils Loic est entré dans le système scolaire en septembre 2011. « On l’a inscrit en pré-maternelle en se disant que si on n’était pas satisfait, on le changerait d’école. Il a commencé sa deuxième année en maternelle en septembre 2012 et on est très satisfait », explique celle qui s’est même impliquée au sein de l’école avec son conjoint. Elle siège au conseil d’établissement.

Lucie Bégin, l’une des orthopédagogues de l’école depuis 20 ans, avance une explication sur cette mauvaise réputation. Il y a plusieurs années, l’école recevait des élèves d’un foyer d’accueil de la DPJ sur la 5e Avenue. Ces enfants, malmenés par la vie, avaient des réactions parfois violentes et il y avait quelques petites batailles dans la cour d’école, ce qui pouvait faire peur à certains parents. Le foyer a changé de vocation depuis plusieurs années et accueille maintenant des enfants handicapés.

« Vous savez, il suffit aussi que les gens voient une voiture de police devant l’école pour qu’on pense tout de suite à des problèmes. Or, le policier qui s’occupe des relations avec les écoles les visite régulièrement, tout simplement », rappelle la directrice.

Index de défavorisation

L’autre raison de cette mauvaise réputation seraient les préjugés envers la clientèle défavorisée que dessert l’école. Le quartier est d’origine ouvrière et les pertes d’emplois, en particulier lors de la fermeture des usines Angus, ont laissé des traces. Des familles défavorisées qui sont de moins en moins nombreuses avec l’embourgeoisement du quartier, mais qui sont toujours présentes, comme partout ailleurs à Montréal.

« Ça change et on tente de se débarrasser de cette mauvaise réputation non méritée que l’on traîne depuis des années sans en trouver la cause. On a organisé plusieurs portes ouvertes et le milieu change, les parents s’impliquent de plus en plus. Mais je comprends que cette réputation fatigue les parents », souligne la directrice.

Cependant, l’école a encore son index de défavorisation qui lui permet d’obtenir des fonds supplémentaires et d’avoir des classes de moins 20 élèves. Mais la directrice a peur de le perdre comme c’est arrivé à l’école Saint-Jean-de-la-Lande dernièrement. « Si ça arrivait, on perdrait un montant d’argent et on devra augmenter la taille des classes », explique Mme Thébarge.

Elle explique aussi que l’indice de défavorisation permet donc d’offrir des activités et plus d’intervenants comme les orthopédagogues « En décembre, nous avons pu avoir une activité pour envoyer des élèves voir le spectacle de danse Casse noisette ».

Pascale Grignon souligne que la mauvaise réputation de l’école repose sûrement sur cette perception et les préjugés sur les familles moins favorisées. Mais elle souligne que cette réalité fait partie de la vie et est aussi nécessaire à l’apprentissage des enfants.

« On a des principes d’égalité des chances, d’intégration, mais elles semblent prendre le bord quand on parle de l’éducation de ses enfants. Je trouve ça positif que les enfants côtoient des enfants de différentes catégories sociales. C’est une richesse, ils doivent être conscients du monde dans lequel ils vivent ».

Cette dernière ajoute que les parents doivent contribuer et participer à la vie de l’école. « Ce n’est pas en fuyant les écoles du quartier que la situation va s’améliorer », ajoute-t-elle.

L’école est aussi l’une des premières a avoir offert le petit déjeuner aux enfants via le Club des petits déjeuners. Une salle y est dédiée et n’importe quel enfant de l’école peut y avoir droit. Des bénévoles s’occupent de servir les enfants, dont des jeunes de l’école secondaire Jean-Eudes.

Environ une trentaine d’enfants de l’école sont issus de familles défavorisées et en profitent.

Des projets pour l’école

Plusieurs nouveaux projets ont été mis en place dans la dernière année. L’un de ceux-ci était de rénover la bibliothèque de l’école qui était tristounette. L’autre était la création d’un jardin dans l’école et la mise en place du Comité vert.

La rénovation de la bibliothèque était un projet qui tenait à coeur à Julie Thébarge pour favoriser la lecture auprès des enfants. Un financement supplémentaire de la Commission scolaire de Montréal et l’aide d’architectes lui a permis de le réaliser.

Le comité vert a été mis sur pied sous l’impulsion d’une maman impliquée dans l’environnement. Plusieurs projets ont ainsi vu le jour, le recyclage, la création d’oeuvres à partir de matériel recyclé et un jardin dans la cour de l’école. Avec l’aide de l’organisme Pousses urbaines et de l’aide financière du député de Gouin, alors Nicolas Girard, le jardin a vu le jour au printemps 2012.

Les sections préscolaires ont aussi mis sur pied un projet de sous noirs sur le thème de l’eau. Une goutte d’eau ressemblant à un sou noir et permettant d’intégrer des notions de mathématiques.

D’autres activités ont été organisées grâce à l’implication des parents. Il y a eu un souper communautaire, une soirée cinéma en pyjama et la chorale de Noël sur les marches de l’école en décembre dernier.

Des campagnes de financement

Évidemment, chaque école, classe projet a des projets de sorties ou d’activités sportives qui nécessitent la participation des élèves, des parents et des voisins. C’est ainsi que les enfants sillonnent parfois les rues du quartier et frappent aux portes pour vendre des barres de chocolat ou d’autres choses. Certaines personnes téléphonent parfois à l’école pour vérifier la véracité d’une campagne.

Forte augmentation des inscriptions

Si le nombre d’élèves se maintient autour de 300, l’école a connu une grosse augmentation d’inscriptions en maternelle les dernières années. « Nous avons dû ouvrir une classe de maternelle supplémentaire l’an dernier », explique la directrice.

Reste à savoir si le nombre se maintiendra au fil des années, car la tendance est au déménagement vers la banlieue quand les enfants sont plus vieux.

18 commentaires à La mauvaise réputation de Saint-Jean-de-Brébeuf

  1. Denise Pelletier

    Mon petit fils va à cette école et je la trouve très dynamique, beaucoup d’activitées sont suggérées.
    Mon petit fils reçoit sa scolarité depuis bientôt 3 ans
    et il est très heureux et satisfait de ses professeurs.

    Bravo..

  2. Sebastien

    votre titre aurait du etre:
    La mauvaise reputation de saint-Jean-de-Brébeuf: chose du passé!!

  3. Daniel Beaulé

    En plus, l’organisme de participation des parents (OPP), créé l’an dernier, est probablement l’un des plus dynamiques de Montréal. Levées de fonds et activités très appréciées par les familles sont mises en place par des parents qui ont décidé de tisser des liens solides et durables tout en permettant à tous de participer aux activités.
    A+ pour l’engagement du personnel et des parents!!!

  4. Julie, intervenante scolaire

    Je seconde Daniel! :) La vie à St-Jean-de-Brébeuf est un petit bonheur… J’ai le privilège de travailler avec une équipe extraordinaire mais aussi avec des parents généreux, impliqués et qui supportent leur école. Imaginez un milieu de vie où tous se rassemblent pour voir et croire à la réussite des enfants… et bien St-Jean-de-Brébeuf, c’est en plein ça!

  5. Serge Fortin

    Mes filles y ont passé leur primaire et une est en soins dentaires et l’autre fait son doctorat en psychologie organisationnelle… Ça fait quand même quelques années. Et Jean Drapeau n’y a-il pas été élève ? Peut-être devrait-on créer l’amicale des anciens de Brébeuf et la liste ne serait pas piquée des vers, à mon sens.

  6. Linda C.

    Enseignante depuis de nombreuses années dans le quartier, mon rôle est de faire en sorte que, par diverses activités, mes élèves aient le goût de venir à l’école et surtout du plaisir à apprendre. Pour ma part, un élève est avant tout un enfant et non pas un enfant issu d’une famille défavorisée ou aisée. Cette distinction, ce sont les parents, les adultes qui la font! Plusieurs jeunes enseignantes sont venues à notre école en se faisant dire: » Ouf, pauvre toi, pas St-Jean-de-Brébeuf! » Et pourtant, combien d’entre elles furent étonnées de constater à quel point notre école est dynamique, accessible et accueillante. Et surtout, combien reviennent dès qu’elles en ont l’occasion! Personnellement, je suis heureuse dans mon école, dans ma classe et surtout avec mes jeunes élèves qui font partie de ma vie!

  7. Sebastien

    Imaginez vous donc que certaines ecoles nous ont souhaité Bonne Chance a Saint-Jean-de-Brebeuf..

    C’est dire que la reputation perdure, mais les autres ecoles semblent en profiter….

    c’est bien malheureux…

  8. Stéphane

    Mon fils va a cette école depuis 3 ans,et je peut vous dire que JE souhaite qu’il puisse changer d’école,car,chaque année,il commence avec un(e) enseignant qui est partiel(le),pour l’année 2012-2013 (il est en 4e),il avait dans sa classe des élèves de 3e et 4e?? et a eu QUATRE enseignant différents?? pourtant il est toujours dans les premiers de classe et aide les autres,s’implique dans les activités (comité vert,théâtre,et autre),mais selon votre quartier,ont vous assigne une école selon le code postal……ANYWAY,en èspérant que cela se réalise!

  9. tania charbonneau

    je suis une ancienne eleve de cette ecole de 1995 a 2000 et jai adorer apprendre a cette ecole mes professeur etait super,,, et pour ce qui est des bataille et tous et tous cest pas different dans les autres ecole cest comme ca dans tous les ecoles!!!!

  10. Émilie LT

    Très bon article, merci de pousser plus loin sur la mauvaise réputation inexpliquée des écoles primaires du quartier. Allez-vous faire la même démarche pour Saint-François-Solano? Il s’agit de mon école de quartier et je dois y inscrire ma fille pour l’an prochain, j’aimerais bien en savoir plus sur leur programme.

  11. charlotte masson

    je suis présentement une élève de l’école et je trouve mon école très très belle,dynamite,etc. j’aime beaucoup mon école!!!!!!!!!!!!!!

  12. Rose megane

    Je suis présentement a cette école dans la meme classe que Charlotte Masson mon professeur est M Linda Martin en 4eme année et je trouve mon école tres cool!!!! et je veut y rester !!!!!!!!!!!!!!!!!

  13. Si je ne me trompe pas, c’est là que monsieur le Maire Jean Drapeau a étudié sous la direction des Frères Maristes , c’était l’époque du Frère Marie-Wenceslas, directeur. Et bien d’autres célébrités comme Wilfrid Pelletier , Félix Leclerc à La Tuque, Lionel Daunais dans le quartier Mont-Royal, Félix-Antoine Savard à Chicoutimi, les célèbres dominicains Georges-Henri Lévesque à Roberval, et Benoit Lacroix à St-Michel de Bellechasse et des centaines d’autres.
    Et je dis aux gens de ne pas mêler le Collège Brébeuf des Maristes à Rosemont , et le Collège Brébeuf des Jésuites à Outremont .

  14. Oups!!fait comme si je n’avais pas mis de points d’interrogations!En passant mon enseignant se nomme Socheath Pich et je l’adore!!!!!!!!

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