Françoise David n’aime pas le ton de la période de questions

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Toute une année pour Françoise David qui tentait de se faire élire comme députée de Gouin pour une troisième fois. Elle a finalement remporté la victoire face à son adversaire habituel Nicolas Girard. Une année marquée par son élection, mais aussi par le printemps érable. Par ailleurs, plusieurs projets font partie de ses priorités pour 2013. On l’a rencontrée en décembre pour une entrevue.

RueMasson.com a rencontré les élus provinciaux et fédéral de Rosemont-La Petite-Patrie, Jean-François Lisée et Alexandre Boulerice. L’entrevue avec Françoise David est la dernière de la série.

Françoise David et son conjoint le jour du vote le 4 septembre 2012. Photo : Archives/RueMasson.com

Deux événements ont marqué Françoise David cette année. Le printemps érable et son élection. Pour elle, ce sont les leaders d’étudiant les personnalités de 2012.

La députée souligne que la fin de la mobilisation s’est terminée en queue de poisson avec un résultat mitigé. « Je crois que c’est une période d’accalmie après quelques gains. Ce n’est pas demain matin que les citoyens vont ressortir dans les rues, mais ça recommencera. Les gens observent et ne sont pas très contents. Les germes sont semés. Ici dans le comté personne n’a oublié, on m’en parle souvent quand je prends l’autobus. Tout le monde est fier de son quartier », pense-t-elle.

Les déceptions de la députée

Françoise David l’a déjà dit, elle a été déçue par le gouvernement de Pauline Marois. Même si elle a salué à plusieurs reprises son élection et le fait que le Québec ait une première femme première ministre. « Le dépôt du budget a été la cassure, ce n’est pas vrai que c’était le budget d’un gouvernement minoritaire. Il y aura des coupures que l’on va découvrir dans les prochains mois avec le dépôt des crédits, ça va toucher, comme toujours, les citoyens avec des hausses de taxes, de tarif », a constaté Françoise David.

Cette dernière ajoute qu’elle reconnaît quelques bons coups du gouvernement. « Je ne dis pas que le gouvernement n’a posé aucun bon geste, il y a eu l’annulation de la hausse des droits de scolarité, de la loi 78, les décisions de fermer la centrale nucléaire de Gentilly, le dossier de l’amiante », énumère-t-elle.

Un lien maintenu

La députée est heureuse de ses premiers mois et du lien qui se maintient avec les citoyens. Elle avoue toujours penser aux gens de sa circonscription quand elle choisit les thèmes sur lesquels elle travaille. « Je me demandais s’ils me voyaient assez, car il faut se tailler une place. Mais je discute toujours avec des gens, lorsque j’attends l’autobus, que je me promène dans le quartier ».

Son projet de loi

Françoise David désire faire adopter son premier projet de loi pour que les pensions alimentaires ne soient plus incluses dans le revenu des personnes qui les reçoivent et qui touchent principalement des femmes.  « Je travaille avec les femmes de tous les partis pour que cette motion soit adoptée. C’est un geste très simple et qui va toucher des milliers de femmes ».

Sa vie à Québec

La nouvelle députée avoue que la vie à l’Assemblée nationale est un univers à part. « Plus de 1000 personnes par jour y travaillent par jour. Le personnel est extraordinaire et nous soutient dans notre travail et il y a beaucoup de courtoisie entre les députés et employés de tous les partis ».

Elle ajoute qu’elle court tout le temps quand elle est à Québec du mardi au jeudi. Elle fait le trajet en train et habite un petit appartement pas très loin de l’Assemblée nationale. Elle s’y déplace à pied. « Étant donné que je suis porte-parole nationale, j’ai une vie bien remplie qui me plait ».

Le théâtre de la période de questions

La période de questions n’est pas le moment préféré de Françoise David. Le ton souvent agressif adopté par certains députés de tous les partis lui déplait profondément et en fait ce qu’elle qualifie de mauvais théâtre. Elle hésite à en cibler, mais après quelques secondes, elle souligne, sans le nommer, que le député de la circonscription voisine de la sienne à l’ouest, (NDLR: Gerry Sklavounos de Laurier-Dorion), est particulièrement agressif et pose ses questions en hurlant. « Le problème est plus évident chez les libéraux, ils sont arrogants et agissent comme si le gouvernement avait usurpé leur place », se désole-t-elle.

Au contraire, elle souligne le couple improbable et la relation très courtoise qu’elle entretient avec celui qui a été choisi en sa compagnie comme personnalités politiques préférées des Québécois lors d’un sondage du Devoir, Jacques Duchesneau. « Il pose des questions courtoises et civilisées », a-t-elle constaté.

Si elle critique la période de questions et souligne le ton et certains types de question doivent changer, elle pense que cette période a sa place et doit avoir lieu. « Je me souviens d’une question très nécessaire sur le système de santé posée par la députée de la CAQ, Sylvie Roy », donne-t-elle comme exemple.

Les commissions parlementaires

L’une des bonnes surprises de Françoise David est le travail fait en commission parlementaire où les députés passent la plupart de leurs temps. D’ailleurs, elle souligne que souvent les commissions prennent des décisions à l’unanimité. « Il y a une formidable ambiance, une courtoisie et on y passe 10 fois plus de temps qu’en période de questions.

Les dossiers locaux

Françoise David a été agréablement surprise par la collaboration entre les élus du quartier que ce soit au niveau scolaire, municipal, provincial et fédéral.

Elle est aussi heureuse que le dossier des organismes communautaires qui voulaient sauvegarder leurs locaux sur la rue Drolet est réglé. « Je suis très confiante et le dossier de l’église Saint-Marc progresse. Je suis attentivement le dossier, j’attends le rapport et je serai présente quand

Le rapport sur l’avenir de l’église et son utilisation est attendu pour la fin janvier ou début février.

La question du logement abordable et des locataires qui sont évincés pour transformer des plex en indivise et contourner la loi l’inquiète beaucoup. Elle pense que ce sera le dossier de 2013 et entend en parler au ministre Sylvain Gaudreault. « Il n’y a pas d’outil législatif pour régler le problème qui engendre de la spéculation immobilière. La pression est énorme pour les locataires qui se font offrir des montants pouvant aller à 12 000 $ pour quitter leur logement qui sera transformé en condo. Si la somme leur paraît alléchante sur le coup, il est difficile de se reloger.

Elle entend aussi rencontrer les organismes communautaires qui travaillent en santé mentale pour combler un manque dans le quartier, un centre de jour. « Certaines personnes sont souvent seules et on a besoin d’un centre pour les accueillir, pour qu’elles puissent discuter et se sentir moins seules ».

Finalement, elle s’inquiète que peu de nouveaux projets de services de garde aient été approuvés pour le quartier. « Les besoins sont immenses. Si on veut garder les familles, il faut des services publics ».

Finalement, à la question de savoir si Françoise David sera candidate à une prochaine élection qui pourrait avoir lieu assez rapidement avec un gouvernement minoritaire, elle répond oui. Elle ajoute si la santé continue à le lui permettre.

 

1 commentaire à Françoise David n’aime pas le ton de la période de questions

  1. JimTonic

    Je ne vois pas comment une personne civilisée, intelligente et respectueuse peut apprécier la période des questions. Des questions « stagées » avec des députés qui n’écoutent même pas la réponse, dans plusieurs situations. Bref, trop souvent, un gros show de boucane!

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