Souvenirs d’un enfant de la 5e Avenue

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Au 5709 de la 5e Avenue, près de la rue Holt, on peut admirer une jolie petite maison blanche à un étage. C’est la demeure qu’Alexandre Sabourin a bâtie en 1905. Son petit-fils, Roger Sabourin qui sera plus tard le président et fondateur de la Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie, est né en 1923, dans la maison voisine de celle de son grand-père, au 5705. Dans le quartier Rosemont, les histoires de famille remontant à quelques générations ne sont pas rares. Voici celle que M. Sabourin a partagée avec nous.

Camile, frère aîné de Roger, sur la 5e Avenue (1922). À l’époque, la numérotation municipale était différente, car on aperçoit le numéro 573… c’est aujourd’hui le 5705. De plus, anciennement, garçons et filles sont vêtus de la même façon lorsqu’ils sont très jeunes.

À son arrivée à Rosemont au début du 20e siècle, le grand-père, Alexandre, achète trois terrains. Il bâtit sa maison sur le premier (au 5709), plus tard, il vend le deuxième à son fils, Ovila, le père de Roger (au 5705), et le troisième, à son autre fils Frédéric (correspondant maintenant au 5697). Ce dernier n’y ayant jamais bâti sa demeure, les enfants du quartier en avaient fait leur terrain de jeu préféré et y jouaient notamment au baseball. « Le dimanche, nos parents nous offraient 5 cents. On allait donc s’acheter pour un cent de lunes de miel et il nous restait 4 cents pour passer la semaine », se souvient Roger Sabourin.

C’était aussi l’époque où toutes les femmes accouchaient à la maison. D’ailleurs, une sage-femme nommée madame Léveillé habitait juste en face de la maison familiale, au 5710, et elle a  mis au monde une ribambelle de petits Rosemontois.

Une vie quotidienne bien différente d’aujourd’hui
Imaginons la maisonnée dans laquelle a vécu Roger lorsqu’il était enfant : douze personnes habitaient dans le logement de trois chambres à coucher soit les parents et leurs 7 enfants, ainsi que les grands-parents et un oncle célibataire. « Il y avait une chambre pour mes parents, une autre pour mes grands-parents et l’autre, pour les 4 garçons et mon oncle. Les 3 petites filles couchaient dans le salon », explique-t-il.

« De plus, on chauffait au bois et, plus tard, au charbon. Hilaire Beauregard avait d’ailleurs un magasin de charbon sur la 5e Avenue, près de la rue Dandurand, du côté ouest, juste à côté de la ruelle. »

On avait mal aux dents ? Pas de problème! À l’aide d’une pince, le docteur J.-Ernest Paquin, médecin de la famille, se chargeait de les extraire de la bouche de ses patients. Il demandait 25 cents par dent, et ce, sans anesthésie.

La famille d’Alexandre et de Rose-Anna Sabourin (grands-parents de Roger). Son père Ovila, né en 1899, est au centre et est flanqué de ses frères Frédéric (à droite) et Lucien, flattant le chien familial.

L’église Saint-Esprit, au cœur de la vie du quartier
C’est à l’église Saint-Esprit (à l’époque, Sainte-Philomène) qu’en 1951, Roger Sabourin épouse Aline Primeau, une jeune fille que sa sœur Yvette lui avait présentée et qui habitait sur la 7e Avenue.

L’église Saint-Esprit est assurément un lieu très significatif pour le Rosemontois : « C’est dans cette superbe église de style Art déco que j’ai été baptisé et confirmé, que j’ai fait ma première communion, que je me suis marié et que je souhaite qu’on célèbre mes funérailles », précise-t-il.

Une passion pour l’histoire de Rosemont
À la suite d’une longue carrière dans les affaires, entre autres comme bijoutier, Roger Sabourin a consacré une grande partie de son temps aux recherches historiques. C’est d’ailleurs cet intérêt bien particulier qui l’a amené à fonder la Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie, en 1992. On peut d’ailleurs se procurer les trois ouvrages réalisés par M. Sabourin à la Société d’histoire. Ils sont intitulés Rosemont, mon quartier, Rosemont, Hier et aujourd’hui en photos et Rosemont et le monde d’autrefois. On peut y admirer de belles photos d’époque.

La 5e Avenue, en 1917. La photo a été prise au milieu de la rue, à la hauteur du 5709 (maison du grand-père de Roger Sabourin). On aperçoit l’Académie Sainte-Philomène, au bout de la rue, et, à droite, une petite maison à un étage. Cette dernière existe toujours, au 5670. D’ailleurs, le chanteur Paolo Noël y a habité alors que, jeune marié, il vivait chez ses beaux-parents.

Ovila Sabourin, le père de Roger, est en train de construire sa maison du 5705 de la 5e Avenue. Il pose avec son frère Frédéric (à gauche). En arrière-plan, on aperçoit les hangars des maisons situées sur la 6e Avenue. Crédit : Les archives de la SHRPP.

9 Comments to Souvenirs d’un enfant de la 5e Avenue

  1. Richard Verdon

    Ça me dépasse toujours de voir comme la vie devait être ardue à cette époque. Du courage, il en fallait. Merci à l’auteur de l’article de nous le rappeler.

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  2. Serge Beauchemin

    Merci beaucoup pour ces précieux souvenirs. Sur la photo de la 5e avenue en 1917 on remarquera que l’école Brébeuf n’existe pas…!

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  3. Non en effet, l’Académie Sainte-Philomène, le bâtiment que l’on voit sur la photo, a été détruit et remplacé par la résidence pour personnes âgées entre l’école Brébeuf et l’église tel que raconté dans cet article http://ruemasson.com/?p=10944

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  4. gilles lacoste

    Moi qui ai fréquenté l’école Jean de Brébeuf au début des années 50, j’ai été fort étonné de la photo montrant une 5eme avenue peu construite. Ma mère qui a fréquenté l’école montrée sur la photo durant les années 20, nous parlait souvent du futur maire Jean Drapeau qui habitait sur cette rue près de l’école. Merci pour ce souvenir.
    Note: je réservais mes sous noirs pour les petits sacs de chips à 1 cent sauf les soirs d’Halloween où j’allais sonner 2 fois plutôt qu’une chez Hilaire Beauregard sur le blvd Rosemont au coin de la 3eme avenue pour avoir droit à un vrai sac de chips (il avait sa compagnie qui en fabriquait).

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  5. Je restais sur le blvd. Rosemont au coin de la 5 avenue , ça fait drôle de voir la 5 avenue . Je suis allé à l’école st- jean de brébeuf dans les années1960 , j’aime toujour me rappeler des bon souvenir.

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  6. François

    J’ai resté dans les années 60 au 5482 de la 5e avenue.cet édifice à 2 étages se trouvait juste en face de l’école Ste-Philomène que j’ai fréqunté en 1ère et 2 ième année. Je me demande si la maison à 2 étages que l’on voit en face de l’école, est cette maison.

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  7. veronique

    Incroyable j’ai habité au 5708 5ième avenue juste en face de la maison blanche sans savoir tout cet historique..que faisions-nous avant l’internet??? incroyable

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  8. veronique

    J’ai oublié de dire que j’ai habité là un bon 10-15 ans étant jeune..

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