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Que cuisinaient nos aïeules de Nouvelle-France?

On ne se casse pas trop la tête quand vient l’heure de souper. On achète les aliments à l’épicerie ou bien on commande. Si on retourne 400 ans en arrière, c’était une autre paire de manches. « Tu mangeais ce que tu avais selon tes réserves et selon la saison », dit Ginette Charbonneau, conférencière de la Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie, le 14 novembre dernier.

Ginette Charbonneau présente « La cuisine de nos aïeules». Photo : RueMasson.com

Nos aïeules devaient faire preuve d’organisation et d’ingéniosité dans la préparation et la conservation de la nourriture. C’était une question de survie pour la colonie. « Il fallait devenir autonome si on voulait survivre à moins de faire partie de l’élite et d’avoir les moyens d’acheter », ajoute Mme Charbonneau. Nos ancêtres pratiquaient l’agriculture de subsistance. « Il y avait toujours une menace qui nous pendait au bout du nez, c’était la famine. » En Nouvelle-France, il fallait conjuguer avec le climat (froid en hiver et chaud en été), la météo et la menace amérindienne.

La Nouvelle-France avait quand même des avantages pour les colons : l’eau était plus pure et plus abondante qu’en vieille France, les récoltes appartenaient aux colons.  En France, les agriculteurs donnaient leur récolte au seigneur qui leur redonnait seulement de quoi survivre. De plus, la chasse et la pêche étaient permises dans la colonie.

Dans le garde-manger familial

On se nourrissait notamment de ce qu’on chassait et de ce qu’on pêchait. Le poisson était salé dans des barils pour le conserver durant l’hiver. Les colons mangeaient une grande variété de poissons, dont l’anguille qui est maintenant disparue de nos habitudes alimentaires.

L’été, on pouvait se nourrir des fraises, framboises, canneberges, bleuets sauvages. À l’automne, on en faisait des confitures. Les colons cultivaient un potager où elles faisaient pousser des légumes qui se conservaient bien au caveau durant l’hiver : chou, carottes, navet et oignons. Elles cultivaient aussi des concombres. On les mangeait quand on travaillait au champ lors des chaudes journées d’été. C’est tellement rafraichissant!

Le maïs, la courge, la citrouille, le topinambour et les produits de l’érable sont des aliments typiquement américains.

Les néo-Français importent des arbres fruitiers pour la culture des pommes, des pêches, des poires et des melons.

La vache était l’animal le plus répandu pour son lait. Une famille pouvait même en louer une si elle n’avait pas les moyens d’en acheter. Mais tout le monde, même les plus pauvres, avait les moyens d’engraisser un cochon. On n’avait qu’à le laisser libre, à l’orée de la forêt et il se nourrissait tout seul. L’hiver, c’était facile de garder la viande. On n’avait qu’à la laisser geler.

Au printemps, on pouvait chasser le petit gibier et on se régalait des produits de l’érable. « Un chance qu’on avait le carême sinon on aurait manqué de victuailles », précise Ginette Charbonneau.

Livres de recettes

Le premier livre de recettes n’est apparu qu’en 1840. Il s’agissait de La cuisinière canadienne. Avant cette époque, les recettes étaient transmises de mère en fille par tradition orale et gestuelle. De toute façon, rares étaient les personnes qui savaient lire ou écrire.

Plusieurs plats de notre patrimoine ont donc été rapportés des différentes régions de la France. Les recettes ont ensuite été adaptées selon les aliments disponibles en Nouvelle-France. Par exemple, les rillettes de la région du Mans sont devenues le creton, les crêpes et les galettes de sarrasin viennent de Bretagne, la soupe au poisson du Nord-Pas-de-Calais ressemble drôlement à la gibelotte des îles de Sorel et le clafoutis devient notre tarte aux oeufs.

L’influence britannique

En 1760, c’est la Conquête des Britanniques. De nouvelles habitudes culinaires font leur arrivée : le gin, le whisky,le thé, le gâteau aux fruits, le pudding (gâteau renversé) et les épices. L’orge (barley), l’avoine et la pomme de terre passent dans l’alimentation des humains alors que les Français les utilisaient seulement pour nourrir leurs animaux.

Les Néo-Françaises préféraient en effet fabriquer leur pain avec de la farine de blé. Le grain de blé produisait plus de farine que les autres céréales et il était aussi plus soutenant.

Retour aux sources

Jusqu’aux années 1920, la diète des canadiens-français n’a pas beaucoup changée. Avec l’immigration, l’arrivée de l’électricité facilitant la cuisson et la conservation des aliments, on connait toute une révolution.

Dès 1928, on instaure les cours d’art ménager. Dans les années 1930, Jehanne Benoit fonde la première école de cuisine. Et ensuite, dans les années 1950, il y a beaucoup de chimiques qui entrent dans la cuisine avec l’industrialisation des aliments. Mais on recommence à avoir le souci de bien manger, souligne Ginette Charbonneau. Sa conférence était très bien documentée, soutenue par une bonne recherche de faits historiques.

Latest comments

  • Merci pour cette très intéressante couverture de la conférence de Mme Charbonneau. La transmission de notre histoire, la grande comme la petite, quel que soit le thème, est essentielle. Et puis, ce n’est pas un hasard si la cuisine que l’on peut déguster sur les tables québécoises se démarque avantageusement de celle servie dans le ROC ou aux USA… et je parle par expérience!

  • Bonjour ,
    je suis conseillère d’un organisme à but non lucratif :Rendez-vous culturel à Lasalle .

    nous planifions notre prochaine saison 2016-2017.

    vous serait-il possible de nous obtenir les coordonnées de Mme.Ginette Charbonneau
    qui a donné une conférence chez vous ou de lui faire parvenir notre adresse email
    pour qu’elle puisse communique avec nous

    merçi de votre attention Monique Lorrain

  • Bonjour, il faudrait rejoindre directement la société d’histoire. Merci.

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