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Frapper une portière n’est pas un accident (MàJ)

La saison de vélo tire à sa fin pour une majorité de cyclistes, mais les portières restent un danger en toute saison. Cet été, deux accidents de vélo graves sont survenus dans le quartier. Le poste de quartier 44 en a profité pour rappeler les bonnes règles de prudence. Deux autres accidents sont survenus presque en même temps. Deux cyclistes blessées en frappant des portières. Pourtant, ces accidents ne sont pas considérés comme des accidents.

La suite de notre dossier : pour lire le témoignage de cyclistes victimes de portières dans le quartier

Photo : SPVM

Pourquoi ce type d’accident ne figure pas dans les statistiques de la SAAQ ? Car un accident implique un véhicule en mouvement tel que le stipule le Code de la sécurité routière. Lorsqu’une portière s’ouvre, le véhicule est généralement immobilisé. « Mais les automobilistes oublient souvent qu’ils commettent une infraction », rappelle Nathalie Valois, agente responsable de la sécurité à vélo pour le service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Une aberration totale pour la présidente-directrice générale de Vélo Québec Suzanne Lareau puisqu’il s’agit de l’une des deux plus fréquentes causes d’accident pour les cyclistes. « Il faut adapter le Code de la sécurité routière qui est complètement dépassé et ne tient pas compte des nouvelles réalités de nos routes », soutient-elle.

Sauf que le SPVM n’a pas le choix, comme tous les corps policiers, d’appliquer le Code de la sécurité routière.

Un nouveau code au SPVM

D’ailleurs, puisque ce type d’accident ne l’est pas considéré au sens du Code de la sécurité routière et que le SPVM n’avait aucun moyen de répertorier ce type de collision, Nathalie Valois a fait créer un code statistique pour les comptabiliser en 2012. « Je voulais savoir quelle était l’ampleur du problème », explique-t-elle.

Comme d’habitude, les policiers doivent donc remplir un rapport d’événement et maintenant ils doivent donc ajouter le code spécifique à ce genre de collision.

Le SPVM avait émis un communiqué pour rappeler qu’il est obligatoire de vérifier si la voie est libre avant d’ouvrir sa portière. On y soulignait le nombre élevé d’incidents. 

Aucun autre accident 

Dans le quartier couvert par le poste 44, aucun autre accident de vélo n’a été répertorié cet été. Le commandant André-Guy Lamothe n’a répertorié aucun accident en lien avec l’ouverture d’une portière pour 2012.

La SAAQ indemnise les cyclistes victimes des portières

Du côté de la SAAQ, on souligne ne pas tenir un compte des causes des accidents puisque les rapports policiers ne donneraient pas de détails. On ne peut donc fournir aucun chiffre sur le nombre d’accidents de cyclistes causés par une portière qui s’ouvre. Mais les cyclistes victimes de tels accidents peuvent ouvrir un dossier afin de recevoir une indemnisation puisqu’une automobile est en cause.

Comme lors de tous les accidents, l’indemnisation n’est pas automatique. « Il est difficile de généraliser. Tous les accidents avec portières sont analysés et chaque demande est examinée comme pour tous les accidents », explique la porte-parole de la SAAQ Audrey Chaput.

Selon les témoignages des accidentés, certains policiers ne semblaient pas savoir que la SAAQ peut les indemniser, même si ce n’est pas considéré comme un « véritable » accident.

Suzanne Lareau trouve déplorable l’attitude de certains policiers qui découragent donc les cyclistes accidentés de remplir un dossier auprès de la SAAQ. « Ça me choque, car les policiers induisent en erreur les victimes de ces accidents et ils en minimisent la gravité », ajoute-t-elle.

Les exceptions

Correction : Un cycliste qui ferait une chute ou aurait un accident sans qu’une automobile ne soit impliquée n’est pas couvert par la SAAQ car il n’y a pas de véhicules d’impliqués puisqu’il ne paie pas de cotisation. Si un cycliste heurte une automobile stationnée sans que personne ne soit à l’intérieur, le fait accidentel sera analysé par la SAAQ, mais l’indemnisation n’est pas automatique, même si la responsabilité du cycliste n’est pas prise en compte à cause de la notion du no fault.

Des contraventions de 52 $ jugées insuffisantes (NDLR: Les montants ont été changés le 1er juillet 2016 pour être de 200 à 300 $)

Puisqu’il est de la responsabilité de l’automobiliste de s’assurer d’ouvrir sa porte en toute sécurité, il est passible d’une amende de 52 $ s’il ne le fait pas. C’est bien insuffisant selon Suzanne Lareau. « Les amendes devraient être dissuasives comme celles que l’on reçoit si on ne respecte l’arrêt d’un autobus scolaire, car ouvrir une portière sans regarder met la vie d’un cycliste en danger », lance-t-elle.

Plusieurs cyclistes s’offusquent aussi du fait que les policiers ne donnent pas toujours les contraventions aux automobilistes. L’agente Valois explique que le policier n’est pas témoin de la collision, il ne peut donc aller témoigner en cour si la contravention est contestée. « Souvent le cycliste est le seul témoin et il part en ambulance. »

Des conseils pour éviter les accidents

Puisque l’automobiliste ou son passager ne regarde pas toujours s’il a la voie libre pour ouvrir sa portière, la PDG de Vélo Québec conseille aux cyclistes de rouler à 1 mètre des voitures stationnées. « On doit pouvoir étendre son bras entre nous et la voiture pour se protéger ».

Suzanne Lareau conseille aussi aux cyclistes de rouler moins vite en ville. « Les cyclistes doivent aussi adapter leur conduite et leur vitesse en ville, on ne roule pas à la même que sur une route de campagne. Quand on roule à 30 km/h, on se laisse moins de temps pour réagir. On devrait ralentir ».

L’agente Valois rappelle cependant que la vitesse du cycliste n’enlève en rien la responsabilité de l’automobiliste. « Même si le cycliste roule vite, c’est quand même à la personne qui est dans la voiture de s’assurer que le champ est libre ».

À Toronto, des cyclistes utilisent leurs sonnettes pour avertir un automobiliste de leur arrivée quand celui-ci s’apprête à ouvrir sa portière. Suzanne Lareau ne croit pas à cette méthode. « J’ai une sonnette forte, mais souvent les automobilistes n’entendent rien dans leur voiture avec la radio. »

Autre mesure qui semble être appliquée en Allemagne : on apprend aux jeunes conducteurs lors des cours de conduite à ouvrir leur portière avec leur main opposée pour se forcer à se tourner et regarder en arrière. « Une très bonne idée, lance Suzanne Lareau. Il y a effectivement un travail à faire dans les cours de conduite et j’espère qu’on enseigne aux jeunes conducteurs à s’arrêter aux passages piétonniers et à regarder avant d’ouvrir leurs portières ».

 

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Latest comments

  • Merci pour cet article bien documenté et intéressant. L’idée allemande est intéressante!

  • C’est vrai que la police te dit que puisque le véhicule n’était pas en mouvement, tu ne peux pas faire de réclamation à la SAQ!! Ça m’est arrivé et la policière m’a seulement conseillé de faire un rapport, que si dans 10 ans j’avais des séquelles de mon accident et que j’avais besoin de soins, je pourrais poursuivre celui qui a ouvert la portière, aux petites créances…

  • Un cycliste n’a pas pu évité une portière subitement ouverte. Le cycliste sans sort avec quelques ecchymoses et accepte les excuses de la passagère de l’automobiliste qui a ouvert la porte sans regarder.

    Quelques minutes après l’incident la compagnie d’assurance de l’automobiliste veut mettre la responsabilité de dommages causés à la portière sur le compte du cycliste.

    Le cycliste refuse en plaidant l’article 430 du code de la sécurité routière. L’assureur persiste en lui envoyant une mise en demeure pour rembourser les 1800$ pour la réparation de la portière accidentée.

  • Euh responsabilité de l’automobliste? il n’y a pas de portières sur un vélo… Mais peu importe l’amende donnée elle ne remplaçera pas votre vélo et ne guérira pas vos blessures. Claim the lane! les pollueurs impatients dépasseront quand il y aura de la place

  • Combien de fois qu’un cycliste zizague en arrière des voitures et pouf, arrivent de nul part, il se peut qu’ils ne soit pas vu lors de l’ouverture. Même chose d’un cycliste qui tourne un coin de rue et tout a coup, brûle la lumière ou le stop et apparait de nul part. D’autres fois, nous dépassons un cycliste sécuritairement (en doublant la ligne jaune pour sa sécurité) il vient nous rattraper à la lumière qu’il ne respecte pas, on le dépasse de nouveau et le rattrappe à la prochaine lumière en le dépassant de nouveau en traversant la ligne jaune et ainsi de suite, l’autre jour j’ai fait la masson de st-michel à iberville en con comme ça, les lumières c’est pas fait pour les chiens, surtout à la largeur des rues comme dandurand et masson sans compter qu’il y en a un paquet qui conduise leurs vélos en zazou en prenant 3 mètres de larges parce que pas capable de conduire en ligne droite. Bravo

  • S’il est vrai que de nombreux automobilistes se foutent des cyclistes, que dire de ceux qui se foutent à leur tour des piétons en circulant illégalement sur les trottoirs?

    Pour avoir déjà assisté à la fuite d’une cycliste après avoir renversé une piétonne qu’elle avait rouée de coups avant de s’enfuir précipitamment, force est de reconnaitre que les «chauffards sur deux roues» existent également et s’en tirent dans l’anonymat le plus total, faute de pouvoir les épingler sur le fait!

  • J’ai un ami, du haut de ses 6 pieds 2, qui a déjà arraché une portière d’une petite Suzuki.

    La dame a déclaré à ses assurances malgré le fait qu’elle n’avait pas de rapport de police – c’est possible de la faire sans problème – et ses assurances ont dit que le cycliste était responsable.

    Perso, j’me suis déjà fait ouvrir une porte de taxi dans une côte en montant entre les 2 files d’autos en mouvement. Les policiers disait que j’étais dans mon tort puisque j’étais entre les autos en mouvement et non pas à l’extrême droite de la chaussée (csr 487). Mais c’est ridicule; la voie de droite est pour ceux qui tournent à droite et moi je continuais tout droit, plus « safe » alors de passer à gauche comme tout les autos font. De plus, arrêter dans une côte n’est pas sécuritaire, les taxis ont à ma connaissance l’obligation de débarquer leurs clients à des endroits sécuritaire. Et la tite-dame, n’a pas regardé en ouvrant la portière, elle méritait son ticket de 52$ … Mais non, c’est moi le cycliste qui était dans le tort; vélo tordu, blesser à la main, dû prendre congé le reste de la semaine. Belle protection pour les cyclistes.

    Quand c’est une compagnie qui son seul but est faire du profit est le mandataire pour trouver la responsabilité des gens, son but sera évidement de ne pas payer, y’a t-il ici partialité? Moi, je crois que oui.

    Quand la police ne coopère pas en ne faisant pas de rapport et que les assurances admettent toujours la responsabilité aux automobilistes, quelles protections il reste aux cyclistes? Je l’ai déjà dit aux policiers; ils nous poussent à se faire justice soi-même.

  • On aurait dû lire : * admettent toujours la responsabilité aux cyclistes,

  • Je ne comprend pas, un cyclisme ma frappé lorsque j’étais stationné avec ma moto pres du trottoir et la SAAQ, la indenmiser.

  • J’ai une solution, que les cyclistes paie un droit d’immatriculation et permis pour rouler sur les routes et avec l’argent, les routes pourront être adapter aux cyclistes avec plus de polices pour faire respecter le code de la route pour les cyclistes car aujourd’hui, les cyclistes sont rois et maîtres sur les routes.

  • Avant qu’il n’y ait des voitures, les routes ont été celles des cyclistes à Montréal. Faut arrêter de penser que les automobilistes ont priorité partout et tout le temps, c’est faux, ils n’ont d’ailleurs AUCUNE priorité, sinon que de faire attention et de prendre les précautions nécessaires pour ne pas blesser / tuer quelqu’un. Il n’y a personne qui encourage un comportement à risque ou dangereux de la part de piétons, cyclistes, automobilistes… Le sujet ici est toujours juste qu’il faut « vérifier si la voie est libre avant d’ouvrir sa portières » pour un maigre 52$ d’amande… Et pour ne pas mettre la vie des autres en danger.

  • Ici, on parle « d’emportièrage ». Tout autre commentaire accusant le comportement des cyclistes est discriminatoire.
    Ainsi, nous ne pouvons présumer de l’état de vigilance ou d’esprit d’un automobiliste ou de ses passagers. De ce fait, il est primordiale de ce protéger par des attitudes préventives. À titre d’exemple, lorsqu’on travers une intersection nous ne devrions jamais franchir un feu vert sans s’assurer que la voie soit libre. Prévenir, c’est guérir!
    Pourtant, le code de la sécurité routière nous oblige à des risques lorsqu’il nous impose l’extrême droite de la route. Dans ce sens, la proposition de la PDG de Vélo Québec qui conseille aux cyclistes de rouler à 1 mètre des voitures stationnées, est une façon de faire que j’ai adopté depuis plusieurs années et lui propose de payer mes contraventions de 45$ par infraction. C’est le prix à payer pour se protéger!
    Pour tuer! en ouvrant une portière devant un cycliste, il en coûte que 52$
    Il y a là matière à réflexion ne trouvez-vous pas?

  • C’est un article écrit par une amatrice de vélo, utilisant des citations d’amateurs de vélo.
    Les cyclistes qui décident de rouler au milieu des voies de voiture et qui s’offusquent que l’on puisse leur demander de respecter les voies cyclistes méritent eux aussi des pénalités pour embouteillage et mise en danger d’autrui. Beaucoup ne respectent pas les feux, d’autres se croient tout permis.
    Étant aussi cycliste, je sais faire la part des choses et ne pas décider que le monde m’appartient en roulant où bon me semble afin d’accuser les autres lorsque je roule sur des voies destinées aux automobilistes. Une amende de 52$ est, à mon avis, stupide. Pire encore ceux qui voudraient la voire augmenter. Les cyclistes devraient arrêter de penser qu’ils sont le nombril du monde et devraient porter attention à leur entourage. Je le fais, j’enseigne aux autres à être attentif. Un conducteur peut faire de son mieux afin d’ouvrir sa porte de manière sécuritaire mais un vélo n’est pas toujours simple à voir, d’où la responsabilité du cycliste.

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