Widget Image
Dernières nouvelles
Restez en contact :
vendredi le 21 septembre
HomePolitiqueJean-Martin Aussant – « Le vote n’appartient pas à un parti »
Publicité

Jean-Martin Aussant – « Le vote n’appartient pas à un parti »

L’entrevue avec Jean-Martin Aussant devait se tenir en personne sur Masson. Après une annulation et un report, ça se fait au téléphone de sa circonscription de Nicolet-Bécancour où le député sortant élu sous la bannière du Parti québécois tente de se faire élire sous celle d’Option nationale. Parti qu’il a fondé en octobre 2011.

Après l’entrevue proposée par l’équipe de Pauline Marois, dans un souci d’équité envers les autres partis présents dans Gouin et Rosemont, RueMasson.com a fait une demande d’entrevue de 15 minutes aux autres chefs pour discuter des enjeux locaux. Voici l’entrevue avec Jean-Martin Aussant, chef d’Option nationale. On a aussi rencontré Amir Khadir co-porte-parole de Quebec solidaire avec Francoise David.

Les pancartes de Jean-Martin Aussant sont très rares dans le quartier et comporte des messages. Photo : RueMasson.com

Le chef de ce nouveau parti travaille très fort dans sa circonscription Nicolet-Becancour pour se faire réélire sous sa nouvelle bannière. Député sortant élu en 2008 pour le Parti québécois, il l’a quitté au printemps 2011 avec les Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Louise Beaudoin. « Je dois travailler très fort, car ce n’est acquis pour personne, le comté a passé de l’Union nationale au PQ, au Parti libéral et à l’ADQ au cours des 40 dernières années. Tous les partis qui existaient ont à peu près remporté une élection ici donc c’est toujours une course plutôt serrée », explique-t-il.

Les derniers sondages le donnaient vainqueur pour l’un et deuxième derrière le candidat de la Coalition avenir Québec pour l’autre.

Entente dans Gouin et Nicolet/Becancour

Si Option nationale a conclu une entente avec Québec solidaire pour ne pas présenter de candidats dans Gouin et vice-versa dans sa propre circonscription, il souligne que ce sont les associations locales qui ont pris cette décision.

« C’est une entente très locale et ponctuelle, davantage qu’un plan qui venait du national. Ce sont les militants de Québec solidaire dans la région de Nicolet qui ont décidé de ne présenter personne pour ne pas nuire à ma réélection comme chef. En voyant ça les militants de Gouin d’Option nationale ont décidé de rendre la pareille à Françoise David ».

Est-ce une bonne stratégie ? « C’est certain que les membres de Québec solidaire ici ne vont sûrement pas reporter leur vote vers le PLQ ou la CAQ. Je dirais qu’intuitivement ça ne peut pas me nuire. Dans Gouin, c’est un peu le même genre de calcul, mais il reste à savoir si les gens d’ON vont voter PQ ou QS, je l’ignore mais QS a fait le calcul que c’était sûrement avantageux pour eux ».

Le scrutin proportionnel

Le report des votes n’est pas aussi clair dans Gouin, Jean-Martin Aussant mentionne que ça démontre que le vote proportionnel est nécessaire. « L’idéal c’est que tous les partis aient des candidats partout avec leur plateforme et ce qui va nous amener vers ça, c’est la proportionnelle. On veut ce type de scrutin pour que partout au Québec les gens puissent voter pour ce qu’ils aiment et non pour ce qu’ils pensent est le moins mauvais de ce qu’ils détestent, un peu comme le vote stratégique nous invite à le faire. Malheureusement, les partis qui veulent la proportionnelle sont ceux qui tentent d’émerger, car tous les partis en place qui ont alterné au pouvoir n’en veulent pas ça leur enlèverait leur monopole. Il va falloir avoir l’audace de voter pour ceux qui veulent la proportionnelle pour se sortir de tout ça ».

Québec solidaire = Option nationale ?

Les plateformes des deux partis se ressemblent. Le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir est même allé jusqu’à dire que 90 % de la plateforme d’Option nationale était copiée sur celle de Québec solidaire. « C’est un peu prétentieux face aux militants d’Option nationale et surtout pas vrai, car il y a beaucoup de différence ».

Jean-Martin Aussant mentionne que la principale différence est que l’indépendance du Québec est la raison d’être d’Option nationale, alors que ce n’est pas le cas pour Québec solidaire. Cette différence est fondamentale pour le chef d’ON. « Évidemment, ils essaient d’être plus souverainistes que les souverainistes, c’est stratégique de leur côté d’aller chercher des votes en parlant de souveraineté. Ils font de la politique un peu comme tous les partis en font malheureusement. Il y a des fédéralistes dans Québec solidaire ».

La souveraineté à la base

Pour Option nationale, la souveraineté du Québec est donc à la base de leur programme et de leur existence. « L’indépendance va nous permettre de mieux gérer tous les autres dossiers, la santé, l’éducation, les infrastructures, le développement économique et plus ».

Si les observateurs ont tendance à situer ON à gauche, Jean-Martin Aussant n’est pas totalement d’accord. « Il y a plusieurs éléments qui pourraient être associés à la gauche dans notre plateforme, mais certains pourraient aussi être associés à la droite. Quand on parle de restructurer les Commissions scolaires et les agences de la santé, de rationalisation de l’État, c’est plutôt associé à une certaine droite sur le plan administratif et économique ».

Il ajoute que leur plateforme vise le bien-être collectif à travers une nationalisation des ressources naturelles et la gratuité scolaire. « Mais c’est aussi économiquement efficace, ce n’est pas parce qu’on est à gauche qu’on ne l’est pas. La gratuité scolaire, beaucoup pensent que c’est une dépense, mais c’est un revenu. Les gens vont plus longtemps à l’école et ils ont des revenus plus élevés. L’État reçoit plus d’argent ».

Objectif se faire connaître

Les candidats d’Option nationale comme Johanne Lavoie dans Rosemont veulent faire connaître le parti et son programme. Jean-Martin Aussant est le seul qui peut prétendre à se faire élire.

« En effet, quand on explique notre programme, les gens embarquent dans le projet. Il n’y a pas mieux qu’une campagne électorale pour se faire connaître. Plus on en parle mieux ça ira. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai été déçu de ne pas être invité au débat des chefs. C’était la première fois qu’un chef de parti représenté à l’Assemblée nationale était exclu. C’est contre la loi électorale de favoriser certains partis ».

Fusion avec Québec solidaire ?

Lors d’une entrevue avec La Presse, Amir Khadir a parlé d’une possibilité de fusion avec Option nationale après l’élection. Jean-Martin Aussant ne l’entend pas de la même manière. « Nous sommes le seul parti qui parle ouvertement de fusion avec un autre parti dans nos statuts, les autres en font de la politique. Amir a peut-être une stratégie derrière la tête quand il dit ça. Il espère que les gens vont voter pour QS. Il n’y a personne de purement angélique en politique, même pas les gens de Québec solidaire. Sauf qu’en attendant, on a chacun nos raisons d’exister ».

Et finalement sur la division du vote dont on accuse régulièrement QS et ON, il la récuse totalement. « On ne divise pas le vote, on le clarifie. Comme si le vote appartenait à un parti de droit divin et que les autres viennent lui diviser son vote. Il faut se sortir de cette mentalité de politique bi-partisane. La solution c’est la proportionnelle, et comme par hasard, les vieux partis qui crient à la division du vote y sont opposés. C’est un cercle vicieux dont il faut avoir l’audace de se sortir», conclut-il.

 

 

Latest comments

  • Pour contribuer à l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel, je vous invite à soutenir la campagne du Mouvement pour une démocratie nouvelle qui propose un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. Pour consulter la proposition, voir les noms des personnes et organismes qui la soutienne (près de 800 ce qui représente plus d’un million de personnes) et ajouter le vôtre: http://www.democratie-nouvelle.qc.ca et joindre les rangs du MDN http://www.facebook.com/DemocratieNouvelle
    http://twitter.com/#!/MDNinfo

  • « On ne divise pas le vote, on le clarifie. (…) La solution c’est la proportionnelle, et comme par hasard, les vieux partis qui crient à la division du vote y sont opposés. C’est un cercle vicieux dont il faut avoir l’audace de se sortir»

    C’est faux, Option National divise le vote. Comment pourrait-il le « clarifier »?

    Pour s’en sortir, il faut en premier lieu établir un scrutin proportionnel. Ce qu’Option National ne fera pas, puisqu’il est clair qu’il ne formera pas le prochain gouvernement. Dans ce sens, il ne sert absolument à rien de voter pour Option National, sauf peut-être dans Nicolet-Bécancour…et encore. Le PQ veut aussi instaurer un mode de scrutin proportionnel, mais par le biais d’un référendum, ce qui est beaucoup plus réaliste.

  • À Christian,

    Malgré le fait que nous ne soyons pas dans un mode de scrutin proportionnel, tous les votes pour un parti politique compte. C’est un façon clair de dire au prochain gouvernement: « Voici ce que je veux d’un prochain gouvernement, ce à quoi j’aimerais que le Québec aspire à devenir ». Option Nationale me rejoint plus que le Parti Québecois, je vote Option Nationale. Le vrai vote perdu, c’est le vote stratégique car c’est de donner un chèque en blanc au parti bénéficiant de ce vote, chose que je ne suis pas prêt de faire pour le PQ, la CAQ ou le PLQ. Si vous souhaitez le faire, libre à vous mais ne pleurez pas quand vous allez demander quelques choses au gouvernement et qu’il vous répondra: «Vous avez voté pour nous, vous avez donc voté pour notre plateforme et donc, nous allons l’appliquer sans vous consulter.»
    Votez selon vos convictions, c’est le meilleur choix que vous pouvez faire.

leave a comment

Publicité