Françoise David veut décrocher Gouin

Par -

Françoise David fait campagne pour une troisième fois sous la bannière de Québec solidaire dans la circonscription de Gouin et affronte le député sortant Nicolas Girard du Parti québécois en autant de fois. Celle qui se définit comme une citoyenne engagée sent que la circonscription est une prise réaliste cette fois-ci pour le parti de gauche, qui a pris du galon depuis quatre ans.

Françoise David se présente dans Gouin pour la troisième fois. Photo : Cécile Gladel/RueMasson.com

Des entrevues sont réalisées avec l’ensemble des personnes candidates des circonscriptions de Gouin et Rosemont. Pour lire tous les articles sur les élections provinciales et les entrevues, participer à notre campagne, Votez! Ça compte et obtenir l’ensemble des informations nécessaires pour voter visitez notre page spéciale.

« Les gens ont vu ce qu’un seul député de Québec solidaire a pu faire. Et on me dit qu’il est clair qu’il a besoin de renfort », de dire Françoise David, persuadée que le travail portera ses fruits.

Sur le terrain, la co-porte-parole du parti affirme que le chemin parcouru depuis la création de Québec solidaire est bien visible. Nul besoin de se présenter désormais et Françoise David attribue cette reconnaissance à son implication dans Gouin, tant dans les événements citoyens qu’auprès des organismes. Depuis le débat des chefs, sa notoriété a encore augmenté d’un cran. Tout le monde a salué sa performance, même son principal adversaire, Nicolas Girard.

« Élue ou pas, je suis une citoyenne engagée. J’aimerais bien que les gens m’élisent maintenant parce que ça me donnerait beaucoup plus de moyens pour faire davantage ».

Au niveau national, Québec solidaire met de l’avant plusieurs enjeux : la protection de la langue et culture française, la souveraineté du Québec, un pays plus juste et écologique avec une meilleure gestion des ressources naturelles et la création d’emplois dans les domaines de l’environnement et des services. La gratuité scolaire du primaire à l’université est aussi l’un des fers de lance de la formation de gauche.

On parle aussi de la protection des aînés, de leur retraite, leur  maintien à domicile, de Pharma-Québec et d’un régime d’assurance médicaments public.

Les enjeux locaux

Bien ancrée dans Rosemont-La Petite-Patrie, Françoise David cible  la lutte aux inégalités, le logement, l’éducation et l’instauration d’un système politique proportionnel. « Il y a un appétit dans Gouin pour une autre politique. Plusieurs gens de mon quartier ne veulent plus se contenter du statu quo », affirme Mme David.

Depuis ses fonctions de présidente de la Fédération des Femmes du Québec, la co-porte-parole de Québec solidaire poursuit un combat contre les inégalités sociales. Elle entend d’ailleurs en faire une priorité si elle accède à l’Assemblée nationale. « C’est le combat de ma vie. Il faut mettre fin à la pauvreté. C’est indigne de nous de penser qu’il y a encore des enfants qui ont faim en arrivant à l’école ou qu’il ne reste plus rien dans le frigo de plusieurs personnes à la fin du mois ».

La formation propose également de livrer 50 000 logements sociaux en 5 ans et forcer chaque nouveau projet de développement immobilier à inclure un volet logement social. Cette mesure touchera la circonscription de Gouin.

Françoise David suggère un seuil de 30% de logements sociaux dans tous les projets immobiliers d’envergure. Dans Gouin, deux projets seraient visés par cette mesure: le site Bellechasse et le site Alexandra-Beaumont. « Je vais vous dire pourquoi. Il n’y a pratiquement plus de terrain vacant disponible. La circonscription est très peuplée » a-t-elle expliqué.

La candidate espère également que l’on développe davantage les maisons de naissance. Une demande du milieu dans Rosemont-La-Petite, où il n’y en a pas. « Quand on forme des gens, il faut leur donner un lieu de travail. Certaines sont formées et doivent ou bien aller travailler dans des hôpitaux ou encore abandonner leur pratique. C’est aberrant! »

Combat de générations?

Québec solidaire a été très présent dans les manifestations du printemps. Dans le quartier, Françoise David a aussi participé aux manifestations de casseroles. Pour elle, l’enjeu est devenu bien plus qu’une question de droits de scolarité.

Et bien que plusieurs jeunes gravitent autour du parti, qui compte le plus grand nombre de jeunes candidats, Québec solidaire refuse d’être le parti d’une seule tranche démographique. « Vous savez, il n’y a pas une jeunesse québécoise comme il n’y a pas une sorte de baby-boomers. Québec solidaire est le parti de la génération des audacieux et il n’y a pas d’âge pour ça. J’ai marché avec autant d’étudiants que de jeunes familles ou des retraités », réplique Françoise David.

Elle estime que le « printemps érable » a démontré que les citoyens en ont assez et que Rosemont-La Petite-Patrie a été l’un des quartiers où il y a eu le plus de marches aux casseroles, avec plus de 600 portes affichant des carrés rouges.

L’infatigable

Âgée de 64 ans, Françoise David n’a ni le sentiment, ni l’intention de cesser de militer dans un proche avenir. Elle entend au contraire poursuivre son implication et son engagement. Elle estime également que l’âge ne change rien, si ce n’est l’expérience qu’il représente.

« Je fais quand même un peu plus attention pour ne pas dépasser mes limites, mais j’ai le goût de travailler pour mes citoyens, comme je l’ai toujours fait, mais de manière différente. J’ai le goût d’un vrai travail en commissions parlementaires. J’ai le goût de faire avancer des projets de loi : ceux du gouvernement qu’on peut toujours bonifier et des projets d’initiatives privées ».

Françoise David connait bien Gouin où elle se présente pour la troisième fois et où elle réside depuis plus de 30 ans. Son fils est allé à l’école Saint-Marc sur la 1ere Avenue, elle s’est impliquée au sein du Comité de parents. Celle qui détient un baccalauréat en service social de l’Université de Montréal a travaillé pendant de longues années au sein du mouvement des femmes.

C’est sous sa présidence que la Fédération des femmes du Québec a initié la marche des femmes contre la pauvreté, Du pain et des roses en 1995 et en 2000 la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes. Élue en 1994, elle sera présidente de l’organisation jusqu’en 2001. Elle fut ensuite la porte-parole d’Option citoyenne qui a fusionné en 2006 avec l’Union des forces progressistes pour former Québec Solidaire.

 

5 commentaires à Françoise David veut décrocher Gouin

  1. Mme David souhaite-t-elle décrocher Gouin comme un bibelot ou comme un bijou qu’elle « porte » à l’effigie du carré rouge… ? ?Trouvez l’erreur !

  2. Thérèse Gsuthier

    Je vote pour vous Mme Françoise David pour votre forte personnalité et vos convictions profondes. Vous luttez contre la pauvreté des femmes et j’aime ça. Je suis certaine que vous allez être bonne en commission parlementaire et je v eux vous y voir..c’est ce que je vous souhaite de tous mon coeur. Thérèse

  3. Nicole Gascon

    Mme David rêve en couleurs. Elle n’a pas beaucoup de chance d’être élue. M. Girard est très fort dans ce comté. De toute façon, quêbec solidaire est dêconnectée de la réalitê. Imaginez-vous donc que Mme David veut que les pauvres mangent bio. On travaile à deux, et on n’arriverait pas à se nourrir de bio.

  4. Mme Gascon,
    Il est possible de faire baisser les coûts du bio lorsqu’on le cultive à plus grande échelle et localement. La raison pourquoi le bio est cher présentement est une question d’efficacité et de transport, hors, le parti propose des mesure efficace au niveau des transports et finalement, en minimisant les transports à grande distance, il est possible de réaliser de bonnes économies.

    pour référence, j’ai eu un cours de jardinage biologique cet été.

    Alain

  5. Travaillons en commun pour la souveraineté
    Pour ceux qui y adhèrent, un parti politique ne procurera jamais un trajet « sur mesure » pour répondre à leurs aspirations. Il offrira cependant un itinéraire qu’on adaptera suivant les événements (pressions internes ou externes) qui se présenteront au gré du temps. De là découleront le choix des stratégies à envisager, les éternels et souvent cruels compromis en vue de l’accomplissement d’un projet commun.
    Si la situation devient intolérable pour certains membres, il leur restera l’option d’adhérer à un autre parti ou d’en créer un nouveau, au risque, tôt ou tard, de faire face à d’autres renoncements. Plus valables seront les motifs invoqués, plus noble sera leur action. Il faut avoir le courage de ses convictions.
    Pour d’autres, l’union des forces comptant avant tout, ils continueront l’aventure à l’intérieur du même parti. Après tout, il y aura toujours possibilité de se rajuster en cours de route si le chemin devient trop cahoteux ou tortueux. Ils garderont en eux cette idée que plus grand est le dessein, plus lourd et plus long en sera l’accomplissement.
    Dans les deux cas, le but premier étant le même, la « souveraineté du Québec », ne vaudrait-il pas mieux pousser les efforts dans la même direction ? C’est en affichant une détermination commune qu’on pourra vaincre les réticences chez les indécis. Peut-être, serait-ce là, un bon moyen pour provoquer les circonstances.
    Nous avons trois choix :

    Élire un parti qui prône l’intégrité mais pas la souveraineté
    Élire un parti qui prône l’intégrité et la souveraineté
    Voter pour un parti qui prône, l’intégrité et la souveraineté mais qui a peu de chance d’accéder au pouvoir
    D’après moi, Il faut élire le parti souverainiste qui aura le plus de chance de sortir vainqueur au prochain scrutin. . Ce n’est pas la CAQ ou le Parti Libéral qui défendront le mieux nos droits identitaires.
    Pour ceux qui souhaitent accélérer le processus, deux questions se posent :
    Vaut-il mieux attendre un autre mandat en mettant le projet souverainiste en veilleuse ?
    Vaut-il mieux travailler en commun à promouvoir le projet de souveraineté sous un gouvernement souverainiste ?
    Quelque soit le choix, il n’y a pas de certitude dans la démarche à prendre car il faut considérer qu’une moitié de Québécois n’adhère pas à cette option. Le jour où nous serons prêts à devenir un pays sera celui où une majorité de citoyens seront déterminés à quitter le giron fédéral, devenu trop étouffant, pour regagner leur identité collective. A ce moment-là, le coût d’un référendum ne sera plus une excuse mais un investissement. Après tout, ne sommes-nous pas une vraie famille détenant ses propres valeurs.
    H Bourassa

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>