Québec solidaire veut contrer le vote stratégique (MàJ)

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Québec solidaire a décidé de lancer une campagne pour contrer le vote stratégique. Dans un dépliant distribué aux portes de la circonscription de Gouin par Françoise David et à moins grande échelle dans celle de Rosemont, un feuillet a été ajouté pour expliquer que des députés solidaires ne favoriseront pas l’élection d’un gouvernement libéral.

Voir en fin de texte la MàJ sur les échanges entre Jean-François Lisée et François Saillant

Le dépliant distribué dans Gouin par Québec solidaire. Photo: RueMasson.com

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Chiffres à l’appui, il est écrit dans le feuillet en question qu’il est mathématiquement impossible que l’élection de députés de QS mène à un gouvernement libéral, car le mode de scrutin avantage le Parti québécois. « Même quand les libéraux et les péquistes sont au coude à coude dans les sondages, c’est le Parti québécois qui obtient le plus de sièges …», peut-on lire en prenant l’exemple de trois élections en 1981, 1994 et 1998.

Le journaliste du Journal de Québec Taïeb Moalla a demandé à Jean-Marc Léger si les chiffres de Québec solidaire étaient véridiques. Il lui a répondu qu’ils étaient incomplets et que ce n’était pas aussi simple, car Québec solidaire ne gagnerait des sièges qu’en battant des péquistes comme dans Gouin. Explications ici sur le blogue de Taïeb Moalla.

De son côté, le Parti québécois tient à ces sièges pour s’assurer d’obtenir un gouvernement tant minoritaire que majoritaire.

Par ailleurs, toujours sur le blogue Élections du Journal de Montréal, Bryan Breguet modère les explications de Jean-Marc Léger et pense que Québec solidaire n’a pas totalement tort.

Les candidats de Rosemont se répondent

Sur cette même question du vote stratégique, les candidats du Parti québécois et de Québec solidaire se sont répondus par la voie de leur blogue.

Sur son blogue de L’actualité, Jean-François Lisée répondait à un tweet de François Saillant qui affirmait que le plus gros adversaire de Québec solidaire dans Rosemont était le vote stratégique. Voici un extrait de ce qu’a écrit Jean-François Lisée : « C’est clair. Pour François, la victoire du PQ est tellement certaine dans Rosemont (merci pour ce vote de confiance) que les électeurs de gauche peuvent voter “sans crainte” pour QS, puisque cela ne fera pas élire les libéraux ».

François Saillant lui répond sur son site : « Je ne te concède pas la victoire. Ce que j’affirme, c’est que les partis se réclamant de la souveraineté ou de l’indépendance du Québec sont tellement forts dans Rosemont que ni le Parti libéral (qui, tu l’avoueras, mène une campagne bien timide dans notre comté) ni la CAQ ne peuvent l’emporter, d’autant plus qu’eux aussi se divisent des votes, ceux des fédéralistes. »

Dans une entrevue au Granby Express, François Saillant y déplore le vote stratégique.

MÀJ : Jean-François Lisée continue à écrire sur le vote stratégique sur son blogue et à en discuter avec François Saillant.

Extrait de la lettre de François Saillant: «Laisser croire que la candidate libérale pourrait gagner dans Rosemont est risible, surtout quand on sait qu’elle fait une campagne minimale, sans espoirs de victoire. Est-ce tout ce qui reste comme argument au PQ et à un intellectuel de ton calibre pour convaincre les électrices et les électeurs de demeurer dans le giron péquiste? Dans ce cas, ce n’est plus risible, c’est triste!»

Extrait de la réponse de Jean-François Lisée : « Mais il est mathématiquement tout à fait possible que QS, qui fait une campagne très active dans Rosemont, fasse basculer assez de vote pour fragmenter le vote souverainiste jusqu’à ce qu’il soit suffisamment en morceaux pour que la candidate libérale nous double au fil d’arrivée.»

1 commentaire à Québec solidaire veut contrer le vote stratégique (MàJ)

  1. La nécessité du vote utile dans le système politique québécois

    Dans un système politique démocratique, chaque individu devrait pouvoir voter pour les valeurs qu’il désire mettre de l’avant et savoir que son choix sera pris en considération. Le système politique québécois oblige cependant plusieurs personnes à choisir entre voter pour le parti qu’ils veulent ou celui qui a le plus de chances de former le gouvernement le plus proche de leur valeur.

    Deux cas montrent bien ce choix difficile. Le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, veut mettre la souveraineté à l’avant-plan. Or, un vote à Option nationale ôte un vote au Parti Québécois qui a deux fois essayé de faire cette indépendance et qui est actuellement le parti favori pour gagner les élections selon les derniers sondages. La même chose se produit pour la communauté anglophone qui voit son parti traditionnel, les libéraux, en perte de vitesse. Voter pour un candidat libéral pourrait permettre à un candidat du Parti Québécois d’être élu à la place d’un de la Coalition avenir Québec.

    Le système politique québécois est décrit comme une démocratie du type représentatif. Le terme démocratie est peut-être un peu fort pour désigner un système ou les députés sont souvent élus alors qu’ils n’ont pas récolté la majorité des voix dans un comté. Au Québec, les élections ne permettent qu’occasionnellement à la majorité des électeurs d’approuver ou de rejeter les orientations politiques de leur gouvernement. Dans le système québécois, la proportion dans laquelle la population vote pour un parti n’amène aucun pouvoir politique quand le candidat n’est pas élu.

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