Manifestations et députés : la subtilité des mots

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L’arrestation du député de Québec Solidaire, Amir Khadir, fait les manchettes. Sa co-porte-parole, Françoise David, candidate pour le même parti dans la circonscription de Gouin, se questionne sur la réaction de la chef du parti Québécois Pauline Marois et la participation des députés du PQ à ces manifestations illégales, mais non déclarées comme telles par la police.

Louise Beaudoin au départ de la manifestation de mercredi dernier avec l'ancien conseiller municipal du Vieux-Rosemont Gilles Grondin et Hélène Dagenais, directrice générale de l'Entre-Gens. Photo : RueMasson.com

La députée de Rosemont, Louise Beaudoin, a participé à la manifestation de casseroles de mercredi soir dernier. « Et je participerai encore cette fin de semaine s’il y en d’autres », a-t-elle commenté par téléphone à RueMasson.com. Cependant, elle souligne que si la police déclarait la manifestation illégale et demandait aux gens de se disperser, elle s’en irait immédiatement.

Ce qui n’a pas été fait, puisque les policiers du poste 44 n’ont déclaré aucune manifestation de casseroles illégale même si dans les faits elles le sont puisqu’aucun itinéraire n’est donné aux forces policières et que les rues sont bloquées. Généralement les policiers accompagnent les manifestants pour leur sécurité. Plusieurs ont souligné à RueMasson.com qu’ils ne les déclaraient pas illégales, car elles sont pacifiques, que ce sont des gens du quartier et qu’il n’est pas question de jeter de l’huile sur le feu.

Pour Françoise David, Pauline Marois joue sur une subtilité. « Dans la majorité des cas, il n’y pas de policiers, et ils ne disent pas que c’est illégal, mais tout le monde sait que c’est illégal. Est-ce que madame Marois ne joue pas sur les mots ? Les députés sont dans l’illégalité même si la police n’a pas pris soin de les déclarer comme tels. C’est une attitude un peu mesquine de la part de Mme Marois », souligne-t-elle.

« Quand je marche le soir, je n’essaye pas de faire croire que je ne sais pas que c’est illégal et tout le monde le sait. Visiblement la police de Montréal a choisi de ne pas intervenir et je les en remercie », ajoute Françoise David.

Le député de Gouin, Nicolas Girard a aussi participé à plusieurs manifestations de casseroles dans le quartier. « À aucun moment les policiers n’ont dit avec des hauts parleurs que la manifestation était illégale et s’ils l’avaient fait, je serais parti. Si les forces policières ne nous l’indiquent pas, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas y participer. Hier soir à Québec la police a indiqué qu’il fallait se disperser », explique-t-il.

Le député se souvient d’avoir vu des policiers au parc Molson qui n’ont jamais demandé à la foule de se disperser. « S’ils l’avaient demandé, je l’aurais fait. Il ne faut mélanger des pommes et des oranges. Lorsque les policiers demandent de se disperser, ce n’est pas la même chose que les manifestations de casseroles. Agnès Maltais a participé à des manifestations à Québec et a quitté lorsque la police les a déclaré illégales », termine-t-il.

1 commentaire à Manifestations et députés : la subtilité des mots

  1. J-P Pauzé

    «Pour Françoise David, Pauline Marois joue sur une subtilité.»
    C’est précisément à cause de ce genre d’opportunisme politique de mauvais aloi (ou «cheap», en bon québécois) que je n’aime pas Françoise David et que je ne voterai jamais pour elle.

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