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Être militant ou ne pas l’être : François Saillant publie Le radical de velours

François Saillant publiait au début du mois d’avril Le radical de velours : parcours militant. Quelques jours après l’un des plus grands rassemblements de l’histoire québécoise, l’homme derrière le militant revient sur le chemin parcouru depuis sa première manifestation à l’âge de… 16 ans.

François Saillant en pleine action militante. Photo : Patrick Landry

Les lignes de piquetage, il connaît. François Saillant s’y frotte pour la première fois en 1967 aux côtés de membres du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), alors que le Train de la confédération parcourt le Canada d’est en ouest pour commémorer le centenaire du pays.

Et depuis, son engouement pour la Cause ne s’est jamais tari: il était du Rassemblement pour le bien commun qui a eu lieu le dimanche 22 avril dernier, en honneur du Jour de la terre, pour marcher dans les rues de Montréal avec les quelque 300 000 personnes qui ont répondu positivement à l’appel des organisateurs.

Le candidat de Québec solidaire dans Rosemont et coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) raconte dans Le radical de velours l’histoire de son implication citoyenne, depuis sa naissance dans le quartier Saint-Sauveur en basse-ville à Québec, jusqu’à son engagement social et politique actuel : « C’est un parcours militant, dit-il, c’est vraiment ça, c’est un récit des luttes qui se sont déroulées au Québec. Et là-dedans évidemment, je me raconte un peu. »

Son calme et sa force tranquille tranchent avec les opinions parfois radicales et les actions militantes décrites dans l’ouvrage. C’est Josée Boileau dans Le Devoir qui avait qualifié François Saillant de « radical de velours » dans un article publié en 2001 qui portait le même titre : « Le qualificatif m’avait alors un peu surpris. Je le fais maintenant entièrement mien », écrit-il dans le prélude de son ouvrage.

La lutte au coeur de l’action

Loin de l’autobiographie, le livre a été publié chez un nouveau venu de l’édition québécoise, M éditeur, qui amorce sa collection « Militantismes » (les autres collections partagent aussi cette lettre : « Mobilisation », « Mouvements » et « Marxismes ») avec l’ouvrage de M. Saillant.

Et comme son nom l’indique, la collection souhaite publier des portraits de militants. Cependant, au-delà du portrait, Le radical de velours tente de jeter de la lumière sur plusieurs des luttes que le Québec a connues, et près de 45 ans après ses premières armes avec le RIN, François Saillant est toujours aussi déterminer à propos de l’importance de se rassembler pour faire bouger les choses.

« Au moment de débuter ce livre, écrit Saillant, je me rends compte jusqu’à quel point il me sera difficile d’écrire à la première personne du singulier, moi qui, depuis des décennies, utilise davantage le « Nous ». Ça le sera d’autant plus que l’histoire que je vais raconter n’est pas seulement la mienne, mais celle de bien d’autres personnes avec lesquelles j’ai pendant toutes ces décennies, partagé luttes et espoirs. »

D’ailleurs, attablé autour d’un café sur la rue Masson, François Saillant n’hésite pas à évoquer les militantes et militants qui l’ont inspiré, Madeleine Parent disparue récemment, qu’il a eu le plaisir de côtoyer, ou encore Françoise David au contact de laquelle il a compris l’importance du féminisme. Bref, ils sont nombreux dans son ouvrage à trouver une place de choix dans son implication militante.

François Saillant est un citoyen engagé avant tout. Et il a aimé l’expérience de l’écriture : « J’ai aimé ça faire ça, c’est un projet que j’avais, je me disais toujours, je ferai ça à ma retraite, mais sa commande [de l’éditeur] m’a obligé à le faire, et j’ai pris du plaisir. J’ai beaucoup d’archives et ça m’a permis de piger dans tout ça », ajoute-t-il.

Et l’écriture est dans ce cas-ci un moyen pour lui de se faire davantage connaître des citoyens de Rosemont, bien sûr, mais également de la population en général : « J’ai essayé plus de faire ce livre-là pour des gens qui ne me connaissent pas et j’ai essayé de le faire le plus simple possible », souligne-t-il. Si sa prose n’est pas des plus flamboyantes, il est militant avant tout ne l’oublions pas, c’est le message de justice sociale et l’image du militant au coeur d’or qui transcendent les mots et dont le lecteur se souviendra.

Du militantisme à l’implication politique : le plaisir

Interrogé sur le titre de son ouvrage, François Saillant répond : « Mon militantisme à moi est radical, c’est vrai, mais quelque part, ça prend de la conviction, une conviction profonde, je dirais que ça prend de l’acharnement aussi, de la persévérance. » Si selon lui certains militantismes ne durent pas dans le temps, ils n’en sont pas moins précieux que les autres, comme les étudiants actuellement, mentionne-t-il, lui qui portait lors de l’entrevue deux carrés rouges : sur son manteau et sur sa chemise.

Le radical de velours est divisé en cinq chapitres, comme autant de luttes, de combats dont l’auteur a voulu témoigner. Après un bref résumé de sa jeunesse et de ses balbutiements comme militant, l’auteur décrit sa lutte pour le logement social au FRAPRU, puis son implication indéfectible à combattre les injustices et sa forte mobilisation pour les droits des autochtones, avant de s’attarder dans le dernier chapitre, « Prendre parti » à son implication politique.

C’est au Parti Québécois dans les années 1970 que son action politique s’amorce : « Je suis passionnée de politique, je veux que le Québec devienne un pays et le nouveau parti me semble être le véhicule pour y parvenir », écrit-il à propos de cette époque. Vite désenchanté, il s’engage dès 1977 auprès d’En lutte, groupe marxiste-léniniste, dont Charles Gagnon est le principal dirigeant. Cinq ans plus tard, le groupe est dissolu et François Saillant continue de militer de manière non partisane.

S’il n’a jamais cessé de travailler et militer pour le FRAPRU, c’est finalement en 2006, lors de la création de Québec solidaire qu’il se lance dans la politique active.  « Je me convaincs en me demandant comment je serais en mesure d’inviter d’autres personnes à devenir candidates, si je refusais moi-même de la faire », écrit-il. Résidant de Rosemont depuis 1993, François Saillant sera le candidat du parti de Françoise David et Amir Khadir pour la troisième fois depuis 1997.

C’est un homme résolument heureux de son parcours et du travail accompli que lequel les (é)lecteurs de Rosemont retrouveront dans Le radical de velours : « J’éprouve plus de plaisir maintenant à l’égard de faire ce que je fais et, pour moi c’est important. La vision du militant missionnaire qui se sacrifie ne doit pas être un militantisme très efficace, il faut avoir du plaisir à faire ça et en retirer quelque chose ».

 

Le radical de velours : un parcours militant

M éditeur, Ville Mont-Royal, 2012, 192 pages

 

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