IRONMAN : en quête de Motivation

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La baisse de motivation est l’ennemi numéro 1 du Ironman en devenir. Ennemi comme Boston l’est pour Canadien. Comme Darth Vader l’est pour Luke Skywalker. Comme les Upper le sont pour les Lower. Le froid, la fatigue ou la couleur de ses shirts qui ne fitte pas avec son maillot, toutes les raisons sont bonnes pour « oser » manquer un entrainement. Même la poudre magique n’y peut rien.

Si vous manquez de motivation, le Diable du Tour s'occupera de vous! (Crédit: Flickr - Edward Madden / dotcycling.com)

Un des fondateurs de RueMasson.com fera le Ironman de Mont-Tremblant en août 2012. Éric Noël, l’homme derrière Julien Trudel, va s’entraîner jour et nuit comme un mésadapté social jusqu’à l’atteinte de l’objectif ultime. Et puisque faire un Ironman n’est pas suffisant pour combler l’égo de cette grosse tête, il essayera de se qualifier pour le Championnat du monde qui a lieu chaque année à Hawaii. Sa devise : « Courir avec les pros? Tassez-vous j’arrive ! ».

Lors d’une de ces phases à plat, deux solutions s’imposent: aller prendre un pot Mason à la Distillerie #3 avec un ami que tu n’as pas vu depuis six mois et se taper une bonne soirée de vidéos YouTube!

Mais attention, pas des vidéos de chars pimpés ou de chats qui dansent wow-c’est-dont-bin-cute-j’en-veux-douze. Mais plutôt des vidéos de grands moments sportifs, comme l’arrivée triomphale de Graig Alexander au Ironman d’Hawaii l’an dernier ou des classiques de Lance Armstrong comme le col de la Sestrière en 1999, le mont Ventoux en 2000, la très célèbre ascension à Luz Ardiden en 2003 ou l’incroyable contre-la-montre à l’Alpe d’huez en 2004 au milieu de la marée humaine… S’il y avait autant de monde à « l’incontournable » vente trottoir de la Promenade Masson, on serait en business. Mais c’est tellement plate quand on compare au Tour de France. Même Didi Senft, le Diable du Tour muni de son trident, ne saurait quoi en faire.

Des moments historiques où l’on sent la force, la douleur et la détermination des compétiteurs. Le tout du confort de son lazy-boy, le son dans l’tapis, avec une assiette de fruits frais. C’est tout ce qu’il faut pour retrouver la motivation jusqu’à l’objectif ultime. Ça, pis une petite tartelette aux fruits du Première Moisson. Mais pas trop souvent.

Weight Watcher – vous gagnez lorsque vous perdez!

Le poids corporel est un facteur crucial dans l’atteinte des plus hauts niveaux Ironman. Tel un mannequin trop maigre mangeant que du céleri, le Ironman aux grandes aspirations adhère à la théorie que tous les grammes superflus sont à éliminer. Imaginez avoir à trainer un surplus de poids d’un kilo sur 3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42,195 km de course. Le kilo est devenu des tonnes en trop. Imaginez deux, trois, sept kilos en trop! Des tonnes de chair humaine totalement inutile, un fardeau qui ralentit les élans de grandeur de ces maniaques de performance.

Vérifier son poids devient une obsession: le matin, le soir, avant souper, après nager, frais raser, 2-3-4-32 fois par jour, les jeux sont faits, rien ne va plus. Apple devrait développer une application « iBalance – the Ironman special edition ». Succès garanti.

Le poids de la déshydratation

DING-DING! C’est l’heure de la pesée officielle du pré-entrainement vélo: « Dans le coin gaucccche, portant le bib noir trrrrès moulant, mesurant 5 pieds 8 poucccccces et demi et pesant 75 kilos… Acclamé le seul, l’unique, monsieur l’Ironman en devenir, mister the Ironman in training! » *Cris hystériques et sifflements stridents. YOU ROCK MAN!*

À haute intensité, on peut perdre une quantité phénoménale de sueur tel un homme-robinet. Un petit calcul vite-vite: chaque kilo perdu égale un litre de sueur évacué. Après un entrainement par intervalles du tonnerre d’une heure trente sur la fusée routière, la pesée officielle post-entrainement donne un poids final de, attention roulement de tambour… 73 beaux kilos d’os et de chair. Une perte nette de deux kilos à laquelle il faut ajouter les deux bidons de 500 mL de liquide consommé lors de l’entrainement pour un total de trois kilos, donc trois litres de sueur éparpillée un peu partout sur le plancher de bois franc. Ça vous semble beaucoup? Pas tant que ça si on compare à un petit 32 km de course sous le soleil de plomb d’Old Orchard en juillet.

C’est quoi le but de l’affaire? Se peser avant et après les entrainements permet d’établir un plan d’hydratation crédible pour les entrainements et courses à venir. Le plan sert à contrer la déshydratation et/ou la surhydratation. La surhydratation, oui-oui. Vous avez déjà entendu parler de gens qui meurent « noyés » car ils se sont trop hydratés? Ce sont des choses qui arrivent, mais pas encore dans le Vieux-Rosemont.

La douleur de l’intervalle violent

C’est quand les jambes brûlent et ne suivent plus les poumons, quand la vision devient trouble et floue, quand le coeur se débat à exploser qu’on réalise à quel point il est agréable de souffrir. Et c’est dans cette jouissive souffrance imprégnée de beauté qu’on atteint l’Illumination du Coureur. Toujours plus vite toujours plus fort, cette phrase de Steve Prefontaine nous revient en tête encore et encore: « The only good race pace is suicide pace, and today looks like a good day to die. » Quelle course tout de même aux Olympiques de 1972. Tu l’aurais eu ta médaille à Montréal, Pre. La moustache toujours dans le vent.

Total des heures d’entrainement cette semaine : Beaucoup. Après 14 semaines : beaucoup trop.

 

Dans la même série :

IRONMAN : l’objectif ultime

IRONMAN : Le confort du LazyBoy

IRONMAN : La Poudre Magique

2 commentaires à IRONMAN : en quête de Motivation

  1. Me semblait aussi qu’il te restait quelques kilos à perdre… lol

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