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lundi le 24 septembre
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Longue Vue nous transforme en « voyeur » à travers le monde

Longue Vue n’a aucun rapport avec l’astronomie et ne vous permettra pas d’observer le ciel, mais des milliers d’inconnus partout dans le monde. On devient voyeur et acteur. L’œuvre de Marie-Christiane Mathieu a pris ses quartiers dans la nouvelle aile du Collège de Rosemont et s’offre chaque jour au regard des étudiants et des curieux. Une manière efficace d’intégrer l’art à l’éducation tout en faisant rêver et voyager.

Photo : Annabelle Moreau/RueMasson.com

Il faut le voir pour le croire : Longue Vue est constituée d’une loupe géante, qui grossit des images captées en temps réel d’une trentaine de grandes villes du monde, dont San Francisco et Las Vegas, comme autant de points de vue et permet une incursion dans le quotidien de milliers d’inconnus. Un écran LED retransmet les images de paysages urbains et fait le lien entre les Montréalais et les habitants des villes choisies.

L’artiste a choisi 30 caméras dans 30 villes différentes et l’écran est connecté à internet pour relayer les images des caméras choisies. L’artiste a simplement sélectionné 30 caméras existantes et projette les images en temps réel (via le web) sur l’écran géant. Ce sont toujours les mêmes caméras, sauf que les images changent en fonction du moment de la journée. Le web est la base de l’oeuvre qui fonctionne comme un ordinateur pour faire le diaporama des images sur l’écran géant.

Le spectateur se positionne ainsi étrangement en voyeur, mais également comme citoyen du monde à part entière, puisque Montréal est l’une des villes mises en images. Le résultat a de quoi surprendre, l’œuvre étant installée derrière les hautes baies vitrées du nouveau pavillon, et il faut plusieurs minutes au badaud pour apprécier toute la mise en espace de l’œuvre qui resplendit davantage une fois le soleil couché.

Longue Vue est en place depuis près d’un an déjà, mais c’est maintenant qu’elle prend tout son sens, alors que le Cégep@distance fête son vingtième anniversaire. L’œuvre se veut comme un prolongement de la mission éducative singulière de cette école où les étudiants sont dispersés un peu partout à travers le monde.

Distance imaginée

Il y a un parallèle clair entre la distance imaginée et illustrée dans l’œuvre et les études à distance, constate Jean-François Lapierre, conseiller en communication au Cégep@distance. C’est par le biais d’un concours que l’artiste Marie-Christiane Mathieu a pu réaliser cette œuvre et d’emblée, la portée de son projet en lien avec la mission du Cégep@distance a séduit l’institution d’enseignement.

« C’était risqué comme proposition. Surtout une œuvre technologique de cette envergure. Surtout pour une œuvre permanente », nous dit Marie-Christiane Mathieu, qui est venue découvrir l’œuvre avec nous. Elle souligne que la loupe a été le point de départ son travail et qu’elle voulait « amener du dehors à l’intérieur et poser à la manière d’une camera obscura, un regard particulier sur le monde », là où les distances n’existent plus.

Longue Vue transforme subtilement notre manière de regarder, surtout par l’implication du web et des nouvelles technologies. Avec l’arrivée d’internet, la distance est un concept de plus en plus abstrait et c’est cela que l’artiste a voulu mettre en scène à l’aide de la technologie. Étrangement, de près le résultat s’apparente à une peinture impressionniste, nous fait remarquer l’artiste, puisque les pixels de l’écran géant symbolisent les points et les touches de peintures si caractéristiques de ce mouvement pictural du 19e siècle. Et l’impression n’est pas en reste.

Regarder plus loin

C’est grâce à la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics qui prévoit qu’un pourcentage – 1 % dans le cas présent – du budget de construction d’un bâtiment ou d’aménagement d’un site public doit être dédié à la réalisation d’œuvres d’art.

Cette initiative a permis à Marie-Christiane Mathieu de repousser les limites de sa pratique artistique et de concevoir un projet où la technologie occupe une place importante. « En fait, c’était un véritable projet de recherche et le long processus a été le lieu d’un développement d’expertises sans précédent », dit-elle.

Si la technologie permet une riche exploration artistique, l’artiste nous rappelle qu’il ne faut pas oublier que son œuvre possède certaines des particularités d’un ordinateur : « C’est une œuvre vivante, ça plante. Ce n’est pas mort », nous dit-elle. Cet aspect interactif concentre le regard sur la nécessaire transformation d’une œuvre technologique dans le temps, sans compter que chaque visite est toujours une première fois, les images étant captées en temps réel.

À voir tous les jours de 8 h à 21 h 30, au Cégep@distance, 6300 16e Avenue.

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