Les élus manquent-ils de respect envers les citoyens ?

Par -

La population de Rosemont semble avoir atteint sa limite de tolérance envers sa classe politique. La récente démission du conseiller municipal du Vieux-Rosemont, Pierre Lampron, est la goutte d’eau qui fait déborder un vase presque plein. Surtout quand on sait qu’il en coutera au moins 350 000 $ pour organiser les élections partielles pour le remplacer.

En quelques mois, la députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudouin, a quitté le Parti québécois pour siéger comme indépendante, tandis que le maire de l’Arrondissement Rosemont La Petite-Patrie, François Croteau, est passé de Vision Montréal à Projet Montréal.

Des élus qui démissionnent, qui deviennent indépendants et qui changent de parti, ce n’est pas nouveau. Mais la dernière année, tant dans Rosemont qu’au Québec, nous a offert tout un festival du vire-capot. Doit-on réglementer ? L’interdire ? Difficile à mettre en place.

Évidemment, un élu qui tire sa révérence à cause de sa famille et encore plus à cause de la maladie, on comprend. Un élu comme Pierre Lampron qui semblait plus intéressé par le pouvoir à l’hôtel de ville et un poste de président du Comité exécutif que par son rôle de conseiller municipal, on comprend moins.

Quand on se présente en politique, on doit accepter toutes les éventualités : celle de gagner, de perdre, mais aussi d’être dans l’opposition. Monsieur Lampron semblait se voir président du Comité exécutif. Le parti de Louise Harel n’a pas été élu, il s’est retrouvé dans l’opposition. Puis, cet automne, il s’est aussi retrouvé dans l’opposition en arrondissement avec le changement de parti du maire Croteau. Mais c’est la vie politique. On doit en accepter tous les aspects et les revers. Que Pierre Lampron décide de ne pas se représenter aux élections de novembre 2013, c’était son droit. Mais qu’il parte 1 an et demi avant la fin de son mandat forçant une élection partielle et les coûts venant avec, on peut tiquer.

En même temps, regardons l’autre côté de la médaille. On veut des politiciens honnêtes et transparents, ce que Monsieur Lampron a été. Il ne s’est pas caché derrière la maladie. Il n’a pas non plus caché sa vision sur son rôle de conseiller quand on l’a questionné sur ses absences. « On a chacun nos manières de faire notre travail, je réponds à tous les citoyens, je suis très dévoué. Il n’y a pas un dossier qui n’est pas suivi. C’est une question de priorités, je n’ai plus l’âge de faire de la tapisserie pour aller à des événements et faire acte de présence », avait-il déclaré.

Et puis, en politique, 4 ans c’est une éternité. En une semaine, tout peut changer (parlez-en à Gilles Duceppe). Les priorités peuvent changer. Démissionner de son poste, n’est-ce pas un manque d’engagement plus qu’un manque de respect ?

Changer de parti

Le fait de changer de parti en cours de mandat est différent. Tout dépend de la symbolique et de la personne : vote-t-on pour la personne ou pour le parti ?

Dans le cas du maire Croteau, il était inconnu quand il a été élu sous la bannière de Vision Montréal. On peut donc naturellement penser que c’est l’équipe et le nom de Louise Harel qui l’ont porté à la mairie. Aurait-il été élu sous la bannière de Projet Montréal ? Bonne question. Est-ce donc de l’opportunisme politique de changer de parti en cours de mandat ?

En même temps, c’est aussi faire preuve de transparence que de changer de parti s’il ne correspond plus à nos aspirations et à notre vision.

Mais il faut se poser la question. Est-ce que les électeurs votent pour l’individu ou bien le parti ? Si je vote pour François Croteau parce que je pense qu’il est un bon leader, qu’il fait preuve de jugement et qu’il administre bien l’arrondissement, je me fous bien qu’il soit avec Vision, Union ou Projet. Mais si je vote pour le parti parce que je veux que Louise Harel soit mairesse, c’est normal que le citoyen se sente trahi.

Sauf qu’on ne doit pas changer de parti comme on change de chemises. Il faut plus qu’un ou deux désaccords avant de devenir vire-capot. Il faut un engagement au parti avant tout, car c’est un peu de la fausse représentation. Les raisons de changer doivent être bonnes en maudit.

Devenir indépendant

Parmi tous les changements qui sont survenus dans Rosemont, c’est probablement le départ du PQ de Louise Beaudoin pour devenir indépendante qui est le plus excusable et explicable. Elle n’a pas démissionné, elle n’a pas joint un autre parti, elle en a quitté un pour cause de désaccord profond. Ceux qui sont très attachés au Parti québécois doivent sûrement se sentir trahis. Mais la députée sert toujours ses citoyens et n’a pas adhéré à un autre parti.

Et les citoyens dans tout ça ?

Résultat ou cause de tout ceci : les citoyens votent de moins en moins, sont cyniques envers les politiciens, les accusent de tous les maux, parfois les méprisent, leur manquent de respect et ne se déplacent pas en grand nombre lors des conseils d’arrondissement ou autres séances publiques nécessaires à la démocratie.

On peut comprendre le cynisme, mais la meilleure réponse n’est-elle pas une plus grande implication ? Ne dit-on pas qu’on a les élus que l’on mérite ? Donc des politiciens qui font partie de la population, qui sont élus par la majorité (enfin celle qui vote) et qui nous ressemblent !

PS : On apprécie tous les commentaires. Peu importe votre opinion. Ce que l’on apprécie moins, ce sont les commentaires qui manque de respect, qui insultent, qui diffament et qui n’encouragent pas une discussion intéressante et franche. Merci d’y penser.

10 commentaires à Les élus manquent-ils de respect envers les citoyens ?

  1. Stéphane Hébert

    Les élus sont à l’image des citoyens du Québec. On est un peuple de vire-capot! PLQ-ADQ-PQ-NPD-CAQ, on change d’idée, de gauche à droite, de fédéraliste à souverainiste sans aucune cohérence, sans aucune conviction. La tendance du moment et on se gargarise en écoutant le vrai monde à Star Ac et Occupation double. Les Québécois changent d’idée aux deux semaines. On a les élus qu’on mérite! À ce que je sache, les élus, ce sont des gens d’ici, comme nous, pourquoi seraient-ils différents du VRAI monde?

  2. Carole DiBlanco

    Mon dieu, c’est quoi cet article rempli de jugement de valeur? La question est bonne, mais franchement, on ressent beaucoup trop l’opinion personnelle de l’auteur(e)! Et j’y pense, vous parlez de raisons profondes, il me semble que dans le cas du maire, cela était assez évident pour justifier son choix, qu’on soit d’accord ou non. D’ailleurs, le maire Croteau avait plutôt l’aire d’un extraterrestre au sein de Vision Montréal. Soyons honnêtes deux secondes! Et on ne peut pas parler d’opportunisme à deux ans d’une prochaine élection et en plus, de passer de l’opposition officielle au troisième Parti! Disons qu’il n’y a rien d’avantageux dans cette décision, au contraire, plus de risques que d’avantages. Il me semble qu’il y a un gros manque de rigueur dans cet article bâclé et cousu de fils blancs!

  3. Richard Bordeleau

    Le fameux cynisme… On l’utilise à toutes les sauces pour cacher quelques chose de pire à mon avis : le désintérêt qui semble grandissant pour la chose publique. Et une sorte de résignation qui l’accompagne, plus que du cynisme. Moins on s’occupe de ses affaires, plus d’autres personnes s’en chargeront pas nécessairement dans le sens qu’on voudrait. Bon, pour finir sur une note positive, j’aime bien ce site que je viens de découvrir sur le quartier que j’habite presque.
    Un résident de Masson-adjacent.

  4. J’adore les élections, il devrait en être de même pour la population car C’EST LE SEUL MOMENT POUR EXPRIMER NOTRE CHOIX… Si vous êtes désabusés, il y a un parti pour ça (oui-oui, le mien…) ou à tout le moins il y a des candidats indépendants. La population n’est pas cynique, elle est désengagée, la chose publique mérite au minimum UN VOTE BLANC. Ceux qui ne votent pas n’ont rien à dire puisqu’ils ont décidé de se taire.

  5. Patrice

    Pour Carole. En effet on ressent l’opinion de l’auteur dans l’article. Mais cet article est « Ça se discute » qui se veut un éditorial si je comprends bien. C’est écrit dans le haut! Alors l’auteur peut dire son opinion comme un André Pratte à La Presse. Évidemment, on a le droit de ne pas être en accord avec l’édito, et c’est bien correct de même! C’est d’ailleurs ça le but de l’édito non? De partir un débat?

    Pour ma part, je crois qu’une réforme du mode de scrutin pourrait grandement améliorer la chose dans le cynisme envers la politique. Mais quelle genre de réforme? À deux tours, proportionnelle, proportionnelle mixte… c’est un autre débat. Et je ne vois aucun parti qui serait assez courageux pour s’engager réellement dans cette bataille.

  6. Sébastien Lemire

    Je suis plutôt d’accord avec tous les commentaires précédents. Tant pour ceux qui critiquent et qui n’ont pas été voter. Pour la question des raisons du maire Croteau. Des raisons justifiées, même si je ne suis pas d’accord avec son choix. J’aurai l’occasion de me prononcer en 2013. Le cynisme, c’est tout le monde qui en est responsable. Les politiciens, les médias et la population. Tout le monde est acteur dans ce désintérêt généralisé. Un politicien est élu avec seulement 35% du vote avec un taux de 45% de participation et on lui reproche de ne pas respecter la majorité de la population. C’est que vous n’avez pas été voter, alors taisez-vous ou votez. D’ailleurs à Athènes, si un citoyen ne participait pas à la démocratie, il perdait son droit démocratique. On devrait faire la même chose ici au lieu de glorifier notre société de gérants d’estrade. On a l’impression que les gens critiquent de la même façon les décisions du coach du Canadien que les décisions des politiciens, et ce, sans se mouiller personnellement. Facile de chialer derrière son écran de télé ou sur le clavier de son ordinateur. Les politiciens doivent être autant cyniques envers la population quand on y pense sérieusement.

  7. Je pense que quand on accepte de se présenter à une élection on doit accepter le pire, c’est à dire, 4 ans dans l’opposition sans pouvoir. Si on n’est pas prêt à accepter ça, on devrait pas se présenter. Qu’un individu change de parti ou devienne indépendant suite à un conflit majeur d’idée. C’est sain à mon avis.

    Que comme Pierre Lampron ou Camille Bouchard, on démissionne parce qu’on est pas au pouvoir, cela devrait être illégal.

    Quand un candidat se présente il devrait signé un contrat dans lequel il s’engage à représenter ses électeurs pour son terme.

    Ça éviterait peut-être des démissions, à la Normandeau, pour aller vendre ses services au plus offrant aux firmes conseils.

  8. Sébastien Lemire

    @Louis, en plus il a sûrement une prime de départ avec ça. Si on ajoute la campagne partielle, ça doit dépasser les 400 000$ aux frais des contribuables. Et on devra reprendre ça dans 2 ans. Bravo pour le respect. Déjà que le Monsieur ne travaillait pas très fort à ce qu’on peu comprendre. Disons que malgré la décision du maire, que je n’approuve pas vraiment, ça aide à remettre les choses en perspective. En lisant l’article du Journal de Rosemont sur Internet aussi. En fait, je suis vraiment très déçu de Vision Montréal.

  9. Sebastien: bonne question sur la prime de départ, on va vérifier. Il y a certaines choses qui sont prévues pour les élus qui sont battus selon le nombre d’années, mais on va vérifier pour les élus qui démissionnent.

  10. En réponse à Patrice, je vous invite à aller visiter le site du Parti Québécois :
    http://pq.org/actualite/communiques/le_parti_quebecois_propose_un_bouquet_de_mesures_pour_donner_plus_de_pouvoir_a

    Vous y trouverez un bouquet d’engagement de la part de Mme Marois pour rénover la politique au Québec et donner une plus grande place à l’opinion des électeurs ENTRE les élections.

    Il fallait aussi être du Conseil national, fin janvier à Montréal, où il a été question du droit de vote dès l’âge de 16 ans, l’interdiction pour un élu de changer de parti en cours de mandat, la limitation du nombres de mandats des maires, etc…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>