Contestation de la fermeture partielle d’une ruelle

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Des résidents du quadrilatère des rues Holt-5e-6e avenue-Rosemont se sont retrouvés au conseil d’arrondissement du 6 septembre pour contester la fermeture partielle d’une ruelle, mais aussi pour l’appuyer. Les élus ont écouté les doléances des opposants, mais ont appuyé à l’unanimité la motion mettant en application l’interdiction de la circulation dans la ruelle avec l’installation de pots de fleurs à deux entrées sur quatre.

Les résidents avaient fermé la ruelle samedi pour organiser une fête et une projection de film en plein air au grand plaisir des petits et des grands. Photo: Cécile Gladel/RueMasson

Cette ruelle sera donc la jumelle de sa voisine d’en bas qui a été partiellement fermée l’an dernier. Le groupe de citoyens impliqués dans la création de cette ruelle verte a poussé un soupir de soulagement et a applaudi lorsque le conseiller François Limoges leur a souligné que leur projet était accepté.

Le conseiller a aussi repris les opposants en leur soulignant qu’il ne fallait parler que de fermeture partielle de la ruelle. « Les résidents pourront toujours avoir accès à leur cour arrière ».

Les opposants soutenaient ne pas avoir été consultés ou demandaient que leur opinion soit prise en compte. L’un d’entre eux s’est plaint au micro d’être bâillonné et d’un manque de démocratie. Il soulignait ne pas être contre le principe de la ruelle verte.

Interdiction de transiter par les ruelles

Frédéric Girard est l’un des citoyens qui ont travaillé depuis plusieurs années pour obtenir cette ruelle verte. Avec le groupe de citoyens qu’il représente et qui sont aussi venus nombreux au conseil, il nous montre le nombre de signatures obtenues qui représentent bien plus que le 30 % exigé par l’Arrondissement, près de 75 %. « Les seuls résidents que nous ne sommes pas allés voir, ce sont ceux du boulevard Rosemont. La Soder devait s’en occuper », explique-t-il.

Les résidents en ont fait une question de sécurité et de quiétude pour les enfants puisque les automobilistes ont pris l’habitude de passer par la ruelle, et ce, même si un règlement municipal interdit d’utiliser les ruelles comme voie de transit entre deux rues.

En effet l’article 14 du règlement R.R.V.M, c. C-41 sur la circulation et le stationnement à l’égard de l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie interdit au conducteur d’un véhicule routier de circuler dans une ruelle pour passer d’une rue à l’autre.

Les élus de l’Arrondissement ont confirmé leur volonté d’aller de l’avant avec de plus en plus de projets de ruelles vertes, tant pour des questions de sécurité, de quiétude que pour diminuer les ilots de chaleur provoqués par le béton et l’asphalte. « Certaines personnes s’y opposent au début, car cela change leurs habitudes, mais dans les faits, ils peuvent toujours accéder à leurs garages et cours arrière », souligne le conseiller Marc-André Gadoury.

Des commerçants s’inquiètent

Jan Burkat, propriétaire de la boulangerie polonaise au coin de la 6e et Rosemont est contre la fermeture partielle de la ruelle. Il souligne que cela va le déranger pour entrer et sortir son camion, et ce même si son stationnement est assez grand. Selon les constatations de RueMasson sur place, la ruelle pourrait être fermée plus loin pour l’accommoder. Ce dernier souligne même qu’une telle fermeture pourrait déranger la production et la clientèle de sa boulangerie et éventuellement entraîner son déménagement.

Le directeur de la Soder, Frédéric Bourrely a souligné que c’était la première fois qu’une telle contestation se déplaçait jusqu’au conseil d’arrondissement.

5 commentaires à Contestation de la fermeture partielle d’une ruelle

  1. Janick Lavoie

    Verte ou pas toutes les ruelles devraient être fermes 2/4 entrées. Mon immeuble est voisin de d’une ruelle et 95% des gens qui y circulent le fond pour passer d’une rue à l’autre.

  2. Louis II

    Je ne trouve pas que c’est facile d’avoir une opinion tranchée sur la question. Je comprends les deux parties mais il reste que ça devient souvent du cas par cas. De plus, souvent c’est le syndrôme : moi ça fait mon affaire, on le fait, moi ça fait pas mon affaire, on le fait pas.

    Personnellement je demeure au centre de la ruelle, donc les gens qui transitent ne me dérangent pas. Je comprends cependant que ça peut déranger ceux qui vivent aux extrémités. Alors comment on fonctionne : celui qui crie le plus fort a le droit que son coin soit fermé et l’autre, lui, subit le trafic… Pas simple.

    Sans compter ceux qui n’ont pas de voiture et qui voudraient que les ruelles redeviennent vertes…

    Les idées ont tendances à se radicaliser et à s’individualiser…

  3. « Ce dernier souligne même qu’une telle fermeture pourrait déranger la production et la clientèle de sa boulangerie et éventuellement entraîner son déménagement. »

    Une boulangerie dont l’essentiel de la clientèle circule par une ruelle? Qu’est-ce qui ne faut pas entendre.

    En général, les vraies boulangeries en santé ont des clients du quartier dont la clientèle vient à pied. Même si celle-ci est spécialisée dans un créneau et a des clients qui viennent de loin, on ne me fera pas croire que la circulation via la ruelle soit nécéssaire. Si la survie de la boulangerie de ce monsieur dépend réellement de cette ruelle, c’est est déjà en faillite. Qu’il revoit son modèle d’affaire ou qu’il mette la clé sous la porte mais qu’il arrête d’emmerder ses voisins avec ce genre d’arguments bidons.

  4. Exactement Nadine

    Quand une la fermeture partielle d’une ruelle menace la viabilité d’un commerce, faut-il vraiment en tenir compte?

    Parce qu’elle vient de nous avouez que son commerce sera fermé dans quelque temps, alors que le citoyen, lui, sera encore la dans 10 ans.

  5. Catherine

    Les automobilistes ne tiennent jamais compte du règlement qui interdit le transit par une ruelle. La solution de barrer une entrée règle le problème. Bravo aux citoyens qui se tiennent debout face à des règlements jamais appliqués. Pour rendre la ville humaine, le bien-être et la sécurité des citoyens doivent être considérés en priorité. L’auto omniprésente est un danger à chaque instant pour le simple piéton. Le citadin en plein-air de ville réclame de la tranquillité. Le boulanger peut en profiter lui-aussi.

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