Créer sa ruelle verte en six étapes (presque) faciles

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Les ruelles vertes de Rosemont ont fait la manchette la semaine dernière. Si vous aussi, vous rêvez d’une ruelle, mais les deux résidents qui tiennent mordicus à leur stationnement arrière vous découragent. Vous pouvez l’avoir quand même! Voici la recette en six étapes assez simples.

Photo: Alexandre Albert/RueMasson

Reconstitution dramatique. Vous aimeriez bien envoyer votre petite Léa jouer avec le petit William en arrière, mais le passage d’automobilistes qui croient que la vitesse permise est de 40 km/h même dans la ruelle ainsi que la décrépitude généralisée des lieux vous en enlève le goût. Mais surtout, vous voyez la mise en place d’un environnement plus convivial et sécuritaire comme une montagne impossible à gravir. Alors Léa joue seule sur le balcon de son troisième étage.

Presque simple

Et pourtant… «La mise en place d’une ruelle verte n’a rien de bien sorcier», lance Eloïse Girard, de la Société de développement environnemental de Rosemont (Soder), qui gère le programme de verdissement du quartier au nom de l’arrondissement.

Demandez autour de vous qu’on vous définisse ce qu’est une ruelle verte. Un grand nombre vous répondra que c’est une ruelle libérée de son asphalte et interdite aux autos. Or, parmi la dizaine de projets de ruelle verte du quartier actuellement en branle, aucun ne prévoit fermer complètement la circulation.

Et soudain, illumination, tout devient possible!

Dans l’arrondissement, la seule obligation pour obtenir la certification «ruelle verte» consiste à verdir les côtés de cette ruelle. Habituellement, ça passe par l’enlèvement d’une bande d’asphalte ou de béton, par l’ajout de pots de fleurs, d’arbustes, de bacs à compostage et de toute idée originale des résidents, comme peinturer les portes de garage d’un éclatant rouge, jaune ou orange, organiser des soirées cinéma et des épluchettes de blé d’inde l’été, un tournoi de hockey de ruelle l’hiver, bref, de mettre en place les conditions gagnantes pour améliorer la vie de quartier.

La principale difficulté? «Obtenir des subventions pour les travaux», répond sans hésiter Éloïse Girard. Juste enlever deux bandes d’asphalte coûtera plus de 6000 $ selon elle. Parce qu’ici, pas question de louer votre petite rétrocaveuse. L’espace public impose que le travail soit fait par un entrepreneur. C’est pourquoi Éloïse Girard rêve d’un financement récurrent et tente de dénicher des bailleurs de fonds permanents au lieu de quêter à gauche et à droite à chaque année. Entre temps, elle tente d’orienter les résidents du mieux qu’elle peut vers les entreprises désireuses de donner un coup de pouce.

Deux leaders recherchés

Pour le reste, la bonne marche d’une telle opération nécessite le commandement d’au moins deux résidents qui porteront le bébé jusqu’à son accouchement, avec l’aide variable des intéressés du quartier. La ville ne fait que les accompagner dans leurs démarches, entre autres pour s’assurer que les choses soient faites dans les règles.

Parlant de règles, voici en résumé les six étapes pour y arriver. Pour les détails, rendez-vous sur le site de l’arrondissement et téléchargez le document intitulé «Ruelles vertes».

1. Créer le comité de ruelle. Au moins deux responsables du projet, qui seront les points de contact de la Soder.

2. Obtenir l’accord des proprios. Vous avez besoin de l’appui d’au moins 30 % des propriétaires mitoyens à cette ruelle. Pour ce faire, vous obtenez leur signature au bas d’un texte simple et court annonçant vos intentions. Avec de la chance, plusieurs se proposeront pour donner un coup de pouce.

3. Créer la ruelle de vos rêves. Vous voulez fermer partiellement la ruelle en plaçant des bacs à fleurs aux extrémités pour que la ruelle ne soit plus une voie de contournement, planter des rosiers, créer des arches de lierre? C’est le moment d’en parler avec la Soder, qui vous conseillera sur ce qui est réaliste et ce qui est permis de réaliser

4. Déposer votre projet à l’arrondissement. Le début de la paperasserie, un mal malheureusement nécessaire.

5. L’étude du projet. L’étape où vos services ne sont pas requis. Un urbaniste valide vos bonnes idées et délivre les permis nécessaires. Dans ce cas, les permis sont sans frais.

6. La réalisation. Vous avez tout… sauf l’argent? Rien ne vous empêche de réaliser les bouts moins coûteux et de réserver le marteau piqueur pour plus tard. La Soder pourrait bientôt avoir le financement pour enlever les bandes de béton.

Pour voir un diaporama d’Alexandre Albert de quelques ruelles vertes ou en voie de l’être:

Quelques ruelles vertes en gestation

• 2e et 3e (entre Dandurand et Holt)

• Fabre et Marquette (entre Bélanger et Saint-Zotique)

Quelques ruelles vertes en partie ou complètement terminées

5e et 6e (entre Dandurand et Holt)

• 7e et 8e (entre Laurier et Masson)

• 25e et 26e (entre Saint-Zotique et Bélanger)

• 30e et 31e (entre Saint-Zotique et Bélanger)

• Chabot et Cartier (entre Des Carrières et Dandurand)

Pour vous inspirer

Un livre

Les ruelles de Montréal, par Nicole Lacelle (textes) et Maxime Lefin (photos), Éditions Broquet, 144 pages, 35 $

Deux groupes Facebook du quartier

Les ruelles vertes de Rosemont

Comité de la ruelle verte 4ème/5ème avenue entre Holt et Rosemont

Un article du Guides Perrier sur la manière de transformer les ruelles vertes et d’enlever l’asphalte.

27 commentaires à Créer sa ruelle verte en six étapes (presque) faciles

  1. Geneviève

    Est-ce que je comprends bien qu’avec 30% d’appuis, mes voisins pourraient décider de fermer ma ruelle et m’interdire d’utiliser mes places de stationnements?

    Après on se demande pourquoi les gens déménagent en banlieue…

  2. Je suis d’accord avec le commentaire de Geneviève. 30% pour modifier l’environnement de 100% des citoyens, c’est pas logique

  3. Geneviève,
    Tu devrais relire le texte avant de déménager. C’est pas ?a qui est dit du tout.

    Ceci dit, pour entamer une ruelle verte ce n’est pas absolument nécessaire de casser le bitume. Ca le devient seulement pour les arbres. Mais pour voir des plantes apparaître dans le décor urbain, il suffit de 6 pouces de terre et quelques briques recyclées qui retiennent le tout. A la rigueur, on peut très bien arrêter là, la nature va faire le reste. Par contre si on veut des couleurs on y plante des fleurs, annuelles de préférence.

  4. Stéphanie Lalut

    @Geneviève Le verdissement n’implique pas la fermeture des ruelles à la circulation ni de restreindre l’accès aux stationnements privés. Les plantations se font également en bordure des clôtures et non devant les portes de garage ou de cours.

  5. La ruelle 7e&8e entre laurier et masson est la tuelle que j’habite. Je n’ai jamais entendu parler dMun comité de ruelle verte ni appercu aucun changement. Cela dit je me réjoui du passage ver la ruelle verte. Il serai interressant que les comité mette les locataire dans le cout, aprés tout ils sont la majorités des résidants.

  6. Séphane

    Il y a vraiment des gens qui ne savent pas lire, ou retiennent juste ce qu’ils ont envie de retenir. Dans l’article il est indiqué fermeture partielle! Pas complète. Il y en a plusieurs maintenant dans le Vieux-Rosemont et j’aime bien l’idée. Ce genre de ruelle sert souvent de U-turn à cause des sens uniques. Voilà une belle solution pour empêcher cela tout en conservant l’accès à la ruelle pour les résidants. Belle initiative. Au fait, est-ce que le Vieux-Rosemont ça va jusqu’au boulevard Rosemont?

  7. Laurence

    Je comprends l’inquiétude de Geneviève, mais je pense qu’il faut pas paniquer pour autant. Y-a moyen de rendre la ruelle verte sans pénaliser les habitants qui ont un stationnement privé.
    Je sais qu’un de mes voisins envisagent de transformer celle en arrière de chez nous, j’attends la « pétition » que je vais signer avec plaisir, ayant de jeunes enfants. Elle ne sera pas complétement piétonne vu que j’ai une voisine avec un stationnement, mais si on peut fermer au moins un côté de la ruelle, ça va rendre l’endroit vraiment plus sécuritaire pour nos enfants.

  8. Carole DiBlanco

    Le 30% est-ce seulement les propriétaires? Car dans le Vieux, il me semble qu’il y a beaucoup de locataires. Est-ce qu’il y a un nombre requis de personnes pour le comité de citoyens? Je suppose que je dois appeler la SODER pour cela. Bref ça m’intéresse vraiment. Si ça peut nous permettre de voir plus souvent nos voisins et de rendre notre environnement d’asphalte et de béton plus agréable, tant mieux!

  9. Je suis aussi dans la ruelle entre la 7e et la 8e, et si nous sommes une ruelle verte, je veux bien manger mes bas ; ) J’adorerais qu’on le soit, par contre.

    La ruelle entre la 8e et la 9e est bien plus verte que la nôtre, soit dit en passant.

  10. Geneviève

    Content de voir que ce n’est pas la fermeture complète. Le texte sous le titre m’avait induit en erreur : Si vous aussi, vous rêvez d’une ruelle, mais les deux résidents qui tiennent mordicus à leur stationnement arrière vous découragent. Vous pouvez l’avoir quand même!

    En fait je ne vois pas pourquoi les gens seraient contre la vertue si ce n’est que pour embellir l’environnement.

  11. Pour fermer complètement une ruelle, il faut 100 % de l’acceptation des propriétaires. Le 30 % de propriétaires (pas les locataires) est pour une fermeture partielle qui empêche le transit d’une rue à l’autre (normalement interdit par règlement municipal semble-t-il) et permet à tous les citoyens autour de la ruelle d’avoir accès à leur cour arrière en voiture sans problème.

  12. Le meilleur compromis est celui de la semi-fermeture des ruelles avec bac à fleurs. Ce qui se passe à RPP est une excellente initiative.

    Mais ceci est un compromis. Si on veut faire oublier aux gens qu’ils sont dans une ville dédiée à l’automobile : il faudra bien arriver à une plus grande ouverture d’esprit et une plus grande fermeture de ruelles ;0).

    Présentement dans RPP, pour fermer une ruelle à la circulation automobile, ça prend l’accord de 100 pour 100 des résidents. Autrement dit : mission impossible. Je me demande bien qui a écrit, proposé et voté une telle vision automobilistique antidémocratique.

    La démo, c’est pas 50 % plus 1 ?

  13. Geneviève

    @ André
    Le stationnement dans la ruelle est un argument de vente et ajoute directement à la valeur de l’immeuble.
    Je ne vois vraiment pas, par quel droit, on pourrait changer les réglements qui feraient en sorte que la valeur de mon immeuble diminuerait.
    Je n’ai rien contre les gens qui prennent le transport en commun, c’est leur droit. Tout comme j’ai le droit d’avoir une automobile. Ce n’est pas une vision anti-démocratique des automobilistes. C’est du respect.

  14. François Croteau

    L’objectif de notre politique des ruelles vertes est de permettre aux citoyens de se réapproprier leur espace de proximité. Pouvoir se donner un milieu de vie de qualité. Cela permet aussi aux citoyens de faire du jardinage tout en discutant avec son voisin. La fermeture partielle à pour avantage de sécuriser la ruelle en contrant les voies de contournement et de laisser aux citoyens l’opportunité de quand même y circuler pour garer leur véhicule. Petite rectification, le district du Vieux-Rosemont arrête au nord à la rue Dandurand à l’ouest de la 13e avenue et au boul. Rosemont à l’est de la 13e jusqu’à Pie-IX.

  15. Geneviève, une ruelle verte sans auto peut être aussi un excellent argument de vente.;-)

    Ce que je trouve particulièrement archaique c’est cette politique du 100 pour 100 des propriétaires doivent être d’accord pour la fermeture de la ruelle à la circulation auto.

    Les locataires sont aussi payeurs de taxes de l’espace public que les proprio. On est plus au moyen age, ciboulette.

    Je suis aussi propriétaire d’une maison mais je suis totalement contre cette politique.

  16. Laurence

    ah ben si seuls les proprios peuvent signer, je ne pourrai pas signer dans ce cas… Dommage, ma proprio habite même pas là.

  17. Laurence: Même comme locataire, vous pouvez vous impliquer et contribuer. Et si votre propriétaire n’habite pas là, vous pouvez lui demander de signer et vous engager à entretenir votre bout de ruelle.

  18. Valérie

    Fermeture partielle ? C’est logique. Bell, Hydro, le gars qui vient apporter du matériel pour mes rénos par exemple ont besoin de passer par ma ruelle. Et, je n’ai même pas de voiture. Mais la ruelle fermée partiellement à une rue de chez moi, c’est vraiment chouette. Le gros bac a permis que même dans ma ruelle, les voitures ralentissent bien plus qu’avant. Nous n’avons plus que la circulation vraiment locale et nécessaire. J’aime !

  19. martine joyal

    La ruelle 9e-10e entre Masson et Laurier est maintenant sur FB:www.facebook.com/Ruelle-9e-10e-Masson-Laurier

    Si vous y habitez, joignez-vous à nous! On a des projets pour rendre notre jolie ruelle plus sympathique pour les nombreux enfants qui y jouent!

  20. Carolle

    Tous vos beaux projets de verdure paraissent bien dans un monde parfait. J’ai des voisins qui ont tellement plantés dans leur cour qu’il n’ont plus de place pour que les enfants y jouent et maintenant, ils revendiquent la ruelle.
    C’est bien beau planter mais faut désherber et personne ne veut ce travail. La mauvaise herbe pousse dans les plantations, ce qui donne de bons habitats pour les rats, souris, raton laveur,etc. Les bancs dans la ruelle serviront de couchette pour les itinérants; ils ont déjà envahi le parc du coin.
    Le jour c’est pas si pire mais dès que la nuit tombe, la ruelle prend un autre sens et j’espère que ces gens qui utilisent les enfants à leurs fins ne soient pas victimes.

  21. Lorraine

    je pense que Carolle a une bonne réflexion, les gens n’ont pas tous la même vue de la verdure premièrement. Le foin pour moi ne fait pas partie de la beauté de la verdure, et un manque d’entretien est loin d’embellir. Les gens qui aime les fleurs et qui ont l’intention d’entretenir c’est une chose, par contre ceux qui laisse le foin prendre le dessus et n’entretienne pas vraiment c’est très désagréable pour les voisins et aussi attire la vermine. Certains se pensent en campagne mais on est en ville…Si on nomme des administrateur et que ces gens ont même de la difficulté a gérer l’entretien de leurs propre emplacement que va avoir l’air nos ruelles? comment vont-il gérer la beauté de notre ruelle? j’aime la nature et il faut bien l’entretenir pour qu’on continue a la trouver belle et non nuisible…

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