Rencontre avec le député sortant Bernard Bigras

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Après 14 ans d’aller-retour entre Ottawa et Rosemont, le député sortant du Bloc québécois Bernard Bigras en veut encore. Il sollicite un autre mandat, espérant empêcher les conservateurs de devenir majoritaires au Canada. Selon lui, cette majorité nuirait au développement du Québec, tant culturel, social, qu’économique.

Bernard Bigras, candidat du Bloc Québécois

Bernard Bigras a donné rendez-vous à RueMasson dans son local électoral de la rue Bélanger, une ancienne boulangerie retapée par des bénévoles pour lui donner des airs de campagne électorale. Le député sortant offre une visite guidée : la cuisinette où il offre un café à la journaliste, le centre d’appel improvisé où une dizaine de bénévoles font du pointage, les bureaux de ceux qui étudient la circonscription, organisent des rencontres et s’occupent de la réception ou des communications.

Sur le mur, une grande carte de Rosemont-La Petite-Patrie indique par des codes de couleurs les résultats de la dernière élection pour chacun des bureaux de vote de la circonscription. Sauf quelques secteurs dans le nord-ouest, tout le territoire est bleu plutôt foncé, la couleur du Bloc québécois qui représente la circonscription depuis 1993.

Depuis 14 ans, Bernard Bigras passe quatre jours par semaine à Ottawa. Au cours des dernières années, il a dû s’envoler pour Cancún, Copenhague et Poznan pour des conférences sur les changements climatiques. « C’est dur pour la famille, dur pour les enfants et dur pour la santé tous ces déplacements. Quand on a décidé d’avoir un deuxième enfant, on y a réfléchi. C’est beaucoup de sacrifice. Ceux qui croient qu’on le fait pour la pension se trompent! » Début mai, presque le même jour du scrutin, il deviendra papa pour une deuxième fois. Pourquoi veut-il continuer à être le député de Rosemont-La Petite-Patrie? « J’aime ce que je fais. Je suis fier lorsque je me lève à la Chambre de communes pour défendre les citoyens de Rosemont-La Petite-Patrie », dit-il.

Son engagement pour Rosemont
Bernard Bigras se préoccupe de l’offre de logements accessibles et abordables pour les familles et les personnes âgées de la circonscription. Il faut réinvestir. « Les coupures avaient commencé avec les conservateurs de Brian Mulroney. Il y a eu un petit investissement, il faut le reconnaître, du temps de Paul Martin. Mais là, les besoins sont de plus en plus criants. Il y a 3000 personnes qui sont en attente d’un logement à l’Office municipal de Montréal seulement dans Rosemont-La Petite-Patrie. C’est beaucoup de monde! » Selon lui, les surplus de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) pourraient être investis dans le logement social et abordable.

Durant sa campagne, Bernard Bigras a visité plusieurs résidences et coopératives d’habitations. Il visite également plusieurs personnes âgées. « Elles sont de plus en plus isolées, seules et démunies », remarque-t-il. Il demande de bonifier le programme de Supplément de revenu garanti à raison de 700 millions de dollars par année pour tout le Canada. « On ne parle pas d’un revenu de 25 000 $ par année… On veut s’assurer que ces personnes bénéficient d’un minimum »

La catastrophe de la majorité conservatrice
Bernard Bigras a encore sur le coeur les coupures des conservateurs dans la recherche scientifique, dans la culture et auprès des organismes de condition féminine. Il poursuit dans ses critiques en précisant que les conservateurs ne comprennent pas le Québec. De plus, par leurs actions et décisions, ils empêchent le Québec de se développer économiquement.

« Ottawa a des responsabilités par rapport à Montréal. On est encore en attente d’une navette entre le centre-ville et l’aéroport de Montréal. Tous les grands aéroports ont une navette! », indique M. Bigras qui est d’avis que Montréal, seule métropole francophone en Amérique du Nord doit être une ville compétitive à l’international.

Le refus des conservateurs de fixer un plafond des émissions de gaz à effets de serre (GES) est un autre irritant. « Un des marchés importants sur lequel Montréal a travaillé est exactement cette bourse du carbone. Si Ottawa refuse de mettre en place des plafonds d’émission de GES, on remet en cause la viabilité d’un futur marché du carbone à Montréal. Ça affaiblit la bourse de Montréal. Mais bien sûr, cette décision plait à l’industrie pétrolière de l’ouest », ajoute-t-il. Le Québec est encore là exclu.

Il soutient que le Québec ne fonctionne pas comme le reste du Canada et que ces différences ne sont pas bien comprises à Ottawa. Il donne l’exemple des coopératives québécoises, du modèle des tables de concertations ou de l’économie sociale qui sont des concepts inconnus au Canada. « Quand c’est le temps de renouveler le financement des Corporations de développement économique et communautaire (CDEC), si vous voyiez comment les discussions se tiennent à Ottawa! Pour eux, les CDEC sont des organismes communautaires, ils ne comprennent pas qu’on peut faire du développement économique à partir du communautaire. Ce qu’ils préfèrent c’est d’encourager la grande entreprise! »

Franchement souverainiste
Ce n’est une surprise pour personne, Bernard Bigras est franchement souverainiste. Il profite du sujet pour égratigner au passage, sans le nommer, son adversaire néo-démocrate Alexandre Boulerice. « Je trouve ça assez particulier de voir que des citoyens indépendantistes acceptent de cheminer à l’intérieur d’un parti fédéral. On l’a déjà vu, dans l’histoire du Québec, ça s’appelait le beau risque. Mon prédécesseur Benoit Tremblay a fait cette expérience. Il était souverainiste, il a tenté le beau risque avec Brian Mulroney et en est sorti déçu en 1990. Un parti fédéraliste est d’abord là pour représenter le Canada au Québec. M. Layton l’a dit. Si un indépendantiste est à l’aise avec ses principes, je pense que ça fait preuve d’un manque de cohérence complet. »

Des entrevues avec chacun des candidats seront publiées tout au long de la semaine.

L’ensemble des articles et des entrevues sont regroupés dans notre dossier élections 2011.

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