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samedi le 15 décembre
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Jacques K. Primeau connait la rue Masson par coeur

Jacques Primeau, producteur de RBO de la première heure, se vante de pouvoir nommer TOUS les commerces de sa jeunesse qui avaient pignon sur rue sur Masson, entre St-Michel et la 1ère Avenue. On a tendance à le croire. Il a été un témoin privilégié des grands bouleversements de la rue Masson.

RueMasson célèbre son premier anniversaire d’existence en publiant le portrait de plusieurs personnalités qui habitent le quartier. On leur a demandé de nous parler du quartier, des commerces et de leurs souvenirs. Aujourd’hui, on rencontre Jacques K. Primeau.

« Je suis né sur la 7e Avenue, entre Dandurand et Masson », dit Jacques K. Primeau, qui habite maintenant sur la 16e Avenue. « J’ai acheté ma maison en 1993, ça ne s’oublie pas, c’était la dernière Coupe Stanley du Canadien », dit-il dans un rire presque résigné. Sauf que ce n’est pas de hockey dont il veut parler mais des commerces de la rue Masson.

Les années 80 ont été difficiles. Plusieurs commerces fermaient leur porte non seulement à cause de la crise, mais aussi parce que les résidents désertaient le commerce local pour aller au centre-ville et dans les centres commerciaux. Il y avait d’ailleurs un projet de construction du plus gros centre commercial en Amérique du Nord sur les terrains des défuntes Shops Angus. « Ça aurait été une catastrophe monumentale. On ne serait pas ici, en train de déjeuner sur la rue Masson », dit celui qui a donné rendez-vous à RueMasson à La grand-mère poule.

Le journaliste de la rue Masson
Si Jacques Primeau est si au courant des déboires de la rue Masson, c’est parce qu’il a été journaliste à CIBL Radio-Montréal au début des années 1980. « J’ai fait une recherche avec Laurent Boursier, aujourd’hui recherchiste à Radio-Canada, sur la prise de possession de la rue Masson par les Shiller. Ils avaient investi quelque chose comme quatre millions de dollars en immobilier. »

Selon Jacques Primeau, le timing était mauvais pour mettre en branle un plan de développement commercial. Quand le coût de location des locaux a augmenté, les commerces ont dû fermer.

« Le changement était radical. Avant, on pouvait faire son épicerie sur la rue Masson. Il y avait un marché d’alimentation Richelieu au coin de la 8e , une boucherie entre la 9e et la 10e, en plus d’un Steinberg. Et puis d’un coup, zéro! »

Heureusement, la diversité des commerces est maintenant revenue. « En 1993, j’étais obligé d’aller à l’étranger pour acheter des croissants. Il n’y en avait pas! Aujourd’hui il y a trois boulangeries! Il n’y avait pas non plus de place où on pouvait trouver du bon café. J’avais une petite machine à espresso à la maison. Je disais à mes amis que je faisais le meilleur café à l’est de Papineau », se souvient-il. Il est heureux de devoir ravaler ses paroles depuis l’ouverture des nombreux cafés.

Jacques Primeau croit que si Masson est ce qu’elle est, c’est grâce notamment à Allan Kouri, propriétaire de la boutique Allan’s tailleur. Aujourd’hui décédé, M. Kouri a initié un mouvement contre la construction du centre commercial, ce qui a aujourd’hui donné tout le développement du quartier Angus. (RueMasson prépare un article à ce sujet).

Ce qui a marqué la rue Masson selon lui est l’arrivée du Première Moisson, installé dans l’ancien Woolworth. « Cette intervention a consacré certain diront la gentrification, d’autres diraient l’arrivé du bon goût sur la rue masson. Ça a mis de la solidité dans le revampage de la rue. Première Moisson a attiré du monde intéressant comme la Brûlerie et le Starbuck. Je ne sais pas s’il y a de la place pour tout le monde. Avant le Première Moisson, j’allais à la Boulange. Je me suis dit: il va mourir. Il ne meurt pas et j’y vais encore à l’occasion. »

Ses coups de coeur

« Pour qu’une rue commerciale soit réellement vivante, il faut qu’elle ait un attrait pour les autres quartiers. Il y a maintenant des restaurants de ce calibre. C’est vraiment nouveau. » Jacques Primeau apprécie particulièrement le M sur Masson et le Madre. Même s’il n’aime pas les buffets, il est fasciné par la Casa Corfu. « La Casa Corfu est un phénomène. On vient de partout pour y manger. Ce n’est pas mauvais pour la rue Masson. »

Souvenir : Madame Primeau la dealeuse

Quand il se souvient de son enfance, Jacques Primeau pense à sa mère, une consommatrice avertie et une négociatrice hors pair. Il se rappelle d’une journée, lors de la rentrée scolaire où il a fait le tour de la rue Masson avec sa mère pour acheter les articles scolaires et les nouveaux vêtements, en plus de faire l’épicerie.

« C’est à ce moment que j’ai constaté que ma mère connaissait tous les commerçants et que les commerçants connaissaient ma mère. » Il avait alors 8 ans.

« Ma mère est une très grande magasineuse. Elle aime regarder les prix, les comparer et discuter avec les commerçants. C’est un peu français comme attitude. Elle discutait avec le  boucher en disant « la dernière fois c’était pas bien tendre. » Mes oncles, connaissant son pouvoir de négociation, la taquinaient. Ils  lui disaient « tu vas bien être barrée sur la rue Masson ! » Au contraire, elle était plutôt appréciée.

« Les commerçants juifs l’adoraient parce qu’elle négociait et ils avaient du fun. Ils disaient  » Écoutez Mme Primeau, je ne peux pas descendre mes prix jusque-là. » Elle répondait  » Moi ça me fait rien mais je l’ai vu ailleurs moins cher  » et ils répliquaient  » Où ça? où ça?  » Ils ne savaient jamais quand elle bluffait. La plupart du temps c’était vrai, mais une fois de temps en temps, elle charriait un peu. »

Son intérêt pour les commerces de la rue Masson ne vient pas du voisin.

Tous les portraits de personnalités du quartier pour notre premier anniversaire :

Françoise David

Gilles Duceppe

Sébastien Diaz

François Gadbois

Hugo Dumas

Normand D’Amour

Latest comments

  • Le bonhomme a l’air sympathique et bien enraciné dans son quartier. Je suis plutôt d’accord avec lui sur l’ensemble de ses réflexions.

  • À propos du secteur Angus, ma grand-mère (qui venait du Faubourg à M’lasse) me dit toujours comment aller travailler aux Shops Angus dans les années 20-30 c’était considéré (pour les femmes) comme étant mauvais.

    Sa mère lui disait que seules les femmes faciles, les putains, allaient travailler là!

  • Hé c’est mon voisin!

  • La boucherie dont il parle – 9e – était dans l’immeuble qui a été complètement démoli hier à la suite de l’incendie. Dommage que la boucherie ait disparu, à l’époque – c’était bon et pas cher – et que ses proprios soient maintenant sans logis.

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