Gilles Duceppe, le p’tit gars du coin

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Saviez-vous que le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe fait ses lunchs quand il passe la semaine à Ottawa? RueMasson s’est payé la traite en le rencontrant et en écoutant quelques confidences sur le quartier et sa famille. Premier député de l’histoire du Bloc Québécois en 1990, monsieur Duceppe siège à Ottawa depuis 21 ans déjà. Il est officiellement chef du parti depuis 1997. Ceci étant dit, laissons la parole au chef souverainiste.

RueMasson célèbre son premier anniversaire d’existence en publiant le portrait de plusieurs personnalités qui habitent le quartier. On leur a demandé de nous parler du quartier, des commerces et de nous donner un scoop. Aujourd’hui c’est au tour de Gilles Duceppe, demain Sébastien Diaz.

 

Le chef du Bloc Québécois, monsieur Gilles Duceppe (photo: RueMasson)

 

Un peu d’histoire…

Gilles Duceppe est né sur la rue De Chambly, au peu au sud de Hochelaga. Il a toujours habité dans les environs, à l’exception d’un très court séjour passé à Beloeil sur la rive-sud. Il y a même servi la messe, dans la paroisse de Sainte-Maria-Goretti. Il était en sixième année. La famille revient à Montréal l’année suivante.

Quelques mouvements de boîtes plus tard, monsieur Duceppe se retrouve jeune adulte au 5436 de la 9e Avenue, pratiquement sur le coin de la rue Masson. Aujourd’hui, le chef du Bloc Québécois habite le secteur Angus à deux pas du Loblaws, et à deux autres du parc qui porte le nom de son père, Jean Duceppe. Ayant passé la quasi totalité de sa vie dans le coin, on peut dire que Gilles Duceppe n’a pas choisi le quartier, c’est lui qui l’a adopté.

 

L’évolution du quartier

Le chef bloquiste voit d’un très bon oeil le développement de l’artère commerciale du Vieux-Rosemont. « Masson a changé énormément au cours des dernières années, un peu comme Mont-Royal l’avait fait auparavant. Il y a beaucoup de petits restaurants et commerces spécialisés comme le M sur Masson et Bagels Jovy’s. C’est très positif », confie-il. Il a quand même quelques inquiétudes à savoir si ces petits commerces pourront garder leurs places face aux plus gros comme le Loblaws qui n’est pas très loin . « Heureusement, ça ne semble pas les avoir affecté jusqu’à maintenant », ajoute monsieur Duceppe.

 

L’embourgeoisement, toujours l’embourgeoisement!

« Le développement de la rue Masson me fait penser à la chanson Rue Principale des Colocs. Le problème qui peut se poser avec ce genre de développement c’est que les gens moins fortunés soient obligés de quitter. On voit d’ailleurs ce phénomène en ce moment sur le Plateau, où certains propriétaires ont trouvé une façon d’outrepasser la loi », soutient monsieur Duceppe. Gageons que ce phénomène gagnera le Vieux-Rosemont ces prochaines années, si ce n’est déjà commencé.

 

Puis on fait quoi avec ça?

« Il faut développer des politiques en logements sociaux comme Paris l’a fait, où tous les nouveaux développements doivent posséder 10% de logements sociaux. Avec une politique du genre on garde une mixité, sinon on créé des ghettos. Il faut le dire, tout n’est pas riche dans Rosemont. Il y a des coins plus difficiles. Il faut donc trouver une solution pour que les moins fortunés aient une habitation décente », soutient celui qui reprend son chapeau de politicien.

 

Quels commerces fréquentez-vous dans le coin?

Monsieur Duceppe s’exile du quartier et va au marché Maisonneuve pour les fruits et légumes ainsi que pour le fromage. Plus près d’ici, il fréquente la poissonnerie Norref sur Molson, près de Saint-Joseph.  « On y trouve de l’excellent poisson! Nous mangeons beaucoup plus de poisson que de viande à la maison », avoue-t-il. Sinon le chef souverainiste fréquente le Loblaws, entre autres pour les plats congelés du Commensal qu’il affectionne particulièrement. « J’en prends lorsque je n’ai pas le temps de faire tous mes repas de la semaine pour monter à Ottawa. J’apporte toujours mes lunchs à Ottawa car je ne vais pas au restaurant », nous raconte-il du fond de son fauteuil.

 

Qui fait quoi à la maison?

« C’est moi qui fait toute la cuisine à la maison. Je fais aussi 50% des tâches ménagères et je le fais sans que ma femme me le demande! »

Faire soi-même ses emplettes

Faire soi-même ses achats est une bonne façon de rencontrer les gens et ça, monsieur Duceppe le sait bien: « Claude Ryan m’avait dit un jour que c’était un excellent sondage que de faire soi-même ses emplettes. Lui aussi faisait ça et il m’avait dit que lorsque tu passes dans les rangées et que les gens baissent la tête, c’est que tu n’as pas eu une bonne semaine. Quand les gens t’arrêtent et te parlent c’est que ça va bien. C’est pas scientifique mais c’est indicatif! »

 

Les gens qui vous croisent dans la rue, ils vous disent quoi?

 

« La même chose qu’à travers le Québec, « Lâchez-nous pas ». Je demande d’ailleurs cette question à mes députés lorsqu’on ne siège pas depuis quelques semaines: « Dites-moi en une phrase ce que les gens vous ont dit » et de ce temps-ci, c’est « Lâchez-nous pas ».

Un bon bout de temps c’était « Vous faites de la maudite belle job ». On entendait ça partout. Ma conjointe, qui est directrice d’école, m’avait dit « Hmmm vous vous battez pour le français, vous pouvez pas dire job, il faudrait dire maudit beau travail ». Un peu plus tard à Saint-Hyacinthe, Gilles Vigneault vient me voir et me dit « Gilles, vous faites une maudite belle job! » Là j’ai dit à ma conjointe « Écoute le monsieur, lui il parle français! » C’est dans notre langage populaire. »

 

Vous êtes sur la grande scène à Ottawa avec tous les grands médias nationaux. Pourquoi avoir accepté de rencontrer RueMasson?

« Je rencontre toujours les médias locaux lors de mes tournées au Québec. Ils atteignent un autre public et c’est un contact différent. Et si on ne veut pas une concentration trop forte de la presse, il faut permettre à d’autres médias d’exister, c’est important. »

Concentration!? Où ça de la concentration!?

 

Un scoop que vous n’avez jamais dit à un autre média!

Monsieur Duceppe s’enfonce dans son fauteuil l’air songeur. « À une certaine époque, on faisait des chars d’assaut aux shops Angus. C’était le début de la guerre. Dans ce temps-là Papa vivait à coté de la légion canadienne sur la 7e Avenue, la bâtisse bleu ciel un peu en bas de St-Joseph. La famille de mon père était très pauvre et les jeunes des familles pauvres se faufilaient le soir sous la clôture des shops Angus pour aller chercher des morceaux de bois. Ils ramenaient ça à la maison et s’en servaient comme bois de chauffage. C’était pas riche. Mon père a fait ça. »

 

Tous les articles de notre dossier personnalités pour notre premier anniversaire :

Françoise David

Sébastien Diaz

Jacques K. Primeau

Normand D’Amour

1 commentaire à Gilles Duceppe, le p’tit gars du coin

  1. Richard Verdon

    J’ai rencontré Monsieur Duceppe à quelques occasions dans le quartier. Vraiment un homme sympathique.

    Bravo à l’équipe pour cette série de reportages-rencontres avec des figures connues qui nous font honneur.

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