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L’année 2010 de Bernard Bigras : le drame haïtien et des élections en 2011

Au moment où RueMasson rencontrait le député fédéral de Rosemont, Bernard Bigras, pour faire le bilan de 2010, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, remaniait son conseil des ministres. Il s’apprêtait à nommer Peter Kent, ministre de l’Environnement. M. Kent sera le nouveau vis-à-vis de M. Bigras, porte-parole en matière d’environnement pour le Bloc Québécois.

Député de Rosemont

Le député de Rosemont lors de la Saint-Jean en juin dernier. Photo : Alexandre Albert

Un énième ministre pour celui qui est le critique en environnement depuis son élection en 1997. Il en a vu quelques-uns passer: des libéraux comme Christine Steward, David Anderson (son préféré) et Stéphane Dion puis des conservateurs comme Rona Ambrose, John Baird et Jim Prentice. « En ce moment, malheureusement les ministres ne sont que des faire-valoir du bureau du premier ministre. L’idéologie l’emporte sur le réel travail des dossiers. Même avec Stéphane Dion, j’avais une bonne relation. »

D’ailleurs, la nomination d’un unilingue anglophone comme Peter Kent n’augure pas une amélioration de la situation pour Bernard Bigras. « M. Kent n’a démontré aucune sensibilité à l’endroit de la protection de l’environnement. Clairement, Stephen Harper a décidé de nommer un faire-valoir au ministère de l’Environnement et perpétue le désengagement du Canada dans la lutte aux changements climatiques. De plus, en nommant un unilingue anglophone représentant une circonscription de l’Ontario, Stephen Harper a fait la démonstration qu’il est loin d’être attentif aux préoccupations environnementales du Québec. »

Le dossier environnemental lui est tombé dessus dès son élection à titre de jeune député. « Les nouveaux venus récupèrent les bancs en arrière et les dossiers les moins prioritaires. Gilles Duceppe m’a alors demandé d’aller voir ce qu’il se passerait à une conférence sur l’environnement. C’était celle de Kyoto ! Quand j’en suis sorti, j’avais trouvé la deuxième raison (la première est de faire le Québec un pays) de mon implication en politique », explique Bernard Bigras.

Les dossiers de 2010 : la catastrophe en Haïti a marqué l’année du député. Il faut savoir que 80 % des relations avec les citoyens qu’entretient un député est en lien avec des dossiers d’immigration. Étant donné qu’une importante communauté haïtienne habite le quartier, autour du parc Étienne-Desmarteau, la réunification des familles a été un dossier fort. « Nous avons ouvert plus de 60 dossiers de citoyens d’origine haïtienne, un record. »

Le style de gouvernement de Stephen Harper et du Parti conservateur ne l’impressionne pas. « Ce gouvernement est totalement déconnecté des valeurs du Québec et ne comprend absolument pas la réalité de notre peuple, surtout en matière de développement durable. »

Des réalisations dans Rosemont : sauvegarder le financement que reçoit la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC). « On a uni nos efforts pour que l’organisme ne perde pas l’argent versé par le fédéral en 2010, mais rien n’est acquis pour 2011. »

Même réussite pour le programme Placement carrière été pour les jeunes. Un programme financé par le ministère des Ressources humaines qui permet à des organismes du quartier d’engager des jeunes en été.

Il s’insurge que le gouvernement Harper ne comprenne pas la manière de faire du développement économique local. « Pour eux, le développement économique, c’est l’aide à la grande entreprise. Pourtant, c’est une excellente expérience de travail pour un jeune d’être archiviste au Comité logement Rosemont. »

Son bon coup de l’année : la consultation avec tous les intervenants (armateurs, citoyens, ZIP (Zone d’intervention prioritaire) , écologistes) sur l’avenir du Saint-Laurent qu’il a menée pour le Bloc Québécois à l’automne. Le rapport sera prêt dans quelques semaines.

L’échec de l’année : l’impossibilité de répondre à certains citoyens surtout dans les cas de réunification des familles en matière d’immigration. « La machine administrative n’a pas de compassion. Mais quand j’ai une mère devant moi qui veut retrouver ses enfants, c’est un drame humain. J’ai trouvé ça très difficile. »

Le moment le plus touchant : le député oublie tout à coup le travail pour aller du côté personnel. Il a appris en 2010 qu’il sera père pour la deuxième fois en mai 2011. « Ma fille a 12 ans, elle est née au début de mon mandat comme député et là à 42 ans, on repart du début. »

Les dossiers à surveiller : à part les dossiers environnementaux, il s’inquiète beaucoup des besoins en matière de logement dans Rosemont. « C’est le plus gros problème du quartier, car il y a beaucoup de spéculation. »

L’augmentation récente du rôle d’évaluation, celle des taxes et le manque d’investissement du gouvernement en matière de logement social l’inquiètent. Actuellement, 3000 personnes sont en attente de logement social dans l’arrondissement. Il souligne que le gouvernement fédéral pourrait utiliser les surplus de la SCHL ( Société canadienne d’hypothèque et de logement) afin de financer la construction de logements abordables. Il n’est pas question pour lui de ne faire que du HLM, mais d’avoir une mixité, des coopératives ou des projets comme celui des Habitations Nouvelles Avenues. « Ce n’est pas vrai qu’on va devenir un quartier de condos », s’exclame-t-il.

Autre dossier à suivre selon lui : des élections en 2011. « On va être en élection d’ici quelques semaines et le Bloc sera encore le parti qui empêchera le Parti conservateur d’être majoritaire, car le reste du Canada effectue un virage à droite », soutient-il.

L’un des gestes écolos de Bernard Bigras ? Son bureau est carboneutre avec l’organisme Arbres Canada. Il prend aussi le train la moitié de l’année pour aller à Ottawa, il a acheté une voiture hybride et il vient de changer son chauffage au mazout pour l’électricité.

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