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mercredi le 9 octobre
HomeMémoires de RosemontOn va aux vues à l’Alhambra et au Rosemont

On va aux vues à l’Alhambra et au Rosemont

Au début du 20e siècle, la rue Masson avait son cinéma, l’Opérascope, et dans les années 50 et 60, les cinéphiles du quartier se donnaient rendez-vous au Théâtre Rosemont. C’était la belle époque des cinémas de quartier! RueMasson a rencontré Jacques Comte, un ancien projectionniste au Théâtre Rosemont, à l’angle de Masson et de St-Michel.

En 1951, la brillante marquise du Théâtre Rosemont attirait les foules. Photo : Société d’histoire Rosemont Petite-Patrie

Le premier cinéma de la rue Masson était le Théâtre l’Alhambra. Ouvert en 1918 sous le nom d’Opérascope, ce cinéma était la propriété de M. Aldéric Lavergne qui lui donna le nom de Théâtre Alhambra, en 1924. L’établissement a fermé ses portes en 1928. Il est d’ailleurs toujours possible d’admirer son plafond d’origine, joliment ouvragé, au 3022 de la rue Masson, dans l’actuelle boutique L’heureux Bouddha.

Les belles heures du Théâtre Rosemont
Un peu plus à l’est, juste en face de la Pharmacie Jean Coutu (à l’angle de la rue Masson et du boulevard Saint-Michel), on aperçoit un bâtiment de brique dont la façade se termine en hauteur dans le style art déco. Eh oui, c’était là, où se dresse l’actuel Géant du Dollar, que le Théâtre Rosemont avait fière allure grâce à sa jolie marquise toute illuminée!

À l’instar des autres cinémas de l’époque, la décoration intérieure était colorée dans un style rococo plein de dorures.

Dans les années 50 et 60, ce cinéma faisait partie de la chaîne United Theaters qui appartenait au propriétaire de deux autres cinémas de la rue Saint-Denis (le Rivoli et le Château). Il faut imaginer les résidents du quartier se rendre, tout heureux, au théâtre Rosemont pour aller voir des films uniquement présentés en anglais et ce, jusqu’en 1956, année où les premiers films traduits en français sont apparus. Au programme, des comédies musicales, des westerns, des films à l’eau de rose. Le cinéma américain dans toute sa splendeur pour aussi peu que 2,25 $, en matinée et 2,75 $, en soirée. Les cinéphiles avaient tout de même droit à un programme double, sauf si le film était présenté en première montréalaise. Et puis, aller au cinéma, c’était sérieux : il fallait avoir 21 ans bien sonnés!

Toute une équipe au service des clients
Une quinzaine de personnes travaillaient régulièrement au Théâtre Rosemont : l’ouvreuse, les placiers et leur chef en uniforme (portant aussi gants blancs et chaussures cirées), les préposés au casse-croûte (le fameux candy bar), le vendeur de boissons gazeuses et de friandises en salle, le préposé à l’entretien et, bien sûr, le projectionniste actionnant son projecteur vertical Super Simplex Century, un appareil de haute qualité!

Un projectionniste de carrière
Au début des années 50, Jacques Comte a fait ses premières armes en tant que projectionniste au Théâtre Rosemont. Fils du projectionniste du défunt Théâtre Van Horne (alors à l’angle de Côte-des-Neiges et de Queen Mary), M. Comte a suivi les traces de son père en embrassant à son tour ce métier qu’il a exercé pendant de nombreuses années au Cinéma Versailles (situé à proximité de la Place Versailles, disparu depuis quelques années).

Les théâtres de quartier ont malheureusement tous disparu, sauf le Cinéma Beaubien… ce témoin d’une autre époque continue d’attirer les foules et c’est tant mieux!

Le saviez-vous?
Le pionnier du septième art au Québec c’est Léo-Ernest Ouimet. Il a ouvert le Ouimetoscope le 1er janvier 1906 année. Ce premier cinéma permanent de Montréal était situé face à l’actuelle station de métro Beaudry, rue Saint-Catherine.

Des photos du Théâtre Rosemont
Le Théâtre Rosemont
Placier au Théâtre Rosemont
Un projecteur Super Simplex Century
Le projectionniste Jean Comte aujourd’hui
Le Théâtre Rosemont aujourd’hui

Latest comments

  • Il fallait avoir 21 ans pour les films en soirée mais il y avait les matinées à .50 cents pour les enfants. Jason et la toison d’or, Le 7e voyages de Sinbad, Jason et les Argonautes … wow … l’ambiance d’une salle pleine d’enfants (sans parents) C’était dans les années soixante, nos parents nous mettaient dehors et on ne revenaient que pour les repas. La liberté.

  • Merci pour les beaux souvenirs, une vraie histoire a la Cinéma Paradiso, c’est vraiment dommage de détruire des installations culturelles pour des magasins a un dollard 🙁

  • Sylvie-Claire,

    Merci pour le texte, c’est le genre d’info que j’apprécie et qui me fait voir mon quartier autrement.

    Eric

  • Entre le cinéma et le dollarama, il y a eu plusieurs commerces qui se sont succédés dans cet immeuble.
    Pour la majeure partie des années 80 et 90, le rez-de-chaussée accueillait la pharmacie Jean-Coutu qui a maintenant déménagé de l’autre côté de la rue.
    Les étages supérieurs accueillaient une clinique et un dentiste, qui ont maintenant déménagé plus à l’est en haut du Pharmaprix.

    L’immeuble qui est présentement Jean-Coutu/Poivre Et Sel était autrefois un immense Vidéotron où j’allais passer mes soirées à essayer le nouveau Super Nintendo !

  • En complément d’information, pour ceux et celles que ça intérsse: un résidant qui a passé toute sa vie dans le quartier (il a maintenant 78 ans) m’a racontée qu’entre la période du cinéma l’Alhambra et l’Heureux Bouddha, cet espace commercial a abrité longtemps une boutique de vêtements pour dames de taille forte. En effet, son épouse y a travallé comme vendeuse durant des années sans se douter qu’un cinéma y avait eu pignon sur rue auparavant! Logique : le faux plafond dissimulait celui qu’on peut maintenant admirer. Cette boutique appartenait aux frères Shiller…

  • @Sylvie-Claire:
    L’immeuble appartiendrait toujours à la famille Shiller; celle-ci a d’ailleurs contribué avec la Ville à la récente rénovation du nouveau commerce selon les propos tenus par le commerçant dans un reportage antérieur paru en mai ou juin dernier (voir le lien ci-dessous);

    http://ruemasson.com/?p=2904

  • @ Samuel :

    Dans mes souvenirs c’était plutôt la chaîne d’alimentation Steinberg.

  • Pour tous les nostagiques du cinéma de quartier (Jean dit entre autres), encourageons le Cinéma Beaubien afin qu’il ne se transforme pas en Dollarama! En plus, les films québécois sont excellents ces temps-ci. Raison de plus pour y aller!

  • J’ai lu l’article sur le Théatre Rosemont sur Masson près de St-Michel. Que de beau souvenir. Il n’y avait pas que des films, il y avait aussi des spectacles d’artiste québécois. Mon plus beau souvenir, ma tante m’avait ammené voir Pierre Lalonde, j’en ai rêvé des nuit avant de voir le spectacle et après. Lorsque le Théatre a fermé, il est resté à l’abondon quelque temps puis un magasin de liquidation c’est installé (Balmoral). À cette époque l’endroit était désolant, une odeur de moissisure rêgnait. Puis la pharmacie Cadieux pour devenir Jean-Coutu. Un lieu historique de Rosemont qui a perdu la bataille. Dommage

  • C’ est drôle! J’ habite depuis l’ âge de 6 ans dans le quartier( j’ en ai 37), et je n’ ai jamais su qu’ il y avait eu un cinéma à cet endroit. Article intéressant.

  • Ah oui j’étais au Cinéma chaque Samedi pour voir les films de beau souvenirs d,enfance

  • Cette salle s’est aussi nommée le cinéma Montcalm.

  • En effet, vous avez raison, le cinéma est ainsi nommé à la page 50 du journal La Patrie que vous avez mis en lien sur notre page Facebook. Merci http://collections.banq.qc.ca/erezFullScreen?erezLang=french&fsiFile=http://collections.banq.qc.ca/fsi/103446.fsi

  • Je ne sais pas pour vous, mais chez moi le lien avec la vue redimensionnée a du mal à se charger, alors je redonne le lien vers « La Patrie » du 7 janvier 1968 : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/1481887

  • C’est vrai, ça ne fonctionne pas. Merci pour votre lien.

  • Pour le moment le mien me laisse stagner…

  • Merci pour ces beaux souvenirs.Je suis heureuse de savoir que monsieur Comte était la personne qui faisait fonctionner la machine à vue iiiiii comme les enciens disaient autrefois.Je me souvien qu’un artiste du nom de l’oncle Albert un temps produisait des spectacles genre folies bergères,qui n’a pas durer tyrès longtemps .Ma marraine a amassé de la vaisselle chaques fois qu’elle allait au cinéma .L’importance dans la vie d’avoir une appartenance à une famille ,une paroisse,une école à un mileu de vie qui nous offre la sécurité.Merci à ma cousine qui sur facebook nous a fait voir cette bâtisse de chez nous.

  • Quelqu’un peut me dire exactement l’année de la fermeture? je vivais dans Rosemont vers 1969, et je ne me souviens pas de ce cinéma et pourtant nous allions régulièrement, en face, chez Steinberg. Merci pour l’information.

  • la societe d’histoire de rosemont pourrait vous eclairer sur ce sujet

  • Le théâtre Rosemont a existé de 1927 à 1971. La Société d’histoire Rosemont Petite-Patrie n’a pas la date exacte de sa fermeture , mais c’est en 1971. C’est Mme Alix Évrard qui m’a fourni cette réponse.
    Sylvie Claire Fortin

  • Ce cinéma, a fait partie de moments important de ma jeunesse. L’on y avait de projections de 3 films pour une entrée! Le bonheur! Un film de cowboys, un autre de la guerre et un autre de films d’amours.
    Il ne faut pas oublier les nouvelles sur films. Wow! C’était une journée d’activités importante surtout s’il pleuvait.

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