Le Fabuleux Destin d’Amélie Côté

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Le 6 avril 2010 à 18h58 minutes et 23 secondes, un chien de race teckel à poils mi-longs capable de donner 72 coups de langue à la minute jappe après un écureuil au parc le Pélican. Au même instant, au bar 2656 rue Masson, Alfred Duguay habitant le 3e étage du 5832 de la 8e Avenue termine sa 4e pinte de chanvre blonde, sans en renverser la moindre goutte. À la même seconde, dans l’édifice du Bingo Masson, Paulette Giguère habitant la 12e Avenue et ayant de fâcheux problèmes de presbytie étampe le B12 à la place du B10, l’empêchant ainsi de mettre la main sur la cagnotte s’élevant à 1000$, sans que personne ne s’en aperçoive.

Toujours à la même seconde, une jeune femme blonde sourire aux lèvres surnommée la fille aux chaussures de Freiburg pénètre à l’endroit où l’histoire commencera : c’est la fabuleuse Amélie Côté.

Amélie sur son vélo des années 80 aux deux bruits inexpliqués attend impatiemment l'ouverture de son kiosque préféré.

De passage dans son ancien quartier pour saluer famille et amis, la petite Freiburgerin qu’est devenue Amélie a accepté l’invitation de RueMasson autour de quelques pintes de blonde à Baptiste, au Baptiste sur Masson. Amélie a quitté son coin de quartier Orléans-Masson il y a un an et demi déjà pour Freiburg, ville de 260 000 habitants au sud-ouest de l’Allemagne.

Amélie aime : la politique, l’environnement, les musées d’art, courir dans la Forêt-Noire, les gros bretzels, les deux bruits inexpliqués de son vélo et du n’importe quoi – parce que l’on aime ça.

Amélie n’aime pas : la corruption, la tolérance de l’intolérable et dire des « si j’aurais ».

À 22 ans, Amélie habite Littenweiler, le quartier étudiant de Freiburg. Outre ses études à l’université de Freiburg en politique et économie, Amélie enseigne le français au secondaire, fait de l’aide aux devoirs et organise des activités parascolaires. Le tout en allemand, évidemment.

C’est dans la ville de Freiburg, situé à exactement 6208 kilomètres de Montréal, que se trouve le quartier de Vauban, l’un des premiers écoquartiers de la planète. Inauguré en 1996, l’écoquartier de Vauban demeure un modèle mondial en matière de transport et de développement durable. Amélie adore ce quartier et espère voir ce genre de projet ici, à Montréal : «  Il faudrait vraiment des projets semblables à Montréal. Le Canada fait vraiment piètre figure en matière de politiques environnementales, c’est désolant. » poursuit Amélie qui admet aussi qu’il y a un gros travail de conscientisation environnementale à faire autant au sein de nos élus qu’au sein de la population.

Amélie aime les gros bretzels, parce qu'ils sont bons.

À seulement vingt minutes de vélo, Amélie se rend fréquemment dans cet écoquartier pour le Volksküche, la cuisine du peuple. « Je participe à un projet de cuisine populaire dans le quartier de Vauban. Cette cuisine est biologique, végétarienne et accessible à tous. Le concept est de prendre et cuisiner les restes d’épiceries et de boulangeries à la fin de la journée et ce, tout à fait gratuitement. Les extrémistes de cette cuisine vont jusqu’à fouiller dans les poubelles pour trouver leur nourriture !  Normalement c’est de concert avec les commerçants. Au lieu de jeter leurs restes, ils nous les donnent. C’est une forme de recyclage… »

L’ex de Katimavik maintenant militante active d’Oxfam-Québec croit qu’il faut importer au Québec ainsi qu’au Canada, quelques éléments fonctionnant très bien à Vauban comme le sens de la communauté, la cuisine du peuple, la conscience écologique, les bocks d’un litre et les bretzels géants.

Son périple en sol québécois tirant déjà à sa fin, Amélie n’aura pas vu le temps passer : « Le temps de dire bonjour et au revoir à tout le monde, de faire un plein de sirop d’érable et je repars déjà vers Allemagne. » Mais la fille aux chaussures de Freiburg est tout de même heureuse de rentrer chez elle : « La forêt noire, le Dreisam* et mon vieux vélo me manquent déjà trop ! » conclue-elle pinte en main sourire en coin à trois heures du matin.

Nous sommes le 7 avril 2010, il est 3h38 minutes et 54 secondes du matin. Une fine pluie s’abat sur Masson. L’enseigne illuminée du Baptiste réfléchie sous les pas d’Amélie qui la mènent tranquillement chez elle, coin Orléans-Masson. Amélie, légère et toujours aussi resplendissante, rêvasse au jour pas si lointain où elle retrouvera son Dreisam, ses montagnes, son vélo des années 80 aux éternels deux bruits inexpliqués mais qui roule toujours et à l’allemand, langue qui reste toujours une douce mélodie à ses oreilles. Elle est heureuse, elle ne peut rien demander de plus.

*Le Dreisam est la rivière sillonnant Freiburg.


5 commentaires à Le Fabuleux Destin d’Amélie Côté

  1. Yann, un français à Freiburg

    Améliiiie !!! Quelle surprise de tomber par hasard sur un si bel article sur toi après une recherche « Volksküche Vauban » dans Google ! (Bravo au site pour son référencement !) J’en profite pour continuer un peu l’histoire alors…

    A son retour, Amélie a débarqué avec dans ses bagages trop remplis, tout plein de sirop et de beurre d’érable de fabrication artisanale pour ses amis. Elle s’est remise sur son vieux vélo, et sillonne à nouveau la forêt pour se rendre à l’université et à l’école où elle enseigne. Après une journée bien chargée, elle nous rejoint dans un bar pour boire une bière, jouer aux cartes, et refaire le monde. Le sujet tourne sur le Québec et Amélie se fait taquiner par les français présents : « Non, il n’y a pas que Céline Dion et les caribous au Québec ! » s’écrie t-elle en riant. Nous en sommes tous convaincus, mais shut, ça ne doit pas se savoir !
    Le Québec peut être très fier de son ambassadrice. :)

  2. Amélie Côté

    Sacré Yann…
    Même sur le nouveau continent où ne réussit pas à rester anonyme…;) aaah l’ère du web!
    l’article et les autres sur le site m’a bien amusé! jolie boulot Rue Masson! Je rédécouvre mon ancien chez moi…

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