La Marie-Laure des jeunes!

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Photo: Guillaume Landais

Impliquée avec les jeunes depuis plus de 10 ans, Marie-Laure Landais, résidente du coin, a gagné deux prix de la Jeune chambre de commerce haïtienne. Celui de la jeune leader socialement engagée ainsi que le Coup de coeur du public. Rencontre avec une mère de famille inspirante et occupée qui est, dans sa vie professionnelle, chargée de projet au Forum jeunesse de l’île de Montréal.

Pourquoi avez-vous reçu ces deux prix ? Dans la catégorie jeune leader socialement engagée, c’est pour mon implication générale depuis 10 ans dans des organismes jeunesse et mon implication présente dans un organisme qui vient en aide aux mères monoparentales.

J’ai aussi été finaliste dans la catégorie jeune leader politiquement engagée pour mon travail en participation électorale au Forum jeunesse de l’île de Montréal.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre travail ? J’ai fait de la sensibilisation à l’agriculture biologique auprès d’enfants de 4 à 12 ans. Avec les adolescents, j‘ai commencé comme intervenante dans une maison de jeunes qui recevait en majorité des garçons et très peu de filles. Ma présence permettait de rejoindre plus de filles et de répondre à leur besoin.

En parallèle, je me suis impliquée dans divers organismes dont Mère avec Pouvoir, le comité Immigration de la Conférence régionale des élus de Montréal, le conseil d’administration Carrefour jeunesse-emploi Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville, le Forum jeunesse de l’Île de Montréal.

Pensez-vous que l’on ne fait pas assez attention aux jeunes ? Non. Il y a une grande majorité de jeunes qui vont bien et qui réussissent. On peut être surpris parfois de leurs réactions dans diverses circonstances. Une minute c’est le désespoir total et la minute suivante c’est le bonheur total. Ils sont parfois difficiles à suivre et on n’a pas toujours les réponses. Je préfère les écouter jusqu’au bout sans rationaliser. Souvent ça permet de calmer, pour eux, une partie de l’impression qu’ils ne sont pas à la hauteur et d’exprimer le fond de leur pensée. C’est surprenant, ils ne disent pas toujours ce que l’on pensait qu’ils allaient dire. Ce qui fonctionne pour moi c’est d’être honnête avec eux et de ne pas leur faire croire n’importe quoi, de les considérer comme des personnes entières et complètes, et de m’adresser à ce qu’il y a de beau en eux.

Qu’est-ce que vous aimez le plus de ton travail ? J’aime la diversité des actions que je mène au quotidien. Ça peut passer d’organiser une activité, à faire de la recherche sur des lois et documenter des propositions politiques, en passant par animer des formations sur notre système démocratique à des jeunes qui ne veulent rien savoir de la politique.

Pourquoi travailler avec les jeunes ? Parce que pour moi c’est là que ça commence. Un jeune qui est écouté écoute à son tour. Je travaille avec les jeunes parce que ce n’est pas monotone.

Les adolescents peuvent être durs avec les adultes quand ils veulent une preuve d’amour. C’est paradoxal, mais pour les jeunes qui ont l’impression d’être abandonné de tous et d’être un problème à gérer, il faut s’attacher solide pour rester jusqu’à la fin.

J’ai aussi mon expérience d’adolescente « difficile » pour m’accompagner.

Née au Québec ou en Haïti ? Je suis née à Montréal. Mais j’ai encore de la famille en Haïti.

Combien d’enfants ? Trois : Guillaume, 20 ans, Gabrielle-Jade, 18 ans et Angélia, 14 ans.

Depuis quand habitez-vous dans le quartier ? Ça fait 14 ans que je suis dans le quartier. Je me suis promenée entre le coin de la rue Masson et le coin de la rue Beaubien.

Qu’est-ce que vous préférez dans le quartier ? J’aime la vie de quartier (surtout les petits cafés pour écrire), la facilité à trouver des produits spécialisés. Par exemple, des trucs de végétariens! C’est central et accessible. Il y a beaucoup de famille et c’est certain qu’en élevant des enfants j’avais le goût qu’ils grandissent dans un quartier où ils pourraient se faire plein d’amis, avoir de grands espaces pour jouer.

Le vieux Rosemont est traditionnellement un quartier « blanc ». Pensez-vous que cela change ? Je pense que oui. Quand je suis arrivée dans le quartier, il y avait quelques familles immigrantes, que je connaissais à cause des amis de mes enfants. Un indice que ça change, les petites épiceries arabe et polonaise sur la Rue Masson, qui vendent des trucs très savoureux.

Est-ce que ces prix changent quelque chose pour vous ? Fondamentalement non. J’ai l’intention de continuer de faire ce qui me passionne. J’espère aussi que ça va me permettre de rencontrer plus de jeunes. Je suis en train de terminer l’écriture d’un roman pour adolescents et il y a des trucs que j’aimerais valider avec eux. En fait, le court moment de visibilité me donne surtout une occasion de parler des choses en lesquelles je crois.

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