Es-tu « Fix Gear » ?

Par -

Suivez les coups de pédales d’un Coursier à Vélo du quartier au centre-ville de Montréal. Beau temps mauvais temps, le Coursier arpente les rues de la métropole sur son vélo Rocky Mountain RC50

Fix gear viril pas de frein.

Les vrais de vrais, les purs et durs roulent fix gear. Pas besoin de vitesse ni de frein, c’est pour les faibles ces bébelles-là. Le fix gear signifie que la roue arrière peut tourner dans les deux sens lorsque les pédales tournent, évidemment. En gros, si tu pédales par en avant, tu vas par en avant. Si tu pédales par en arrière, tu vas par en arrière. Rappelez-vous en, c’est une question d’examen… En plus, si le vélo est fix gear, plus besoin de frein. Tu freines en mettant une partie de ton poids sur ta jambe arrière, donc sur la pédale arrière, ce qui ralenti ou barre la roue arrière, tout dépendamment de la pression exercée par la dite jambe.

Les coursiers fix gear doivent contrôler exactement leur environnement autour de leur vélo, puisque leur temps de réaction est moindre que ceux (les faibles là, comme moi) équipés de freins standards. L’avantage du fix gear est que le vélo nécessite beaucoup moins d’entretien et de réparations, vu sa grande simplicité. Alors si tu es une bête, un véritable maniaque du vélo-casse-cou, et bien tu t’achètes un vélo de piste et tu vas t’amuser en roulant sens inverse dans voie du centre sur René Lévesque en faisant prudemment des fingers aux automobilistes, le tout en fredonnant Wind of Change de Scorpions.

 

Le Siffleux mouru d'Atwater.

Le Siffleux d’Atwater.

Je quitte rue Ste-Ambroise, direction place Alexis Nihon. J’arrive à Atwater à la hauteur de Notre-Dame. Je vois la côte devant moi. Je monte, monte et monte encore, passe René-Lévesque, arrive tout près de Ste-Catherine et freine côte-à-côte avec un camion à vidanges. À ma gauche, il y une marmotte – un siffleux de pogner derrière l’échelle du camion. J’aurai pu la lécher avoir voulu. La rapporter chez moi, la faire frire et la déguster avec des petits légumes sautés. J’y ai pensé mais je ne l’ai pas fait, ça ne rentrait pas dans mon sac s’t’affaire-là, viarge. Sûrement que les gars du truck ont trappé l’animal et ont mis le cadavre à cet endroit pour leur fierté. C’est de la chasse urbaine quoi.

 

La Sagesse.

C’est coin René Lévesque et St-Laurent que la Sagesse m’a frappé comme un 2 par 4 en arrière de la tête, faisant du même coup ressortir mes yeux de leurs axes orbitales. C’est entre toutes ses lignées d’automobiles défilant à une vitesse folle qu’un vieil homme, un vieux Sage chinois, armé d’une canne de bois et d’un chapeau de poil, a traversé la rue entre toutes ces bagnoles, lentement, très lentement, juste assez lentement pour qu’il puisse voir le monde tourné. Devant moi, la Sagesse s’est définie en image.

Elle devait avoir au moins 93 ans.

La semaine prochaine : Le service Direct!

2 commentaires à Es-tu « Fix Gear » ?

  1. J’aime bien cette chronique du coursier.
    J’aime lire ce qui est écrit de façon plutôt amateur, comme si c’était un bûcheron qui s’exprimait.
    Belle scène que celle du vieux monsieur Miyagi ainsi que celle de la marmotte aux belles dents. Je l’aurais bien préparée pour la bouffer cette coquine…

    En passant, on écrit Fixed Gear, pour le prononcer Fix’t gear. Je trouve pas mal cacaille de rouler en ville avec un tel vélo. Au départ, c’est un vélo de piste. J’en ai déjà vu un foncer dans un piéton à une intersection parce qu’il arrivait pas à freiner…Y faut c’qui faut pour être un marginal « trendy » ha! ha!
    Jack

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>